Un bilan lourd dans la capitale : au total, l'armée russe a lancé 35 missiles (dont 27 balistiques) et 185 drones d'attaque sur Kiev . La défense antiaérienne ukrainienne n'a pu intercepter que 2 des missiles balistiques et 154 des drones . L'attaque a fait au moins 9 morts et plus de 30 blessés parmi la population civile, endommageant 18 immeubles résidentiels, une école et des infrastructures . Cinq ambulances ont également été détruites .
La question des missiles Zircon : bien que l'attaque ait inclus des missiles hypersoniques 3M22 Zircon, les sources les plus fiables (comme Reuters et NPR) ne précisent pas que ce sont ces missiles spécifiques qui ont touché près de l'ambassade. Il s'agissait d'une salve comprenant plusieurs types de missiles .
Accusations de Vilnius : visée délibérée ou pas ?
Le ministre lituanien des Affaires étrangères, Kęstutis Budrys, a déclaré que la Lituanie « ne peut exclure » que la Russie ait délibérément ciblé la mission diplomatique, soulignant l'absence de sites militaires à proximité de l'ambassade dans le quartier de Petchersk . Le site le plus proche régulièrement visé par la Russie est une centrale électrique à 1,5 km .
Cependant, Budrys a reconnu le 5 août qu'il n'existait « aucune preuve » d'une frappe intentionnelle . Il a toutefois rappelé que la Russie reste responsable, en vertu du droit international, de la sécurité des missions diplomatiques .
La réponse diplomatique : convocation et protestation
Dès le 1er août, la Lituanie a convoqué un représentant de l'ambassade de Russie à Vilnius et lui a remis une note de protestation formelle . Celle-ci condamne fermement l'attaque et la violation de la Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques . La note précise que la Lituanie se réserve le droit de prendre d'autres mesures de rétorsion contre la Russie .
Compensation : des pistes juridiques explorées
Budrys a confirmé que la Lituanie explore activement les voies juridiques pour exiger des réparations de la part de la Russie . L'étendue exacte des dégâts est encore en cours d'évaluation par des experts . Il a déclaré : « Il existe, au moins en théorie, des mécanismes juridiques » pour réclamer une compensation . La Lituanie s'appuie sur le Registre des dommages pour l'Ukraine, qu'elle a rejoint, ainsi que sur la commission des réclamations nouvellement créée .
Un appel pressant pour une réponse plus forte de l'OTAN
Le 4 août, Budrys a explicitement appelé l'OTAN à une « réponse ferme », arguant que l'Alliance doit renforcer sa présence militaire et adopter une position politique plus déterminée . « Il y a une volonté de rester calme, mais de répondre fermement », a-t-il déclaré sur LRT TV .
Le contexte : un missile russe en Pologne
Cet incident ne s'est pas produit en vase clos. Le 30 juillet 2026, un missile de croisière russe Kh-101 a violé l'espace aérien polonais et s'est écrasé près du village de Zamość, dans l'est de la Pologne . Varsovie a convoqué l'ambassadeur russe, et l'OTAN a affirmé qu'elle « prendrait toutes les mesures nécessaires » pour défendre le territoire de l'Alliance .
Ces deux événements — l'incursion en Pologne et la frappe près de l'ambassade lituanienne — ont renforcé les avertissements de Vilnius et de Varsovie, estimant que la Russie teste le seuil de réponse de l'OTAN . En juillet, le président lituanien Gitanas Nausėda avait déjà évoqué des évaluations des services de renseignement selon lesquelles la Russie planifierait des attaques contre des infrastructures critiques dans les pays baltes ou en Pologne . Le Kremlin avait qualifié ces allégations d'« histoires effrayantes » visant à justifier une militarisation contre la Russie .