La perturbation maritime et la frappe contre la raffinerie de Jazan ont contribué à la hausse des cours la semaine dernière. Le 9 août, le Brent a clôturé en hausse d’environ 5 %, à 87,72 dollars le baril, tandis que le brut américain WTI a progressé d’environ 5,1 %, à 82,13 dollars.
Les prix ont ensuite peu évolué. Les marchés avaient peut-être déjà intégré une grande partie du risque immédiat, ou tablaient encore sur le maintien de certains flux et sur l’utilisation de stocks disponibles. Cette accalmie ne signifie pas que la menace est écartée : une fermeture durable du détroit ou une extension des attaques pourrait provoquer une nouvelle flambée.
Le détroit d’Ormuz est l’un des principaux goulets d’étranglement du commerce mondial de l’énergie. Avant la crise, il voyait passer environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié transportés par mer.
Une interruption prolongée limiterait les exportations des producteurs du Golfe et les livraisons de GNL. Elle ferait aussi grimper les coûts du fret et des assurances, avec des répercussions possibles sur les carburants, l’électricité, les transports, l’alimentation et l’industrie dans de nombreux pays.
Les négociations étant au point mort, l’Iran lierait la reprise de la navigation à des concessions américaines, tandis que Washington affirme pouvoir maintenir le blocus aussi longtemps que nécessaire. Il n’existe donc pas, à court terme, de solution crédible permettant un retour rapide à la normale.
L’enjeu principal est désormais la durée de la perturbation. Une interruption brève peut être absorbée grâce aux stocks et au réacheminement d’une partie des cargaisons. Un blocus prolongé, en revanche, risquerait de devenir un choc plus large pour la croissance et l’inflation, particulièrement pour les économies dépendantes des importations d’énergie.