Aramco, le géant pétrolier public saoudien, est déjà le sponsor-titre d’Aston Martin dans le cadre d’un accord de long terme comprenant notamment des droits de sponsoring, de licence et de visibilité pour ses carburants et lubrifiants .
Depuis plusieurs mois, Riyad négociait un renforcement de son engagement :
D’après Marc Limacher, ces plans ont été gelés « après plusieurs mois de négociations ». La raison avancée est directe : « la guerre en Iran retarde le projet » . À ce stade, rien n’indique toutefois que le partenariat Aramco déjà signé, qui doit courir jusqu’en 2028, soit automatiquement résilié
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Le gel du projet s’inscrit dans une situation budgétaire devenue nettement plus complexe pour l’Arabie saoudite. Le conflit agit principalement par deux canaux : il perturbe les exportations d’hydrocarbures et augmente fortement les dépenses publiques.
La fermeture quasi totale du détroit d’Ormuz — passage stratégique par lequel transite habituellement environ un cinquième des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié — a fortement perturbé les exportations des pays du Golfe . Au cours du premier mois de la guerre, les exportateurs pétroliers de la région auraient perdu près de 2 milliards de dollars de recettes par jour
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L’Arabie saoudite a pu limiter une partie du choc grâce à ses infrastructures et à ses oléoducs donnant accès à la mer Rouge. Cette solution n’a cependant pas suffi à compenser entièrement les difficultés rencontrées par le secteur pétrolier .
L’activité pétrolière saoudienne a ainsi chuté de 24,7 % sur un an au deuxième trimestre 2026, contribuant à une contraction de 4,8 % du produit intérieur brut, la plus forte depuis la période de la pandémie de Covid-19 .
La hausse des cours du pétrole a partiellement amorti le choc en soutenant les recettes publiques. Le déficit budgétaire saoudien s’est établi autour de 9 milliards de dollars au deuxième trimestre, tandis que les revenus pétroliers ont progressé sur un an .
Mais cette amélioration reste limitée par l’augmentation des dépenses liées au conflit. BNP Paribas a abaissé sa prévision de croissance pour 2026 de 4,6 % à 0,8 %, en soulignant le poids des dépenses budgétaires croissantes . Le Fonds monétaire international a également estimé que la guerre pesait sur l’activité non pétrolière et sur la confiance, malgré la résilience de l’économie saoudienne
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Dans ce contexte, une extension de sponsoring dans le sport automobile constitue une dépense importante, mais non prioritaire. Aramco étant contrôlée par l’État saoudien, ses décisions d’investissement s’inscrivent nécessairement dans un environnement où les ressources publiques et stratégiques sont mobilisées par la guerre.
Le gel du projet Aston Martin ne traduit donc pas forcément un désengagement complet de la Formule 1. Il ressemble davantage à un report — potentiellement sans nouvelle échéance — de financements supplémentaires, alors que Riyad doit préserver ses liquidités, sécuriser ses exportations et financer ses priorités militaires .
Pour Aston Martin, l’incertitude porte surtout sur les moyens qui devaient accompagner ses ambitions sportives et commerciales en 2027. Le partenariat existant pourrait se poursuivre, mais l’écurie ne peut plus compter avec la même certitude sur l’augmentation de soutien envisagée ni sur l’arrivée d’un troisième sponsor saoudien.