Le principal moteur des exportations de juillet a été le boom mondial des infrastructures liées à l'intelligence artificielle. Les exportations de semi-conducteurs ont presque doublé en valeur sur un an, et les ventes de produits high-tech ont bondi de 40,7 % sur les sept premiers mois de 2026 . La flambée des prix des puces, davantage que les volumes, a gonflé la valeur en dollars des expéditions, faisant de la construction de centres de données IA le facteur le plus important .
Les exportations automobiles ont constitué le deuxième pilier. Les ventes de véhicules ont bondi de 55 % entre janvier et juillet 2026 par rapport à la même période en 2025, aussi bien pour les véhicules thermiques que pour les voitures électriques, avec des acheteurs dans l'UE, l'ASEAN et les marchés émergents .
Deux facteurs supplémentaires ont amplifié les chiffres. Les fabricants se sont dépêchés d'honorer les commandes avant les hausses de droits de douane américains attendues, ce qui a avancé une demande qui serait normalement arrivée plus tard dans l'année . Et malgré l'appréciation du yuan, la montée en gamme de l'industrie chinoise a maintenu des prix compétitifs — les biens high-tech sont moins sensibles au prix que les produits de consommation à bas coût qui caractérisaient les vagues précédentes d'exportations .
L'excédent commercial chinois a dépassé les 1 000 milliards de dollars en 2025, et la série d'excédents mensuels de plus de 100 milliards en 2026 attise les accusations de 'Choc chinois 2.0' . Les dirigeants européens, dont le chancelier allemand Friedrich Merz, ont publiquement dénoncé un yuan profondément sous-évalué qui fausserait la concurrence, tandis que les États-Unis maintiennent des droits de douane élevés . Le New York Times note que l'excédent alimente 'un backlash mondial' .
Le yuan s'est pourtant nettement apprécié en 2026 — passant d'environ 7,35 pour un dollar en avril 2025 à environ 6,80 à la mi-juillet, soit un gain de 8 % — et pourtant les exportations continuent de grimper . Les grandes banques internationales, dont Goldman Sachs (objectif : 6,5 pour un dollar) et Deutsche Bank (prévision d'appréciation annuelle de 6,3 %), ont relevé leurs prévisions . Une étude de HKBEY intitulée 'Industrial Upgrading Makes Chinese Exports Less Susceptible to RMB Strength' soutient que cette résilience est la preuve d'un changement structurel : les exportations high-tech sont moins sensibles aux variations de prix .
Pendant que les exportations flambaient, l'économie intérieure chinoise révélait un sévère déséquilibre à deux vitesses. La croissance du PIB au deuxième trimestre a fortement ralenti à 4,3 % — son niveau le plus faible depuis plus de trois ans, sous la fourchette cible officielle de 4,5 % à 5 % . Une campagne de 1 500 milliards de dollars visant à assainir la dette cachée des gouvernements locaux a pesé lourdement sur l'expansion budgétaire .
Les ventes au détail ont chuté en mai pour la première fois en plus de trois ans, baissant de 0,6 % sur un an, selon le Bureau national des statistiques . La consommation a été freinée par le marasme immobilier, les effets de richesse négatifs liés à la baisse des prix des logements et un marché du travail atone . La note de conjoncture de la Banque mondiale de juillet 2026 indique que 'la consommation des ménages est restée prudente' et prévoit une croissance modérée à 4,4 % en 2026 .
Face aux droits de douane occidentaux et à un environnement commercial fragmenté, la réponse des plus grandes entreprises chinoises est un passage de l'exportation de produits finis à la fabrication directe dans les marchés de consommation étrangers. Reuters qualifie cette stratégie de 'Choc chinois 2.0', tandis que l'industrie chinoise parle de la phase suivante de la mondialisation .
BYD vise 1,5 million de ventes à l'étranger en 2026, soit une augmentation d'environ 43 % par rapport à 2025, avec un objectif à moyen terme de 50 % des ventes totales à l'étranger d'ici 2030 . Le groupe construit des chaînes de valeur complètes à l'étranger — approvisionnement localisé, centres de R&D, réseaux de service — pour contourner les barrières douanières . Les livraisons à l'étranger de BYD ont augmenté de plus de 70 % sur un an, mais son action a souffert de l'incertitude tarifaire et de la compression des marges dans la guerre des prix des véhicules électriques .
Geely a vu ses ventes à l'étranger bondir de 158 % sur un an et ferme, fusionne ou vend des usines nationales redondantes alors qu'elle passe d'une guerre des prix intérieure brutale à une stratégie d'expansion mondiale .
CATL construit une gigafactory en Hongrie dans le cadre d'un passage de 'l'exportation de produits' à 'l'exportation de capacités', avec la période 2026-2027 vue comme la fenêtre de validation critique pour la production de masse à l'étranger .
Midea et Haier, déjà parmi les groupes chinois de biens de consommation les plus mondialisés, renforcent leur empreinte manufacturière locale en Asie du Sud-Est, au Mexique et en Europe de l'Est.
Zhongji Innolight et Eoptolink, fournisseurs de transceivers optiques pour les centres de données IA, suivent le schéma sectoriel en établissant des hubs d'assemblage et de test en Thaïlande, au Vietnam et au Mexique pour servir leurs clients.
Reuters résume l'adaptation : 'Pour protéger des flux de revenus internationaux lucratifs de la fragmentation mondiale, les entreprises fabriquent de plus en plus directement dans les marchés de consommation clés pour contourner les barrières commerciales, construire un soutien local et isoler les chaînes d'approvisionnement des perturbations géopolitiques' .
La campagne de Pékin visant à réduire 'l'involution' destructrice — une concurrence excessive par les prix — n'a eu qu'un succès limité. La guerre des prix sur les véhicules électriques et les panneaux solaires continue de comprimer les marges, même si les volumes d'exportation augmentent, et la campagne n'a pas réduit de manière significative les surcapacités dans les secteurs clés .
Parmi les vents contraires persistants :
La poussée des exportations chinoises de juillet 2026 est un phénomène tiré par l'IA et la haute technologie, qui a surmonté à la fois l'appréciation du yuan et les barrières douanières occidentales. L'envers du décor est un excédent record qui attise les tensions mondiales ('Choc chinois 2.0'), tandis qu'au niveau intérieur, l'économie reste dans un sévère déséquilibre à deux vitesses — un secteur manufacturier tourné vers l'exportation qui flambe, contre une consommation des ménages atone, une croissance du PIB à 4,3 % et des ventes au détail en baisse. La réponse des entreprises est un pivot historique vers la production localisée à l'étranger, avec BYD, Geely, CATL et d'autres qui construisent des usines sur les marchés cibles pour contourner les droits de douane. La campagne anti-involution n'a pas encore résorbé les surcapacités intérieures, et de nouveaux risques — flambée du pétrole liée au conflit iranien, appréciation du yuan et fragmentation du commerce mondial — continuent de monter.