Le directeur général de ChapsVision, Silvano Sansoni, a été clair : il rejette catégoriquement l'étiquette de « Palantir européen » que les médias utilisent fréquemment . Dans de nombreux entretiens, il a déclaré que si la comparaison peut aider à comprendre le secteur, son entreprise fonctionne avec une philosophie et un ensemble de valeurs fondamentalement différents
. Les différences clés incluent :
La clientèle de ChapsVision est très majoritairement européenne mais de plus en plus mondiale. La répartition est d'environ 65 % en France, 20 % aux États-Unis, le reste provenant d'Europe, du Japon et de Singapour . Environ 45 % de ses revenus proviennent de clients gouvernementaux, le reste étant commercial. Parmi ses clients du secteur privé figurent des noms prestigieux comme Pfizer, Boeing et Exxon Mobil, aux côtés de grands groupes industriels et pharmaceutiques européens
. Cette diversité montre que ChapsVision n'est pas seulement un sous-traitant gouvernemental, mais aussi un fournisseur de logiciels d'entreprise viable qui concurrence sur des critères commerciaux.
Depuis sa création en 2019, ChapsVision a levé environ 275 millions d'euros (soit environ 284 millions de dollars) en plusieurs tours . Parmi les investisseurs clés figurent Jolt Capital, Bpifrance (la banque publique d'investissement française), Tikehau Capital et Qualium Investissement
. Les tours de table notables comprennent un tour de 90 millions d'euros en septembre 2023 et un tour de 90 millions de dollars en novembre 2024 qui a accompagné l'acquisition de Sinequa
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ChapsVision a mené une stratégie agressive d'achat et de construction, réalisant 29 acquisitions depuis sa création en 2019 . La plus importante d'entre elles a été l'acquisition en 2024 de Sinequa, un leader mondial de la recherche d'entreprise basée sur l'IA, basé à New York. Cette acquisition a non seulement renforcé les capacités d'IA de ChapsVision, mais lui a également donné une empreinte directe sur le marché américain
. L'entreprise intègre les technologies acquises dans sa plateforme centrale, ArgonOS, décrite comme un système souverain de traitement de données et d'orchestration d'IA
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L'objectif ultime de ChapsVision est de faire son introduction en Bourse (IPO) d'ici 2030 sur le marché Euronext, avec une cible de 1 milliard d'euros de revenus annuels . Cet objectif ambitieux doit être atteint en partie grâce à des acquisitions continues. L'entreprise déclare poursuivre une « croissance rentable » dans le but d'entrer en Bourse avec HappyCap comme actionnaire de référence
. Les estimations tierces situent le chiffre d'affaires actuel dans une fourchette de 100 à 500 millions de dollars, et l'entreprise est déjà rentable — un exploit rare pour une start-up technologique en croissance rapide
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Au-delà de la France, ChapsVision cible activement l'Allemagne, où l'Office fédéral de protection de la Constitution (le BfV) évaluerait les solutions de ChapsVision . Sansoni a déclaré que le contrat avec la DGSI ouvre déjà des portes auprès d'autres gouvernements européens intéressés par des alternatives technologiques souveraines
. L'ambition affichée de l'entreprise est de devenir un champion européen de l'intelligence de données et de l'IA agentique avec une portée mondiale
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Au cœur du discours de ChapsVision se trouve un engagement en faveur de la souveraineté numérique et de la transparence opérationnelle . L'entreprise définit sa mission comme celle de construire une alternative européenne de confiance aux plateformes technologiques américaines qui pourraient théoriquement révoquer l'accès ou être soumises à des obligations juridiques étrangères, comme le US CLOUD Act. Les principes clés comprennent :
Le remplacement de Palantir par ChapsVision est sans doute le test le plus concret des ambitions de souveraineté numérique de l'Europe. Pendant des années, les gouvernements européens ont parlé de la nécessité de réduire leur dépendance vis-à-vis des technologies américaines et chinoises. Ce contrat montre que ce discours se transforme en politique d'achat contraignante . La réussite ou l'échec de la migration, prévue sur 12 à 18 mois, sera suivie de près par d'autres agences et gouvernements européens envisageant des démarches similaires
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