Selon des diplomates informés des échanges, Téhéran étudie la possibilité d’autoriser des forces navales européennes à retirer les mines du détroit. Ce changement de position pourrait contribuer à normaliser le trafic maritime et à débloquer les discussions avec les États-Unis .
Le projet n’est pas finalisé. Il nécessiterait notamment des garanties iraniennes, un cessez-le-feu durable et l’accord du CGRI . Surtout, la position affichée par l’Iran n’a pas changé : ses responsables continuent d’affirmer publiquement qu’aucun pays étranger ne sera autorisé à participer aux opérations de déminage .
Ce décalage entre les messages confidentiels et la communication officielle illustre la difficulté de parvenir à un compromis acceptable par les différentes composantes du pouvoir iranien.
Oman demeure le principal canal de dialogue sur la gestion du détroit. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que les négociations avec Mascate étaient dans leur « phase finale » .
Les deux pays ont échangé plusieurs propositions concernant l’organisation du trafic maritime. Téhéran a rejeté un mécanisme omanais de supervision conjointe et présenté une formule concurrente . Les discussions portent notamment sur les itinéraires temporaires, les garanties de navigation et la future administration du passage.
Les pourparlers entre l’Iran et Oman ne constituent pas nécessairement une négociation directe entre Washington et Téhéran. Ils servent plutôt de cadre pratique pour déterminer les conditions d’une reprise de la navigation, alors que les discussions plus larges sur le cessez-le-feu restent indirectes.
Le Qatar joue un rôle de coordination croissant. Son Premier ministre s’est rendu à Mascate en juin pour préparer des discussions associant l’Iran, l’Irak et les États du Golfe . À la fin du mois, des médiateurs qataris ont accueilli séparément les délégations américaine et iranienne à Doha .
Le 4 août, Doha a confirmé que des projets de texte relatifs à un accord de désescalade circulaient entre les parties . Le Qatar, Oman et le Pakistan continuent ainsi de transmettre les propositions et de tenter de réduire les divergences sans organiser, à ce stade, de négociations directes de haut niveau entre Washington et Téhéran .
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré le 4 août que les États-Unis participaient aux discussions entre l’Iran et Oman. Selon lui, un accord pourrait intervenir dès mardi soir ou mercredi .
Donald Trump a fixé puis repoussé à plusieurs reprises des échéances concernant la réouverture du détroit. La dernière date avancée est une échéance à 20 heures mardi, le 5 août, pour parvenir à un accord .
Le président américain a parallèlement durci ses menaces. Dans un message publié sur Truth Social, il a promis de détruire des installations énergétiques et des ponts iraniens si l’Iran ne se conformait pas à ses exigences . Il a également déclaré pouvoir « éliminer l’Iran en une nuit » .
Trump a par ailleurs menacé de détruire un pont ou une centrale électrique après chaque attaque iranienne contre un navire dans le détroit . Ces déclarations accroissent le risque d’une escalade visant des infrastructures civiles si l’échéance est dépassée sans accord.
Les cours du brut ont fortement reculé à la faveur des signaux diplomatiques. Le West Texas Intermediate, la référence américaine, s’est rapproché de 75 dollars le baril après une baisse de plus de 10 % en deux séances. Le Brent a clôturé sous les 80 dollars, une première en plus de trois semaines .
Le pétrole a perdu environ 5 % le 4 août, après des déclarations jugées encourageantes du secrétaire au Trésor américain Scott Bessent et de responsables qataris .
Cette baisse traduit l’espoir d’un retour d’une partie des flux énergétiques. La réouverture du détroit pourrait rétablir le passage d’environ 20 % du pétrole transporté à l’échelle mondiale et faire disparaître la prime de risque accumulée pendant la crise . Il s’agit toutefois d’une réaction de marché à des perspectives diplomatiques, et non de la confirmation d’un accord définitivement conclu.
Le trafic dans le détroit est largement perturbé depuis la fin février 2026, lorsque les États-Unis et Israël ont lancé une campagne aérienne contre l’Iran . Un accord de cessez-le-feu conclu en avril s’est ensuite effondré après la reprise des hostilités. En juillet, Trump a déclaré que l’accord intérimaire était « terminé » .
Les signaux envoyés par Téhéran restent contradictoires. Abbas Araghchi affirme que les discussions avec Oman touchent à leur terme, mais d’autres responsables iraniens déclarent publiquement que le détroit ne retrouvera « jamais » son fonctionnement d’avant-guerre . Les dirigeants iraniens n’ont pas encore approuvé officiellement le projet temporaire de circulation maritime .
L’incertitude demeure renforcée par les incidents sur le terrain : un navire a été touché dans le détroit le 4 août . Tant que le texte de l’accord, les garanties de sécurité et le calendrier du déminage ne seront pas arrêtés, les annonces de progrès resteront réversibles — et l’échéance de Trump continuera de faire peser un risque majeur sur les négociations.