L'argent a suivi une trajectoire comparable. L'argent spot a progressé d'environ 4,16 % à 61,88 dollars l'once , tandis que les contrats à terme sur l'argent du Comex atteignaient 63 dollars . D'autres sources ont enregistré des cours de l'argent entre 59,80 et 61,88 dollars, représentant des gains de 3 à 5 % . Cette flambée a été alimentée par la baisse des rendements des bons du Trésor américain et l'espoir croissant qu'un accord de réouverture du détroit d'Ormuz plafonnerait l'inflation liée au pétrole, réduisant ainsi la pression sur la Fed pour resserrer sa politique monétaire .
La situation dans le détroit d'Ormuz a été qualifiée par les analystes de « principale variable géopolitique pour l'or, le pétrole et les actifs risqués » . Alors que l'Iran et Oman se mettaient d'accord sur les coordonnées d'une voie de navigation proposée et que des responsables américains signalaient qu'un accord intérimaire était proche, les traders se sont rués sur les métaux précieux, considérés comme une valeur refuge bénéficiant également du signal désinflationniste .
Les signaux diplomatiques ont frappé de plein fouet les marchés pétroliers. Le 5 août, le Brent a chuté d'environ 5,3 % à 79,36 dollars le baril, et le West Texas Intermediate (WTI) a perdu environ 5,7 % à 75,77 dollars, alors que les espoirs d'un accord sur Ormuz se renforçaient . Ces baisses prolongeaient un mouvement de vente brutal qui avait déjà vu le pétrole plonger de plus de 7 % plus tôt dans la semaine à des plus bas de trois semaines, après que le président Trump a annulé une attaque planifiée contre l'Iran .
Les cours du pétrole, qui dépassaient les 100 dollars au plus fort de la guerre américano-iranienne, sont tombés sous les 80 dollars suite aux signaux diplomatiques . Les prix se sont partiellement redressés plus tard le 5 août après que les rebelles houthis du Yémen ont revendiqué une attaque contre un pétrolier saoudien en mer Rouge, le Brent rebondissant à 80,32 dollars, soit une hausse de 1,2 % . L'attaque houthie a rappelé avec force que des acteurs régionaux pouvaient perturber l'offre, même si un accord plus large entre les États-Unis et l'Iran était conclu.
La réévaluation par le marché du risque d'inflation a eu un effet immédiat sur les anticipations de taux de la Fed. Au 5 août, la probabilité d'une hausse des taux en septembre était tombée à 58,4 %, selon les données CME FedWatch . Il s'agissait d'une chute spectaculaire par rapport aux 82,4 % de fin juillet, lorsque la flambée des prix du pétrole et la persistance de l'inflation rendaient une hausse des taux en septembre quasi certaine . La probabilité d'un statu quo en septembre est passée à 41,6 % .
Les rendements des bons du Trésor américain à deux ans, sensibles aux taux d'intérêt, sont tombés à un plus bas de deux semaines, les traders réduisant leurs paris sur une hausse des taux . La baisse des prix du pétrole a directement atténué les anticipations d'inflation et réduit l'urgence pour la Fed de resserrer sa politique en septembre . Sur la plateforme de paris prédictifs Polymarket, l'estimation de la probabilité d'une hausse de 25 points de base en septembre par les traders est tombée à 48 % .
Bien que les prévisions spécifiques de Jefferies, CITIC Securities et Citi pour le 5 août n'aient pas été détaillées dans les sources disponibles, le récit de marché était cohérent. Les analystes considéraient largement un accord de réouverture d'Ormuz comme un catalyseur désinflationniste majeur, susceptible d'atténuer les goulots d'étranglement de l'offre de pétrole, de réduire les pressions inflationnistes et de donner à la Fed plus de flexibilité pour maintenir ses taux inchangés - une perspective positive pour les actifs risqués et l'or .
Les marchés étaient décrits comme « tiraillés entre l'optimisme sur Ormuz et la prudence de la Fed », l'argent « se maintenant au-dessus de 60 dollars alors que la baisse du pétrole et des rendements obligataires compensait l'incertitude sur la Fed » . La hausse des métaux précieux a été présentée à la fois comme un mouvement de valeurs refuges et une conséquence de la baisse des rendements, la situation dans le détroit d'Ormuz étant citée comme la principale variable géopolitique .
Malgré la vigueur des prix, le marché restait dans une posture prudente d'« espoir sans certitude ». Plusieurs risques clés se détachaient :
1. L'absence de confirmation de Téhéran. L'Iran a continué à démentir toute négociation directe avec les États-Unis, créant un fossé de crédibilité entre l'optimisme des responsables américains et les déclarations de Téhéran . Aucun accord final n'avait été conclu, malgré les progrès sur les coordonnées techniques des routes avec Oman . Le ministre iranien des Affaires étrangères a insisté sur le fait que la voie maritime ne « reviendrait jamais à son statut d'avant-guerre » .
2. L'ultimatum militaire de Trump. Le président Trump a averti que le détroit serait rouvert « très bientôt » ou que l'Iran ferait face à de « graves conséquences », maintenant le risque d'une escalade militaire renouvelée . « S'ils se retirent à nouveau, ils seront frappés très durement », a déclaré Trump .
3. Les attaques houthies. Le 5 août, les rebelles houthis du Yémen ont revendiqué une attaque contre un pétrolier saoudien en mer Rouge, provoquant un rebond partiel des prix du pétrole . Les Houthis, soutenus par l'Iran, ont démontré à plusieurs reprises leur capacité à perturber le trafic maritime sans implication directe de l'Iran.
4. Aucun accord final. Le ministère qatari des Affaires étrangères a confirmé que les pourparlers étaient « en cours » mais qu'aucun accord n'était finalisé . Le porte-parole du Qatar a déclaré que les négociations se concentraient sur « une résolution à court terme qui nous aiderait à relancer les discussions » .
5. Les données sur l'emploi américain à venir. Les marchés restaient concentrés sur les chiffres à venir de l'emploi américain, qui pourraient à nouveau modifier les anticipations de taux de la Fed, indépendamment des développements à Ormuz .
Les progrès diplomatiques à Ormuz le 5 août ont constitué un puissant signal désinflationniste qui a remodelé trois marchés interconnectés en une seule journée : l'or et l'argent ont fortement progressé, les prix du pétrole se sont effondrés et la probabilité d'une hausse des taux de la Fed en septembre est passée d'environ 82 % à environ 58 %. Mais avec Téhéran qui n'a pas encore confirmé d'accord, la menace militaire de Trump toujours d'actualité, les perturbations houthies et les données clés sur l'emploi américain à venir, le soulagement du marché est resté conditionnel. La situation dans le détroit d'Ormuz était — et reste — la principale variable géopolitique pour l'or, le pétrole et les actifs risqués .