Un coût de fabrication élevé pour les éditeurs. Selon le média spécialisé GameFile, les éditeurs versent à Sony et Microsoft l'équivalent de 15 à 20 % du prix de vente conseillé (PVP) d'un jeu pour la fabrication du disque. Concrètement, cela représente entre 10,50 et 14 dollars pour un jeu à 70 dollars, ou 12 à 16 dollars pour un titre à 80 dollars . En supprimant le disque, les éditeurs empochent intégralement cette marge.
Sony double ses profits par vente numérique. Sur une vente dématérialisée à 70 dollars d'un jeu first-party, Sony conserve environ 49 dollars après avoir prélevé sa commission de 30 % sur le PlayStation Store. À titre de comparaison, sur une vente physique, Sony doit partager les recettes avec les fabricants, les logisticiens et les revendeurs, ce qui réduit considérablement sa part . Le numérique élimine également les retours, les invendus et le marché de l'occasion, chaque client étant contraint d'acheter un jeu neuf plutôt qu'un exemplaire d'occasion.
L'usine est déjà en train de se transformer. L'usine historique de Sony à Thalgau, en Autriche (Sony DADC), qui produisait environ 600 000 disques par jour (dont la moitié pour la PlayStation), est déjà en cours de conversion en laboratoire de micro-optique . Les 300 employés sont en train d'être re-formés pour cette nouvelle activité. Cette reconversion, entamée avant même l'annonce officielle, prouve que la décision était préparée de longue date.
Des sources qui ne peuvent pas parler. Stephen Totilo, journaliste pour GameFile, a rapporté qu'aucune des personnes qu'il a contactées pour son enquête sur le coût des disques n'était « autorisée à s'exprimer officiellement » . Sony et Microsoft ont également refusé de commenter les frais de fabrication.
Une « boîte noire » industrielle. Le fait que même les journalistes les mieux introduits ne puissent obtenir de données officielles sur les coûts suggère que Sony considère son processus de réplication des Blu-ray comme un secret commercial hautement protégé. La raison est probablement que les marges que Sony facture aux éditeurs pour la fabrication des disques constituent elles-mêmes une source de revenus juteuse que l'entreprise ne souhaite pas voir épluchée .
La colère gronde. L'annonce a déclenché des pétitions en ligne et un appel au boycott, les joueurs dénonçant la perte de la possibilité d'échanger, de prêter, de revendre ou de « posséder » réellement leurs jeux . Sony a indiqué qu'il n'avait pas l'intention de faire marche arrière .
Les inquiétudes de Hideo Kojima. Le légendaire créateur de jeux (Metal Gear Solid, Death Stranding) a publiquement exprimé ses craintes quant à ce qu'un avenir 100 % numérique signifie pour la préservation des jeux et la liberté créative .
Un marché de l'occasion de 7 milliards de dollars menacé. Selon CNBC, la fin des disques met en péril l'écosystème de la revente de jeux d'occasion, estimé à environ 7 milliards de dollars, qui englobe les magasins indépendants, les revendeurs eBay et les programmes de reprise des grandes enseignes .
Les revendeurs physiques pris en tenaille. Les magasins physiques comme GameStop ou Media Markt, qui prélèvent 15 à 20 % sur chaque vente de disque, voient leur modèle économique menacé . La transition de Sony en 2028 les exclut en effet totalement des revenus liés aux nouveaux jeux.
122 pays privés de nouveaux jeux. Une analyse de Yahoo Finance révèle qu'après l'arrêt des disques, 122 pays — principalement en Asie, en Afrique, en Amérique latine et en Europe de l'Est — n'auront aucun moyen d'acheter les nouveaux jeux PlayStation . Ces régions ne disposent ni d'un accès à internet suffisamment fiable et abordable, ni d'une tarification régionale adaptée sur le PlayStation Store. Les importations de disques étaient leur seul canal d'approvisionnement viable.
L'impact sur le marché gris chinois. Le vaste marché gris chinois des disques PlayStation importés — où les copies physiques arrivent de Hong Kong, du Japon et d'Asie du Sud-Est pour contourner les restrictions strictes et la censure des boutiques en ligne chinoises — sera anéanti pour les nouveaux titres après janvier 2028 . Les joueurs chinois qui comptaient sur les disques importés pour accéder à des contenus non censurés ou région-free n'auront pas d'alternative, le PlayStation Store chinois étant très verrouillé. Cette situation pourrait pousser les joueurs chinois vers le jeu sur PC ou vers des plateformes concurrentes.
L'Inde et autres marchés sensibles aux prix. Les joueurs indiens, qui dépendent fortement de l'accessibilité financière des disques et d'un marché de l'occasion dynamique, seront particulièrement touchés par un modèle 100 % numérique . La même logique s'applique à une grande partie des pays du Sud global.