Alexandre de Moraes a dirigé ou occupé une place centrale dans les procédures judiciaires liées à la tentative présumée de Jair Bolsonaro et de ses soutiens de contester les résultats de l’élection présidentielle de 2022. Bolsonaro a ensuite été condamné et incarcéré dans cette affaire.
Ses partisans, ainsi que certains responsables américains, estiment que le magistrat a outrepassé ses pouvoirs. Les autorités brésiliennes et les défenseurs de l’enquête soutiennent, eux, que les mesures prises relèvent du fonctionnement de la justice nationale.
Le 30 juillet 2025, l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), l’agence du Trésor américain chargée notamment de l’application des sanctions financières, avait inscrit Moraes sur sa liste au titre du programme Global Magnitsky. Washington l’accusait d’avoir autorisé des détentions provisoires arbitraires et d’avoir limité la liberté d’expression.
Une telle désignation bloque généralement les biens et intérêts financiers relevant de la juridiction américaine et interdit aux personnes et entreprises américaines d’effectuer des transactions avec la personne visée.
Le 22 septembre, l’administration américaine avait étendu les mesures à Viviane Barci de Moraes, l’épouse du juge, ainsi qu’à la société holding familiale Lex Instituto de Estudos Jurídicos, présentées comme son réseau de soutien.
Au Brésil, ces sanctions ont largement été perçues comme une tentative exceptionnelle de faire pression sur un juge de la Cour suprême pour des décisions prises dans le cadre du système judiciaire brésilien. Des critiques ont estimé que l’outil américain de sanctions pour atteintes aux droits humains servait à intervenir dans un conflit judiciaire et politique relevant d’une autre démocratie.
Washington affirmait au contraire répondre à ce qu’il considérait comme un abus de pouvoir judiciaire et une atteinte à la liberté d’expression. Cette divergence a rendu tout compromis diplomatique plus difficile.
L’affaire a aggravé une relation déjà tendue et compliqué les discussions sur les mesures commerciales américaines, notamment les droits de douane de 50 % imposés aux produits brésiliens. Des analystes ont estimé que la marge de dialogue politique et commercial était devenue extrêmement réduite lorsque les restrictions visant Bolsonaro et les sanctions contre Moraes se sont superposées.
Une nouvelle désignation pourrait donc être interprétée comme une escalade, et non comme une simple mesure administrative. Elle pourrait de nouveau entraîner le gel d’avoirs et des restrictions sur certaines transactions.
Brasília devrait vraisemblablement considérer que ses tribunaux et ses procédures pénales relèvent de sa souveraineté. Une réimposition des sanctions pourrait ainsi encourager des mesures diplomatiques ou économiques de rétorsion et approfondir le conflit. Les conséquences possibles incluent une plus grande incertitude pour les investisseurs, des coûts supplémentaires de mise en conformité financière et de nouvelles perturbations des échanges bilatéraux. La réaction exacte du Brésil n’est toutefois pas établie.
Le 12 décembre 2025, l’OFAC a retiré Alexandre de Moraes et le Lex Institute de sa liste de sanctions. Des informations publiées au même moment indiquaient également que les sanctions visant son épouse avaient été levées.
L’avis public de radiation publié par le Trésor américain confirme les retraits, mais ne fournit pas d’explication détaillée. Le motif précis de cette décision ne peut donc pas être établi à partir des éléments officiels disponibles.