L’agence indique que les sites concernés comprennent un complexe scolaire, un centre de santé et un bureau chargé des services communautaires. Elle les considère comme des installations de l’UNRWA, bénéficiant selon elle des protections attachées aux locaux des Nations unies. Dans sa version des faits, des agents liés à la municipalité sont entrés dans ces bâtiments avec l’appui des forces de sécurité israéliennes, sans l’accord de l’agence.
Pour l’UNRWA, il ne s’agit donc pas d’un simple conflit entre propriétaire et locataire, mais d’une intervention dans des locaux qu’elle estime protégés par les privilèges et immunités des Nations unies.
L’enjeu est également opérationnel. Shuafat a longtemps constitué l’un des principaux pôles d’activité de l’UNRWA à Jérusalem-Est. Le profil du camp établi par l’agence recense trois écoles et un centre de santé parmi ses principales installations. Ces trois écoles — deux pour les filles et une pour les garçons — accueillent environ 1 500 élèves.
La municipalité de Jérusalem conteste que les bâtiments appartiennent à l’UNRWA. Selon la position rapportée, les sites seraient des propriétés privées et l’agence les aurait occupés sans autorisation valable ni arrangements appropriés, notamment en matière de loyer. La municipalité présente ainsi son intervention comme une action concernant l’utilisation irrégulière de biens privés, et non comme la confiscation de locaux de l’ONU.
Le point essentiel reste toutefois documentaire : les sources consultées ne permettent pas d’établir de manière indépendante les titres de propriété précis, les clauses des éventuels baux, le montant d’un éventuel impayé ou le fondement légal exact de l’entrée dans les bâtiments. Ces éléments doivent donc être présentés comme des affirmations contestées, et non comme des faits définitivement établis.
Le désaccord porte aussi sur l’avenir des services fournis aux habitants. Pour l’UNRWA, la fermeture ou la prise de contrôle de ses installations menace un dispositif déjà en place : écoles, soins primaires et accompagnement communautaire. La politique israélienne prévoit au contraire de remplacer le rôle de l’agence par des services assurés par des organismes publics israéliens et d’autres institutions.
Mais annoncer un remplacement ne suffit pas à résoudre le problème pratique. Pour être véritablement équivalent, un service doit être disponible, accessible et continu pour les personnes qui dépendaient des écoles, du centre de santé et du bureau communautaire de Shuafat.
Le Parlement israélien, la Knesset, a adopté en octobre 2024 une législation visant à mettre fin aux activités de l’UNRWA dans les territoires qu’Israël considère comme relevant de sa souveraineté, notamment Jérusalem-Est, et à interrompre les contacts officiels avec l’agence. Un amendement adopté le 29 décembre 2025 a précisé et élargi ces restrictions, notamment celles qui concernent les activités de l’UNRWA et ses relations avec les autorités israéliennes.
Le dispositif ne se limite donc plus à interdire les opérations officielles. Une analyse juridique de la version amendée décrit des mesures susceptibles d’affecter les privilèges et immunités de l’agence, ainsi que la fourniture de services essentiels comme l’eau et l’électricité. Selon des informations rapportant le point de vue de l’UNRWA, l’eau et l’électricité ont été coupées les 27 et 28 janvier 2026 dans des installations liées à l’agence à Shuafat, notamment des écoles, un centre de santé et d’autres points de service.
L’escalade la plus visible s’est produite dans l’ancien siège de l’UNRWA à Sheikh Jarrah. Les autorités israéliennes ont pris le contrôle du complexe, puis des structures ont été démolies le 20 janvier 2026. Des responsables de l’ONU et plusieurs gouvernements étrangers ont condamné cette opération, tandis qu’Israël a soutenu que ses restrictions visant l’UNRWA justifiaient son intervention.
En mai 2026, le gouvernement israélien a approuvé un projet de complexe de défense sur le site de l’ancien siège. Le projet annoncé doit comprendre un musée militaire, un centre de recrutement et un bureau du ministère de la Défense.
Pris ensemble, les événements de Shuafat, les restrictions sur les réseaux, les ordres de fermeture, la prise de contrôle de sites de l’UNRWA et le projet de réaménagement de Sheikh Jarrah illustrent le passage d’une interdiction juridique à une transformation concrète des lieux où l’agence travaillait.
La question de la propriété ne doit pas faire oublier les effets sur la vie quotidienne. La fermeture d’écoles de l’UNRWA à Jérusalem-Est a perturbé la scolarité d’enfants réfugiés palestiniens. En avril 2025, l’agence avait déclaré que des responsables de la municipalité de Jérusalem, accompagnés de forces de sécurité israéliennes, étaient entrés dans six de ses écoles de Jérusalem-Est et avaient délivré des ordres de fermeture prenant effet 30 jours plus tard.
À Shuafat, les trois écoles de l’UNRWA accueillent environ 1 500 élèves selon le profil du camp de l’agence, même si le nombre d’enfants effectivement touchés dépend du calendrier et de la portée de chaque fermeture.
L’accès aux soins a également été affecté. Le secrétaire général de l’ONU a condamné l’entrée, le 12 janvier 2026, dans le centre de santé de l’UNRWA à Jérusalem et son ordre de fermeture temporaire. Selon cette déclaration, le centre recevait chaque jour des centaines de patients réfugiés palestiniens et constituait, pour la plupart d’entre eux, leur seul accès aux soins de santé primaires.
Ces perturbations interviennent dans un contexte plus large de restrictions d’accès en Cisjordanie. Les Nations unies ont indiqué que l’aide humanitaire y était retardée et limitée par un réseau de plus de 900 obstacles physiques, comprenant notamment des points de contrôle, des portails et des barrages routiers. D’après des données du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) rapportées par Al Jazeera, 3 033 attaques de colons ont été recensées entre le 1er janvier 2025 et le 30 juin 2026.
L’effet est cumulatif : des enfants perdent un accès stable à l’école, des patients ne retrouvent plus leurs soins de proximité et les organisations humanitaires doivent intervenir dans un environnement où les déplacements sont de plus en plus contraints. Le dossier de Shuafat ne concerne donc pas uniquement le contrôle de quelques bâtiments. Il détermine aussi si des services essentiels continueront d’être disponibles, dans quelles conditions et quelle autorité assumera la responsabilité de les remplacer.
L’agence indique que les sites concernés comprennent un complexe scolaire, un centre de santé et un bureau chargé des services communautaires. Elle les considère comme des installations de l’UNRWA, bénéficiant selon elle des protections attachées aux locaux des Nations unies. Dans sa version des faits, des agents liés à la municipalité sont entrés dans ces bâtiments avec l’appui des forces de sécurité israéliennes, sans l’accord de l’agence.
Pour l’UNRWA, il ne s’agit donc pas d’un simple conflit entre propriétaire et locataire, mais d’une intervention dans des locaux qu’elle estime protégés par les privilèges et immunités des Nations unies.
L’enjeu est également opérationnel. Shuafat a longtemps constitué l’un des principaux pôles d’activité de l’UNRWA à Jérusalem-Est. Le profil du camp établi par l’agence recense trois écoles et un centre de santé parmi ses principales installations. Ces trois écoles — deux pour les filles et une pour les garçons — accueillent environ 1 500 élèves.
La municipalité de Jérusalem conteste que les bâtiments appartiennent à l’UNRWA. Selon la position rapportée, les sites seraient des propriétés privées et l’agence les aurait occupés sans autorisation valable ni arrangements appropriés, notamment en matière de loyer. La municipalité présente ainsi son intervention comme une action concernant l’utilisation irrégulière de biens privés, et non comme la confiscation de locaux de l’ONU.
Le point essentiel reste toutefois documentaire : les sources consultées ne permettent pas d’établir de manière indépendante les titres de propriété précis, les clauses des éventuels baux, le montant d’un éventuel impayé ou le fondement légal exact de l’entrée dans les bâtiments. Ces éléments doivent donc être présentés comme des affirmations contestées, et non comme des faits définitivement établis.
Le désaccord porte aussi sur l’avenir des services fournis aux habitants. Pour l’UNRWA, la fermeture ou la prise de contrôle de ses installations menace un dispositif déjà en place : écoles, soins primaires et accompagnement communautaire. La politique israélienne prévoit au contraire de remplacer le rôle de l’agence par des services assurés par des organismes publics israéliens et d’autres institutions.
Mais annoncer un remplacement ne suffit pas à résoudre le problème pratique. Pour être véritablement équivalent, un service doit être disponible, accessible et continu pour les personnes qui dépendaient des écoles, du centre de santé et du bureau communautaire de Shuafat.
Le Parlement israélien, la Knesset, a adopté en octobre 2024 une législation visant à mettre fin aux activités de l’UNRWA dans les territoires qu’Israël considère comme relevant de sa souveraineté, notamment Jérusalem-Est, et à interrompre les contacts officiels avec l’agence. Un amendement adopté le 29 décembre 2025 a précisé et élargi ces restrictions, notamment celles qui concernent les activités de l’UNRWA et ses relations avec les autorités israéliennes.
Le dispositif ne se limite donc plus à interdire les opérations officielles. Une analyse juridique de la version amendée décrit des mesures susceptibles d’affecter les privilèges et immunités de l’agence, ainsi que la fourniture de services essentiels comme l’eau et l’électricité. Selon des informations rapportant le point de vue de l’UNRWA, l’eau et l’électricité ont été coupées les 27 et 28 janvier 2026 dans des installations liées à l’agence à Shuafat, notamment des écoles, un centre de santé et d’autres points de service.
L’escalade la plus visible s’est produite dans l’ancien siège de l’UNRWA à Sheikh Jarrah. Les autorités israéliennes ont pris le contrôle du complexe, puis des structures ont été démolies le 20 janvier 2026. Des responsables de l’ONU et plusieurs gouvernements étrangers ont condamné cette opération, tandis qu’Israël a soutenu que ses restrictions visant l’UNRWA justifiaient son intervention.
En mai 2026, le gouvernement israélien a approuvé un projet de complexe de défense sur le site de l’ancien siège. Le projet annoncé doit comprendre un musée militaire, un centre de recrutement et un bureau du ministère de la Défense.
Pris ensemble, les événements de Shuafat, les restrictions sur les réseaux, les ordres de fermeture, la prise de contrôle de sites de l’UNRWA et le projet de réaménagement de Sheikh Jarrah illustrent le passage d’une interdiction juridique à une transformation concrète des lieux où l’agence travaillait.
La question de la propriété ne doit pas faire oublier les effets sur la vie quotidienne. La fermeture d’écoles de l’UNRWA à Jérusalem-Est a perturbé la scolarité d’enfants réfugiés palestiniens. En avril 2025, l’agence avait déclaré que des responsables de la municipalité de Jérusalem, accompagnés de forces de sécurité israéliennes, étaient entrés dans six de ses écoles de Jérusalem-Est et avaient délivré des ordres de fermeture prenant effet 30 jours plus tard.
À Shuafat, les trois écoles de l’UNRWA accueillent environ 1 500 élèves selon le profil du camp de l’agence, même si le nombre d’enfants effectivement touchés dépend du calendrier et de la portée de chaque fermeture.
L’accès aux soins a également été affecté. Le secrétaire général de l’ONU a condamné l’entrée, le 12 janvier 2026, dans le centre de santé de l’UNRWA à Jérusalem et son ordre de fermeture temporaire. Selon cette déclaration, le centre recevait chaque jour des centaines de patients réfugiés palestiniens et constituait, pour la plupart d’entre eux, leur seul accès aux soins de santé primaires.
Ces perturbations interviennent dans un contexte plus large de restrictions d’accès en Cisjordanie. Les Nations unies ont indiqué que l’aide humanitaire y était retardée et limitée par un réseau de plus de 900 obstacles physiques, comprenant notamment des points de contrôle, des portails et des barrages routiers. D’après des données du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) rapportées par Al Jazeera, 3 033 attaques de colons ont été recensées entre le 1er janvier 2025 et le 30 juin 2026.
L’effet est cumulatif : des enfants perdent un accès stable à l’école, des patients ne retrouvent plus leurs soins de proximité et les organisations humanitaires doivent intervenir dans un environnement où les déplacements sont de plus en plus contraints. Le dossier de Shuafat ne concerne donc pas uniquement le contrôle de quelques bâtiments. Il détermine aussi si des services essentiels continueront d’être disponibles, dans quelles conditions et quelle autorité assumera la responsabilité de les remplacer.