Les principaux indicateurs du T3 de l’exercice 2026 sont les suivants :
Le chiffre d’affaires a dépassé la propre prévision précédente d’Infineon, qui visait environ 4,1 milliards d’euros et avait déjà excédé les attentes du marché . Il s’agit du troisième trimestre consécutif marqué par une accélération de la croissance séquentielle : le groupe était passé de 3,662 milliards d’euros au T1 à 3,812 milliards au T2, avant d’atteindre 4,172 milliards au T3 .
Pour les trois mois se terminant en septembre 2026, Infineon prévoit un chiffre d’affaires d’environ 4,7 milliards d’euros, soit une hausse séquentielle de plus de 12 % et une progression annuelle d’un peu plus de 13 % .
À ce niveau d’activité, la marge de résultat du segment devrait atteindre environ 23 %, contre 19,1 % au troisième trimestre . Infineon anticipe ainsi une « nouvelle hausse significative du chiffre d’affaires et de la marge » .
Le groupe a également relevé sa prévision annuelle pour l’exercice 2026 : la croissance du chiffre d’affaires est désormais qualifiée de « significative », contre « modérée » auparavant. Le chiffre d’affaires annuel devrait atteindre environ 16,3 milliards d’euros, soit une croissance d’environ 11 % . La prévision de flux de trésorerie disponible ajusté a elle aussi été relevée .
Les puces d’Infineon ne sont pas les processeurs qui exécutent directement les modèles d’IA. Elles jouent un rôle essentiel dans les infrastructures qui les alimentent : elles régulent et distribuent l’électricité dans les centres de données, où la demande énergétique augmente avec la multiplication des serveurs dédiés à l’IA.
La direction a indiqué vouloir « redoubler d’efforts » sur ces débouchés . Le directeur général Jochen Hanebeck a décrit les solutions d’alimentation pour l’IA comme le principal moteur de croissance du groupe .
Infineon a relevé à plusieurs reprises ses objectifs de chiffre d’affaires dans ce domaine :
En juin 2026, Gartner a même désigné Infineon comme « l’entreprise à battre » dans le secteur des semi-conducteurs de puissance pour les centres de données d’IA, en mettant en avant l’étendue de son portefeuille et son expertise à l’échelle des systèmes .
Pour répondre à cette demande, le groupe a augmenté de 500 millions d’euros son plan d’investissement pour l’exercice 2026. Celui-ci atteint désormais environ 2,7 milliards d’euros, contre 2,2 milliards prévus initialement .
Une part importante de ces dépenses doit servir à accroître les capacités de production de puces destinées aux centres de données d’IA, notamment sur un site situé à Dresde, en Allemagne . La direction affirme accélérer la montée en capacité plus rapidement que prévu .
Cette accélération répond à une contrainte favorable, mais réelle : Infineon décrit ses revenus liés à l’IA comme limités par l’offre. Autrement dit, la demande serait supérieure à la capacité actuelle de production ; le rythme de croissance dépend donc de la vitesse à laquelle le groupe et ses partenaires peuvent mettre de nouvelles capacités en service .
Le tableau est moins favorable dans les marchés traditionnels d’Infineon. Les clients de l’automobile et de l’industrie restent prudents dans la gestion de leurs stocks, ce qui pèse sur ces activités . La reprise générale du marché des semi-conducteurs, hors IA, demeure donc inégale.
La vigueur des centres de données est toutefois devenue suffisamment importante pour soutenir la croissance globale du groupe malgré cette faiblesse. Le contraste illustre une tendance plus large du secteur : les fabricants très exposés à l’infrastructure de l’IA bénéficient de dépenses toujours élevées, tandis que ceux qui dépendent davantage de l’automobile et de l’industrie restent confrontés à des vents contraires .
La réaction de la Bourse a été plus nuancée que les chiffres de chiffre d’affaires. Les actions Infineon ont reculé le jour de la publication, malgré le record de ventes et le relèvement des prévisions .
Le principal point de déception concernait la rentabilité : le résultat du segment, à 797 millions d’euros, est ressorti légèrement sous le consensus de 809 millions. La marge correspondante, à 19,1 %, a également manqué la prévision moyenne de 19,6 % .
Cela n’efface pas la trajectoire particulièrement dynamique du groupe : 3,662 milliards d’euros de chiffre d’affaires au T1, 3,812 milliards au T2, 4,172 milliards au T3, puis environ 4,7 milliards attendus au T4 . Le marché semble donc considérer que la prochaine étape sera de transformer cette demande exceptionnelle liée à l’IA en marges aussi solides que la croissance des ventes.