Crise d’Ormuz : les raffineries chinoises « teapot » brûlent leurs réserves de pétrole
Le taux d'utilisation des stocks de brut des raffineries « teapot » du Shandong n'était plus que de 41,6 % au 15 juillet 2026, les raffineurs ayant puisé près d'un million de barils par jour dans leurs réserves commer... Les importations chinoises de brut ont rebondi en juillet à 35,73 millions de tonnes (8,41 milli...
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Le taux d'utilisation des stocks de brut des raffineries « teapot » du Shandong n'était plus que de 41,6 % au 15 juillet 2026, les raffineurs ayant puisé près d'un million de barils par jour dans leurs réserves commer...
Les importations chinoises de brut ont rebondi en juillet à 35,73 millions de tonnes (8,41 millions de barils/jour), en hausse de 22 % par rapport au plus bas de juin, mais encore en baisse de 24,3 % sur un an.
Les « teapot » ont massivement délaissé le brut iranien : elles ont acheté 16 à 20,5 millions de barils au Qatar, en Irak et aux EAU, tandis que les stocks flottants iraniens ont gonflé à environ 165 millions de barils.
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Les raffineries indépendantes chinoises, surnommées « teapot » (bouilloires) — ces petites unités privées concentrées dans la province du Shandong — ont longtemps été les premiers acheteurs de pétrole brut iranien, représentant environ 90 % des exportations totales de l'Iran vers la Chine . Mais la crise du détroit d'Ormuz en 2026 et le durcissement des sanctions américaines les ont contraintes à un virage spectaculaire. À la mi-juillet 2026, le taux d'utilisation des capacités de stockage de brut des « teapot » du Shandong n'était plus que de 41,6 %, en baisse de 0,3 point par rapport à la semaine précédente, les raffineurs brûlant leurs réserves à un rythme sans précédent . Cet article examine l'état actuel des stocks des « teapot », l'évolution de leurs achats de brut iranien, les tendances des importations chinoises jusqu'en juillet 2026, et la situation du trafic dans le détroit d'Ormuz ainsi que son impact sur les flux en provenance du Moyen-Orient vers la Chine.
Stocks des « teapot » du Shandong : une érosion rapide
Le taux d'occupation des stocks de brut des raffineries indépendantes du Shandong s'établissait à 41,6 % au 15 juillet 2026, selon une enquête de Mysteel . Ce niveau relativement bas reflète une tendance plus large de prélèvement systématique sur les réserves commerciales plutôt que de nouveaux achats à l'importation. En juin 2026, le prélèvement implicite sur les stocks a atteint près d', les réserves commerciales ayant culminé à environ 1,25 milliard de barils début mai avant d'être entamées pour compenser la perte d'approvisionnement via Ormuz .
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Quels sont les points clés à valider en premier ?
Le taux d'utilisation des stocks de brut des raffineries « teapot » du Shandong n'était plus que de 41,6 % au 15 juillet 2026, les raffineurs ayant puisé près d'un million de barils par jour dans leurs réserves commer... Les importations chinoises de brut ont rebondi en juillet à 35,73 millions de tonnes (8,41 millions de barils/jour), en hausse de 22 % par rapport au plus bas de juin, mais encore en baisse de 24,3 % sur un an.
Que dois-je faire ensuite en pratique ?
Les « teapot » ont massivement délaissé le brut iranien : elles ont acheté 16 à 20,5 millions de barils au Qatar, en Irak et aux EAU, tandis que les stocks flottants iraniens ont gonflé à environ 165 millions de barils.
Les stocks d'essence et de gazole dans le Shandong ont également chuté rapidement en juin après d'importantes réductions de cadence des raffineries, la demande intérieure restant atone mais les prélèvements de produits finis s'accélérant . Plusieurs « teapot » du Shandong ont indiqué qu'elles étaient prêtes à réduire ou suspendre leur production une fois épuisés les stocks de brut constitués en mars et avril .
La Chine ne publie pas de statistiques officielles sur ses stocks de brut. Toutes les estimations de volume — de l'AIE, de Kpler et de l'EIA — sont dérivées de la différence mathématique entre les volumes d'importation douaniers déclarés et les taux de raffinage estimés .
Les « teapot », le brut iranien et les sanctions américaines : une relation fracturée
Les raffineries « teapot » du Shandong ont historiquement été les premiers acheteurs de brut iranien, la Chine achetant environ 90 % des exportations totales de pétrole de l'Iran . Mais la donne a radicalement changé ces derniers mois sous l'effet de trois forces convergentes : la perturbation du trafic dans le détroit d'Ormuz due au conflit, l'intensification des sanctions américaines, et la disponibilité de bruts alternatifs du Moyen-Orient à prix compétitifs.
Virage massif vers le brut non iranien du Moyen-Orient
Ces dernières semaines, les « teapot » du Shandong ont acheté 16 à 20,5 millions de barils de brut en provenance du Qatar, d'Irak et des Émirats arabes unis — leurs plus gros achats de pétrole moyen-oriental non sanctionné depuis le début du conflit iranien . Un méga-raffineur privé (Shenghong Petrochemical) a également acheté environ 12 millions de barils de brut irakien, d'Abou Dhabi et saoudien pour une livraison en juillet, après que les producteurs du Golfe ont baissé leurs prix . Quelque 20 millions de barils supplémentaires de brut moyen-oriental ont été achetés pour un chargement en juillet-août, certains « teapot » cherchant même à revendre des cargaisons pour réaliser une plus-value .
Le pétrole iranien bloqué en mer
Alors que les « teapot » chinois se tournaient vers d'autres fournisseurs du Moyen-Orient, les stocks flottants de pétrole iranien ont grimpé en flèche. Entre le 15 juin et le 6 juillet, environ 30 millions de barils de pétrole iranien ont été chargés, selon le traqueur de pétroliers Vortexa Analytics . Kpler a enregistré environ 34,5 millions de barils de brut iranien en transit dans le détroit d'Ormuz sur 21 pétroliers en provenance d'un seul terminal de chargement . Fin avril, le pétrole iranien en transit hors du golfe Persique atteignait environ 165 millions de barils, soit l'équivalent de quatre mois d'importations chinoises normales en provenance d'Iran .
Escalade des sanctions américaines
L'OFAC (Office of Foreign Assets Control) a désigné au moins cinq raffineries « teapot » chinoises (dont Hengli Petrochemical, Shandong Shouguang Luqing et Shandong Shengxing) depuis avril 2025, et a publié en avril 2026 un avis officiel mettant en garde les institutions financières contre les risques de sanctions liés aux transactions avec ces raffineries . La Chine a répondu en invoquant pour la première fois ses règles de blocage anti-sanctions, annonçant une injonction pour empêcher l'application des sanctions américaines contre les cinq raffineries désignées .
Un retour aux achats iraniens ?
Fin juillet 2026, certaines « teapot » commençaient à « regarder à nouveau le pétrole iranien » pour une livraison en septembre, mais le retour des sanctions américaines de « pression maximale » après l'échec du cessez-le-feu rend tout nouvel achat iranien extrêmement risqué . Les stocks flottants iraniens restent considérables, et les bruts moyen-orientaux alternatifs moins chers, qui étaient devenus disponibles lors de la brève réouverture d'Ormuz, se sont à nouveau raréfiés.
Tendances des importations chinoises de brut : juillet 2026 vs. mois précédents
Les importations chinoises de brut ont rebondi en juillet 2026 par rapport au plus bas quasi décennal de juin, soutenues par la brève réouverture du détroit d'Ormuz et l'augmentation des achats en provenance de Russie et d'autres sources hors Moyen-Orient.
Mois
Importations totales (Mt)
Équivalent bpj
Variation annuelle
Observations
Mai 2026
~32,8 Mt (est.)
~7,9 M bpj
-29 %
Déjà très déprimé
Juin 2026
29,27 Mt
7,12 M bpj
-41,3 %
Plus bas depuis octobre 2016 ; quasi plus bas décennal
Juillet 2026
35,73 Mt
~8,41 M bpj
-24,3 %
Plus haut en 3 mois ; en hausse de 22 % sur un mois mais encore bien en dessous de la normale
Détails clés :
Les importations de juillet, à 35,73 millions de tonnes (8,41 millions de bpj), sont les plus élevées en trois mois mais restent inférieures de 24,3 % à celles de juillet 2025 .
La moyenne de juin-juillet, environ 7,78 millions de bpj, est inférieure d'environ 4,21 millions de bpj à la moyenne mensuelle d'avant-guerre de 2025, qui était d'environ 12 millions de bpj .
Selon les données de Kpler, les importations maritimes chinoises sont remontées à 6,94 millions de bpj en juillet, contre 5,99 millions en juin .
Ce rebond est porté par les bruts moyen-orientaux moins chers achetés lors de la brève réouverture d'Ormuz en juin, ainsi que par l'augmentation des achats de brut russe ESPO. Sinopec a à elle seule réservé 30 à 40 cargaisons d'ESPO pour livraison de juillet à septembre, soit l'équivalent d'environ 241 000 à 320 000 bpj .
Les importations chinoises en provenance du Moyen-Orient en juillet sont estimées par Kpler à 2,71 millions de bpj .
Au total, les importations chinoises de brut ont chuté de 32 % au deuxième trimestre 2026 par rapport au premier trimestre, à une moyenne de seulement 8,1 millions de bpj, selon l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) .
Le détroit d'Ormuz : de la fermeture à un fonctionnement limité
Le détroit d'Ormuz reste le principal facteur de perturbation de la chaîne d'approvisionnement chinoise en brut. Voici un calendrier des principaux événements :
Fermeture initiale (28 février – 7 avril 2026) : Quelques jours après le début des attaques américano-israéliennes contre l'Iran, les forces iraniennes ont déclaré le détroit fermé. Le nombre quotidien de pétroliers en transit est passé d'environ 130 à moins de 10 .
Perturbation maximale : Au pire de la crise, environ 13 millions de bpj d'approvisionnement pétrolier étaient bloqués derrière Ormuz, forçant les producteurs du Golfe à fermer des champs et les raffineurs à réduire leur production .
Réouverture partielle (juin 2026) : Le trafic a recommencé à augmenter. Le secrétaire américain à l'Énergie, Chris Wright, a déclaré le 9 juin que le trafic maritime à travers le détroit était « en très forte hausse » , et une brève fenêtre de reprise des flux a permis à certaines cargaisons de partir vers la Chine.
Échec du cessez-le-feu et nouvelle perturbation : Après l'effondrement du cessez-le-feu américano-iranien, le déficit des livraisons de brut en provenance du Moyen-Orient « s'est à nouveau creusé, revenant presque à ce qu'il était pendant les premiers mois du conflit », les prix repassant dans une fourchette de 80 à 100 dollars le baril .
Situation actuelle (début août 2026) : Le détroit ne fonctionne plus que de manière limitée, les coûts d'assurance étant prohibitifs et les risques de sécurité demeurant importants . Le service de recherche du Congrès américain (Congressional Research Service) décrit les niveaux de trafic comme ayant « chuté précipitamment » par rapport aux normes d'avant-guerre, même si certains navires transitent avec leurs transpondeurs éteints .
Impact sur la Chine : La moyenne combinée des importations chinoises de juin-juillet (7,78 millions de bpj) est inférieure d'environ 4,2 millions de bpj au niveau d'avant-guerre, l'écart étant en grande partie imputable à la perte d'approvisionnement via Ormuz . La Chine a compensé en puisant massivement dans ses réserves stratégiques et commerciales (près de 1,4 milliard de barils de réserves stratégiques en décembre 2025) , en augmentant les flux via le pipeline russe et l'ESPO, et en se diversifiant vers des bruts non moyen-orientaux.
En résumé
Les raffineries « teapot » chinoises naviguent dans la plus grave perturbation d'approvisionnement depuis des décennies en puisant dans leurs stocks, en se tournant vers le brut moyen-oriental non iranien et le brut russe ESPO, et en faisant face à un régime de sanctions américaines de plus en plus agressif. Si les importations de juillet ont montré un modeste rebond, la nouvelle perturbation à Ormuz signifie que la pression sur l'approvisionnement est loin d'être terminée. Les niveaux de stocks des « teapot » du Shandong restent bas, et la fenêtre pour les achats de brut iranien — historiquement l'élément vital de ces raffineries — pourrait se refermer davantage à mesure que l'application des sanctions s'intensifie.