Ambition solaire africaine : des progrès réels, mais un fossé qui se creuse avec la Chine
La capacité de fabrication africaine de panneaux solaires atteint environ 2,3 GW (Maroc, Afrique du Sud, Nigeria). Aucun pays africain ne produit de cellules ou de wafers photovoltaïques à l'échelle commerciale : les usines locales ne font qu'assembler des composants chinois, captant la plus faible valeur ajoutée de...
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La capacité de fabrication africaine de panneaux solaires atteint environ 2,3 GW (Maroc, Afrique du Sud, Nigeria).
Aucun pays africain ne produit de cellules ou de wafers photovoltaïques à l'échelle commerciale : les usines locales ne font qu'assembler des composants chinois, captant la plus faible valeur ajoutée de la chaîne.
Malgré des projets ambitieux (notamment Eskom Green et son objectif de 32 GW), les analystes prévoient que la domination chinoise sur le marché solaire africain persistera sans mesures de protection ou percée industri...
Pékin a fourni plus de 30 milliards de dollars de financement au secteur énergétique africain entre 2010 et 2020, mais son modèle se tourne désormais vers l'exportation d'équipements plutôt que le financement de projets.
What are the key developments and challenges in Africa's push to expand domestic solar manufacturing capacity, including recent production iAfrica installed a record 4.5 GW of solar capacity in 2025, yet domestic manufacturing supplies only a fraction of that demand.
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Les gouvernements africains accélèrent leurs plans pour développer une capacité de fabrication solaire locale, poussés par des ambitions industrielles et une inquiétude croissante face à la dépendance aux importations chinoises. Les chiffres racontent pourtant une histoire sans appel : même après des années d'investissements, le continent n'assemble qu'une fraction des panneaux qu'il installe, et chaque usine africaine reste dépendante de la Chine pour les composants les plus critiques.
Une production locale en hausse... mais qui part de très bas
Les plus grandes économies du continent ont enregistré des progrès réels, quoique modestes, dans l'assemblage de panneaux.
Le Maroc a doublé sa capacité de fabrication de panneaux solaires pour atteindre 1 GW par an.
L'Afrique du Sud possède désormais une capacité d'assemblage d'environ .
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La capacité de fabrication africaine de panneaux solaires atteint environ 2,3 GW (Maroc, Afrique du Sud, Nigeria).
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La capacité de fabrication africaine de panneaux solaires atteint environ 2,3 GW (Maroc, Afrique du Sud, Nigeria). Aucun pays africain ne produit de cellules ou de wafers photovoltaïques à l'échelle commerciale : les usines locales ne font qu'assembler des composants chinois, captant la plus faible valeur ajoutée de la chaîne.
Que dois-je faire ensuite en pratique ?
Malgré des projets ambitieux (notamment Eskom Green et son objectif de 32 GW), les analystes prévoient que la domination chinoise sur le marché solaire africain persistera sans mesures de protection ou percée industri...
Le Nigeria a attiré 425 millions de dollars d'investissements dans la fabrication d'énergies renouvelables en 2025, portant sa capacité de production locale de 120 MW à environ 300 MW — soit une augmentation de 150 % en deux ans .
L'Éthiopie dispose également de chaînes d'assemblage émergentes, et trois usines de production à l'échelle du gigawatt sont en développement sur le continent .
Pourtant, la capacité solaire installée en Afrique — les panneaux effectivement posés sur les toits et dans les champs — n'est que de 23,4 GW selon l'Association africaine de l'industrie solaire (AFSIA), une fraction des besoins du continent . (L'estimation haute de l'AFSIA, qui utilise les données d'exportation chinoises, atteint 63,9 GW, reflétant la difficulté de suivre les installations hors réseau .)
L'écart avec les importations chinoises est abyssal
Les importations de panneaux chinois écrasent la production locale dans des proportions énormes et croissantes.
En 2024, les exportations chinoises de panneaux solaires vers l'Afrique ont atteint 11,36 GW, soit une hausse de 43 % sur un an, l'Afrique du Sud arrivant en tête avec 3,81 GW et le Maroc avec 1,13 GW .
Au cours des 12 mois précédant juin 2025, les importations ont atteint 15 GW — une augmentation de 60 % .
Pour l'ensemble de l'année 2025, la Chine a expédié environ 18,8 GW vers l'Afrique, soit une hausse de 48 % par rapport à 2024, selon Ember .
Cumulativement, de 2017 à mi-2026, la Chine a exporté 58,1 GW de panneaux solaires vers le continent .
La capacité totale de fabrication de panneaux solaires en Afrique (~2,3 GW tous pays confondus) équivaut à environ deux mois d'importations chinoises au rythme actuel.
Le problème structurel : aucune production de cellules à l'échelle commerciale
La lacune la plus critique est qu'aucun pays africain ne produit de cellules ou de wafers solaires à l'échelle commerciale. Les lignes de « fabrication » existantes — au Maroc, en Afrique du Sud et au Nigeria — sont essentiellement des opérations d'assemblage de modules qui importent des cellules, des cadres, du verre et des feuilles arrière chinois.
Cela signifie que :
L'Afrique ne capte que le segment à la plus faible valeur ajoutée de la chaîne d'approvisionnement.
Le contenu local dans les panneaux assemblés reste faible.
Le continent est vulnérable aux prix chinois, aux perturbations de l'approvisionnement et aux changements de politique commerciale.
Les analystes notent que les cellules produites en Chine sont si bon marché que même l'avantage de coût au stade de l'assemblage est infime .
L'investissement énergétique chinois : des prêts aux exportations
La Chine reste le plus grand investisseur étranger dans le secteur électrique d'Afrique subsaharienne, avec un financement du secteur énergétique dépassant les 30 milliards de dollars entre 2010 et 2020 . De 2020 à 2024, les investissements chinois ont livré plus de 32 GW de capacité de production d'électricité dans 30 pays — pour une valeur de plus de 33 milliards de dollars. Le solaire à lui seul représentait 57 % des investissements chinois dans les énergies renouvelables en Afrique de 2010 à 2021 .
Mais le modèle change. Les prêts chinois dans le secteur de l'énergie ont fortement ralenti — un seul prêt énergétique a été confirmé en 2024 (un projet de transmission en Angola) — alors que Pékin se tourne vers une approche d'exportation d'équipements plutôt que de financement de projets .
La poussée sud-africaine : Eskom Green et l'objectif de 32 GW
L'Afrique du Sud se positionne comme le principal candidat pour une production solaire locale à grande échelle et une destination majeure pour les investissements dans les énergies propres.
En juin 2026, Eskom a lancé Eskom Green, une filiale d'énergie renouvelable détenue à 100 %, autorisée à lever ses propres fonds et à conclure des partenariats public-privé . La filiale vise 32 GW de capacité d'énergie renouvelable d'ici 2040, incluant le solaire, l'éolien et le stockage par batteries, avec une phase initiale de 5,6 GW de production sans carbone . Elle a reçu les approbations réglementaires finales de la PFMA en juillet 2026 .
Cependant, les analystes s'attendent à ce que ce pipeline crée beaucoup plus de demande pour les équipements solaires chinois que pour la production locale, car la fabrication nationale ne peut pas monter en puissance assez rapidement .
Perspectives : la domination chinoise persistera sans changements politiques majeurs
Les analystes du secteur s'accordent largement sur le fait que la domination chinoise sur le marché solaire africain perdurera dans un avenir prévisible, à moins de droits de douane ou de subventions significatifs, ou d'une percée dans la fabrication en amont .
La Chine a produit 80 % des panneaux solaires mondiaux en 2024, et sa surcapacité massive signifie que les prix des panneaux continuent de baisser .
Les exportations chinoises de panneaux vers l'Afrique croissent plus vite que la capacité locale — le rapport importations/production locale s'est creusé, et non réduit.
Même si toutes les usines africaines à l'échelle du gigawatt prévues voient le jour, elles ne fourniraient encore qu'une fraction de la demande projetée, et leur dépendance en amont vis-à-vis de la Chine pour les cellules et les wafers subsisterait .
En résumé : La vague de fabrication solaire locale en Afrique est réelle et s'accélère, mais elle part d'une base très faible, reste limitée à l'assemblage de panneaux à faible valeur ajoutée, et est distancée par la flambée des importations chinoises. Sans production de cellules à grande échelle, politique commerciale protectrice ou subventions durables, la domination chinoise dans la chaîne de valeur solaire africaine devrait se poursuivre tout au long de cette décennie et probablement jusque dans les années 2030 .