Le mémorandum d’Islamabad, signé le 17 juin 2026, a ouvert une période de négociations de 60 jours, mais son texte imprécis a laissé de côté les dossiers les plus sensibles. Le 10 août, Mojtaba Khamenei a nommé l’ancien chef des Gardiens de la révolution Mohsen Rezaei à la tête du Conseil suprême de sécurité nationa...
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Le cadre conclu en juin entre les États-Unis et l’Iran n’a pas constitué une transition stable entre la guerre et la paix. Il s’agissait d’un arrangement intérimaire, aux formulations parfois floues, qui renvoyait les désaccords les plus difficiles — programme nucléaire iranien, levée des sanctions et contrôle du détroit d’Ormuz — à une phase ultérieure.
Les éléments disponibles permettent d’avancer une conclusion prudente : l’Iran a utilisé cette période pour consolider son appareil politique et militaire, tout en maintenant une diplomatie parallèle. En revanche, ils ne démontrent pas que toutes les attaques menées dans la région relevaient d’un plan secret unique et centralisé.
Le mémorandum d’Islamabad, signé le 17 juin, annonçait la fin de la guerre et prévoyait 60 jours de négociations supplémentaires. Il envisageait également la réouverture du détroit d’Ormuz et la levée du blocus américain des ports iraniens.
Mais le texte était apparemment imprécis sur plusieurs modalités d’application et laissait les dossiers majeurs à une phase ultérieure. Cette ambiguïté a permis à Washington et à Téhéran de donner des lectures très différentes du même arrangement. Les responsables américains considéraient la trêve et les dispositions sur le transport maritime comme des étapes vers la désescalade. L’Iran continuait de les présenter comme des engagements conditionnels, liés à des concessions plus larges.
Le signe public le plus net de cette réorganisation est apparu en août. Le Guide suprême Mojtaba Khamenei a nommé Mohsen Rezaei secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale et son représentant au sein de cette instance. Ancien commandant des Gardiens de la révolution, Rezaei a remplacé Mohammad Baqer Zolqadr à la tête d’un conseil chargé de coordonner les questions de sécurité et de politique étrangère.
Le lendemain, Khamenei a nommé six hauts commandants au sein des forces armées régulières, des Gardiens de la révolution et des Bassidjis. Le général de division Ali Abdollahi est devenu chef d’état-major des forces armées, tandis qu’Ahmad Vahidi a été confirmé comme commandant en chef des Gardiens de la révolution.
Les forces armées iraniennes ont également reçu pour instruction d’achever l’intégration de l’état-major général avec le quartier général central de Khatam al-Anbiya, principal centre de commandement opérationnel interarmées du pays. L’Institute for the Study of War a décrit cette refonte comme une réponse aux leçons tirées des conflits de 2025 et 2026.
Ces décisions témoignent d’une reconstruction du commandement en temps de guerre. Elles peuvent aussi renforcer l’autorité de Mojtaba Khamenei, mais les affirmations selon lesquelles cette restructuration aurait été menée dans le secret ou selon un plan entièrement coordonné vont au-delà des preuves publiques disponibles.
La nouvelle direction a placé des figures expérimentées des Gardiens de la révolution et des vétérans de guerre à des postes centraux. Des analystes ont décrit cette architecture comme combinant sécurité intérieure, dissuasion militaire, capacités offensives et pression autour d’Ormuz.
Des responsables iraniens et des commentaires liés à l’État ont aussi commencé à évoquer le passage à une « doctrine offensive », avec la capacité d’agir au-delà des frontières iraniennes. Cette rhétorique atteste d’une posture officiellement plus dure, mais ne prouve pas qu’une opération précise ait déjà été planifiée.
L’implication générale reste toutefois nette : Téhéran reconstruisait sa capacité de résistance et ses moyens de pression, plutôt que de démanteler son appareil de guerre en prévision d’un règlement rapide.
La pause a été régulièrement mise à mal par des actions militaires. En juillet, l’Iran a affirmé avoir frappé des infrastructures militaires américaines au Koweït, au Qatar et à Bahreïn, après des attaques américaines contre des cibles iraniennes. Ces frappes ont encore érodé la trêve.
En août, les États-Unis et les Houthis alignés sur l’Iran ont fait état séparément de nouvelles attaques contre des navires, alors que les négociations atteignaient une nouvelle impasse. Les informations disponibles relient ces attaques à la campagne de pression plus large, mais ne montrent pas que Téhéran ait personnellement ordonné chaque incident.
Cette distinction est essentielle. L’Iran a clairement utilisé la pression militaire régionale et maritime comme levier, mais les informations publiques ne permettent pas d’attribuer toute l’activité des groupes alliés à une coordination directe de la part des autorités iraniennes.
Le détroit d’Ormuz est devenu le principal point de désaccord. Washington exigeait que l’Iran s’engage publiquement à mettre fin aux attaques contre les navires, à maintenir toutes les voies de navigation ouvertes et à n’imposer aucun péage de transit. Téhéran refusait d’abandonner le contrôle de cette voie maritime stratégique.
En août, des responsables iraniens ont déclaré que le détroit resterait fermé tant que Washington n’accepterait pas des conditions comprenant notamment le dégel d’avoirs iraniens et la fin des conflits régionaux. Téhéran a également affirmé qu’il ne discuterait pas d’une prolongation de la trêve tant que les États-Unis ne seraient pas revenus à l’accord intérimaire et n’auraient pas établi un calendrier pour respecter leurs engagements.
L’accès maritime est ainsi devenu bien davantage qu’une simple clause de cessez-le-feu. Pour Washington, la réouverture d’Ormuz était une mesure concrète destinée à rétablir la confiance. Pour Téhéran, elle constituait un levier susceptible d’être échangé contre des concessions économiques et politiques.
Washington semblait considérer le mémorandum comme un pont vers un règlement plus large : arrêter les attaques, rouvrir la navigation et profiter de la fenêtre de négociation pour résoudre les différends restants. L’Iran a traité cette même période comme une pause armée, lui permettant de rétablir ses capacités de commandement, de préserver ses options d’escalade et de négocier sans renoncer à son principal levier régional.
Le résultat ressemble donc moins à un processus de paix classique qu’à une politique menée sur deux voies. L’Iran a réorganisé ses institutions militaires et sécuritaires tout en poursuivant les contacts diplomatiques, mais les différends sur Ormuz, les sanctions, les conflits régionaux et le programme nucléaire sont restés entiers.
La conclusion la plus solide n’est donc pas que Téhéran aurait secrètement coordonné chaque événement. C’est plutôt que l’Iran a combiné diplomatie et pression militaire, tout en se préparant à une confrontation susceptible de durer bien plus longtemps que Washington ne l’avait anticipé.
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Le mémorandum d’Islamabad, signé le 17 juin 2026, a ouvert une période de négociations de 60 jours, mais son texte imprécis a laissé de côté les dossiers les plus sensibles.
Le mémorandum d’Islamabad, signé le 17 juin 2026, a ouvert une période de négociations de 60 jours, mais son texte imprécis a laissé de côté les dossiers les plus sensibles. Le 10 août, Mojtaba Khamenei a nommé l’ancien chef des Gardiens de la révolution Mohsen Rezaei à la tête du Conseil suprême de sécurité nationale et a désigné six hauts responsables militaires, dont Ali Abdollahi et A...
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