La Russie a tiré 24 missiles balistiques (identifiés comme des Iskander-M), quatre missiles supplémentaires à grande vitesse décrits comme des Zircon hypersoniques ou des Oniks supersoniques, et 115 drones d'attaque, dont beaucoup à réaction . Certains rapports font état de 28 missiles à grande vitesse au total . L'assaut a duré environ deux heures et a frappé au moins sept sites distincts dans la capitale et la région environnante de Kiev .
Le président Zelensky a déclaré que les frappes avaient visé des entrepôts appartenant à des entreprises civiles, des infrastructures et une gare ferroviaire. Parmi les sites touchés figurent une brasserie, un entrepôt de matériaux de construction et un centre de tri postal – des lieux qu'il a décrits comme « sans lien avec la guerre » . Le ministère russe de la Défense a affirmé, sans fournir de preuves, que certaines de ces entreprises dissimulaient des liens avec l'armée .
Au moins 17 personnes ont été tuées et 44 blessées, selon les autorités ukrainiennes . Cette attaque était la troisième frappe balistique majeure contre Kiev en l'espace d'une seule semaine .
L'armée de l'air ukrainienne a rapporté qu'aucun des missiles balistiques entrants n'avait été abattu . L'armée ukrainienne a directement attribué cet échec à une pénurie critique de munitions interceptrices, en particulier pour les systèmes Patriot fabriqués aux États-Unis – la seule arme de l'inventaire ukrainien capable d'arrêter de manière fiable les missiles balistiques .
Selon l'armée de l'air, les forces ukrainiennes ont déployé l'aviation, des unités de missiles antiaériens, des unités de guerre électronique et de drones, ainsi que des équipes de tir mobiles, mais 17 drones ont également traversé les défenses, frappant des cibles autour de la capitale . L'incapacité à stopper l'un des 28 missiles a marqué une escalade nette de la capacité de la Russie à exploiter les lacunes de la défense aérienne ukrainienne.
Le président français Emmanuel Macron a condamné l'attaque dans un message sur X, la qualifiant de « politique de terreur inacceptable » et promettant que l'Union européenne « durcirait les sanctions contre Moscou et augmenterait le soutien militaire à l'Ukraine » .
« Chaque nouvelle attaque renforce une vérité évidente : la Russie doit payer le prix de son agression et répondre de ses crimes », a écrit Macron . Il a ajouté : « Aux côtés de l'Ukraine, nous ne céderons ni à la fatigue ni à l'intimidation » .
Le langage de Macron reflète une position occidentale qui se durcit : le ciblage délibéré des civils par la Russie – et l'échec répété à intercepter ses missiles – exige non seulement des condamnations mais des sanctions concrètes et une accélération de l'aide militaire.
Le président Zelensky a directement répondu à l'attaque, déclarant : « Les intercepteurs balistiques sont ce qui aurait pu sauver la vie de ceux qui sont morts aujourd'hui » . Il a accusé les alliés occidentaux de ne pas avoir livré les munitions de défense antiaérienne promises à l'échelle nécessaire.
Zelensky a révélé que les alliés n'avaient fourni qu'un tiers du nombre de missiles de défense antiaérienne au premier semestre 2026 par rapport à la même période en 2025 . Il a souligné que la pénurie n'était pas un phénomène récent : « Et ce n'est pas seulement un phénomène estival – cela s'applique à chaque période du premier semestre de l'année » .
Zelensky a averti sans détour que ce déficit « encourageait la Russie à lancer des attaques qui coûtent des vies humaines » . Il a fait valoir que chaque jour sans intercepteurs Patriot signifiait davantage de victimes, et a lancé un appel direct à Washington et aux capitales européennes : « Il est essentiel que les partenaires comprennent que ces capacités sont nécessaires non pas quelque part dans des stocks pour des scénarios hypothétiques, mais ici et maintenant » .
L'attaque du 4 au 5 août est survenue quelques jours seulement après un bombardement similaire le 1er août, au cours duquel l'Ukraine n'avait intercepté qu'un seul missile balistique sur 27 . Au cours du mois de juillet, la Russie a frappé Kiev en moyenne tous les trois jours .
L'Union européenne prépare son 22ᵉ paquet de sanctions contre la Russie. Selon des sources diplomatiques européennes, le prochain paquet n'introduira pas de nouvelles orientations sectorielles mais se concentrera sur la lutte contre le contournement des sanctions déjà imposées . Cela marque un changement par rapport aux paquets précédents qui ciblaient de nouvelles industries (énergie, finance, cryptomonnaies et commerce) vers un resserrement des restrictions existantes et la fermeture des lacunes.
Le 21ᵉ paquet de sanctions de l'UE a été adopté le 23 juillet 2026 . Le 22ᵉ paquet est actuellement en préparation, la Commission européenne élaborant les mesures. Une source diplomatique européenne a indiqué que le paquet pourrait être finalisé lors de la réunion du Conseil des Affaires étrangères du 12 octobre 2026 . D'autres rapports suggèrent une date d'achèvement dans les « semaines à venir », probablement à la fin de l'été ou au début de l'automne 2026, bien qu'aucune date d'adoption exacte n'ait été confirmée publiquement .
L'accent mis sur la lutte contre le contournement reflète la reconnaissance que nombre des sanctions existantes – notamment les plafonds de prix du pétrole, les restrictions financières et les interdictions d'exportation de biens à double usage – ont été contournées par des intermédiaires de pays tiers, des sociétés écrans et des plateformes de crypto-actifs. Le 21ᵉ paquet a déjà introduit un outil d'interdiction dédié aux pays tiers pour les services de crypto-monnaie ; le 22ᵉ paquet devrait aller plus loin dans la fermeture de ces canaux.
L'attaque du 4 au 5 août n'est pas survenue dans un vide. Elle a été le point culminant d'une campagne russe de plusieurs semaines visant à exploiter les stocks d'intercepteurs Patriot, qui s'amenuisent. Le 1er août, un bombardement similaire avait tué neuf personnes à Kiev, l'Ukraine n'ayant réussi à abattre qu'un seul missile balistique . Zelensky avait alors déclaré : « Cette pénurie d'intercepteurs de missiles balistiques encourage la Russie à lancer de telles attaques qui coûtent des vies humaines » .
Les alliés de l'Ukraine, y compris les États-Unis et les nations européennes, ont publiquement reconnu la nécessité de fournir davantage de systèmes Patriot et d'intercepteurs. Mais les livraisons sont lentes. Selon Zelensky, les pays partenaires ont les missiles disponibles mais ne les transfèrent pas au rythme nécessaire .
L'attaque a également touché des infrastructures civiles – une brasserie, un entrepôt de matériaux de construction, un centre de tri postal – soulignant le coût humain de la brèche dans la défense aérienne . Les frappes ont tué des travailleurs, détruit des moyens de subsistance et forcé Kiev à plaider une fois de plus pour les outils de base de l'autodéfense.
L'attaque contre Kiev du 4 au 5 août 2026 a été un rappel brutal que sans une défense aérienne fiable, les villes ukrainiennes restent vulnérables. L'échec à intercepter un seul missile, combiné à une chute de deux tiers des livraisons d'intercepteurs, a transformé une lacune tactique en une crise stratégique. La réponse de l'Occident – en matière de sanctions, d'aide militaire et de volonté politique – déterminera si cette attaque devient un tournant ou le début d'un schéma plus dangereux.