L'Iran a insisté sur le droit de prélever des redevances obligatoires sur les navires transitant par le détroit, considérant cette voie maritime comme relevant de son autorité unilatérale . Téhéran a signalé qu'il pourrait reprendre la facturation des navires dès la mi-août 2026 si aucun accord n'était trouvé . Plus crucial encore, des sources iraniennes ont indiqué que Téhéran ne discuterait pas d'autres questions de paix tant que le contrôle d'Ormuz ne serait pas réglé en premier , faisant du détroit l'obstacle central de tout processus diplomatique plus large.
Les États-Unis avaient réimposé un blocus naval sur les ports iraniens en juillet 2026, et seuls quelques navires traversaient quotidiennement — parfois aussi peu que trois cargos certains jours . La position américaine a toujours été de ne pas accepter le contrôle iranien sur cette voie maritime internationale . Le 17 juin, le président Donald Trump et le président iranien Massoud Pezeshkian ont signé un protocole d'accord déclarant une période de libre passage de 60 jours sans frais, mais l'architecture globale des sanctions et la posture militaire restent des barrières majeures . Les États-Unis ont également explicitement rejeté l'idée de péages ou de frais, réitérant qu'Ormuz est une voie maritime internationale qui doit être libre de tout contrôle ou restriction iranienne .
L'obstacle le plus insoluble — et celui qui a rendu le détroit effectivement innavigable avant même l'escalade militaire complète — est l'effondrement du marché de l'assurance maritime. Les principaux assureurs maritimes, dont Gard, Skuld, NorthStandard, le London P&I Club et l'American Club, ont annulé la couverture des risques de guerre pour les navires dans la région du Golfe à partir de début mars 2026, les annulations prenant effet le 5 mars .
Les primes pour risque de guerre, qui se situaient à environ 0,125 à 0,25 % de la valeur de la coque par transit avant le conflit, ont grimpé jusqu'à 10 % . Au 8 juillet, certains souscripteurs de polices de guerre avaient conseillé aux armateurs de suspendre tous les voyages via Ormuz, tandis que d'autres révisaient les conditions de leurs polices après de nouvelles attaques . La crise de l'assurance est devenue auto-entretenue : même si un accord politique était signé, les navires ne pourraient pas obtenir une couverture abordable ou disponible pour reprendre le transit. Un chercheur du secteur a noté que le détroit était « de facto fermé étant donné que de nombreuses compagnies d'assurance ont cessé d'assurer les navires en transit » , et que le retrait des assureurs — et non le blocus militaire — était le principal moteur de l'effondrement du trafic .
Les visions concurrentes de la gouvernance du détroit représentent un désaccord fondamental qu'aucune médiation n'a encore résolu. Oman, soutenu par les États du Golfe, a présenté une proposition à l'Iran le 28 juillet offrant un système de gestion régionale conjointe avec des frais uniquement volontaires — les revenus financeraient la navigation, la protection de l'environnement et les services de recherche et de sauvetage, sur le modèle de l'arrangement du détroit de Malacca . La proposition omanaise excluait explicitement que l'Iran exerce un contrôle exclusif sur la voie maritime .
La contre-position iranienne a rejeté le caractère volontaire, insistant sur des péages obligatoires et contrôlés par l'Iran comme symbole de souveraineté et source de revenus . Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a déclaré que Téhéran rejetait la proposition omanaise d'un partage égal 50-50 des routes de transit, estimant qu'un tel plan ne répondait pas aux préoccupations de sécurité de Téhéran tant qu'une stabilité régionale à long terme ne serait pas assurée . Le différend central porte sur le caractère obligatoire ou volontaire des frais et sur la gestion unilatérale ou conjointe — un désaccord de gouvernance qui reflète des visions fondamentalement différentes du droit international, de la souveraineté et du statut du détroit.
Même si un accord proposé début août 2026 offrait à l'Iran le contrôle des navires entrants en échange de la réouverture, les États-Unis continuaient de s'opposer à tout arrangement reconnaissant l'autorité iranienne sur la voie maritime . La direction iranienne a également déclaré que le détroit ne serait pas rouvert tant que les États-Unis n'auraient pas « corrigé leur comportement » , suggérant des conditions politiques bien au-delà de la simple logistique du transport maritime. L'écart entre la demande iranienne de contrôle unilatéral et la position américaine selon laquelle la voie maritime doit rester libre de toute autorité iranienne s'est avéré infranchissable au cours de multiples cycles de négociations médiatisées par Oman et le Qatar .