El Niño 2026 : vers un épisode historique, avec l’Amazonie en première ligne
El Niño 2026 se renforce à un rythme exceptionnel : le centre de prévision climatique de la NOAA estime à 81 % la probabilité qu’il figure parmi les épisodes les plus puissants depuis 1950, et à 97 % la probabilité qu... Dans la région Niño3.4, la température de surface de la mer est passée de +0,7 °C par rapport à...
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El Niño 2026 se renforce à un rythme exceptionnel : le centre de prévision climatique de la NOAA estime à 81 % la probabilité qu’il figure parmi les épisodes les plus puissants depuis 1950, et à 97 % la probabilité qu...
Dans la région Niño3.4, la température de surface de la mer est passée de +0,7 °C par rapport à la moyenne le 11 juin à +1,4 °C fin juillet [4].
L’Amazonie, encore fragilisée par la sécheresse de 2023 2024, risque de subir davantage de chaleur, de baisse des niveaux des fleuves et d’incendies [45][46][47].
El Niño est un phénomène naturel, mais il se produit désormais sur fond de réchauffement d’origine humaine d’environ 1,3 °C, ce qui amplifie ses effets [4][10].
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À la fin juillet 2026, El Niño n’est plus une simple hypothèse : le phénomène est installé et se renforce rapidement dans le Pacifique tropical. Dans la zone Niño3.4, l’indice de référence utilisé pour mesurer son intensité, les températures de surface ont atteint +1,4 °C par rapport à la moyenne, contre +0,7 °C le 11 juin .
La NOAA — l’agence météorologique et océanographique américaine — prévoit une intensification jusqu’à la fin de l’année et estime à 97 % la probabilité que l’épisode se prolonge jusqu’au début du printemps 2027 . La question n’est donc plus de savoir si El Niño sera important, mais jusqu’où il pourrait aller et quelles conséquences il pourrait avoir dans un monde déjà exceptionnellement chaud.
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El Niño 2026 se renforce à un rythme exceptionnel : le centre de prévision climatique de la NOAA estime à 81 % la probabilité qu’il figure parmi les épisodes les plus puissants depuis 1950, et à 97 % la probabilité qu... Dans la région Niño3.4, la température de surface de la mer est passée de +0,7 °C par rapport à la moyenne le 11 juin à +1,4 °C fin juillet [4].
Que dois-je faire ensuite en pratique ?
L’Amazonie, encore fragilisée par la sécheresse de 2023 2024, risque de subir davantage de chaleur, de baisse des niveaux des fleuves et d’incendies [45][46][47].
Les dernières projections indiquent un épisode potentiellement hors norme :
La probabilité qu’El Niño 2026 figure parmi les événements les plus puissants du relevé historique depuis 1950 est évaluée à 81 %.
Une prévision publiée par la NOAA en mai estimait à 66 % la probabilité que l’épisode atteigne le niveau dit de « super El Niño », correspondant à un indice Niño3.4 supérieur ou égal à +2,0 °C pendant la période automne-hiver .
23 des 26 modèles utilisés dans le consensus de prévision envisagent l’arrivée d’un super El Niño d’ici la fin de l’année .
En examinant 667 simulations issues de 14 modèles saisonniers, le climatologue Zeke Hausfather a évoqué un épisode « potentiellement capable de battre des records » . Des chercheurs interrogés par Nature le 23 juillet ont estimé qu’il pourrait devenir le plus puissant depuis au moins 150 ans . Ces projections restent des scénarios, et non un résultat déjà établi, mais la vitesse actuelle du réchauffement du Pacifique renforce l’inquiétude.
2026 sera-t-elle l’année la plus chaude jamais enregistrée ?
El Niño ajoute temporairement de la chaleur à une planète qui connaît déjà des températures très élevées. Entre janvier et juin 2026, la température moyenne de surface du globe était de +1,14 °C par rapport à la référence, soit le troisième premier semestre le plus chaud des 177 années de relevés, derrière 2024 et 2025 .
Les estimations diffèrent encore selon les jeux de données et la date à laquelle El Niño atteindra son maximum :
Carbon Brief évaluait à 35 % la probabilité que 2026 devienne l’année la plus chaude jamais mesurée, une hausse presque deux fois plus importante en quatre mois, principalement liée au renforcement des prévisions concernant El Niño .
L’équipe de James Hansen, à l’université Columbia, estime pour sa part que 2026 est en bonne voie pour battre le record annuel établi en 2024, sur la base d’une approche fondée sur la physique du climat .
L’Organisation météorologique mondiale (OMM) estime à 86 % la probabilité qu’au moins une année entre 2026 et 2030 dépasse le record de chaleur de 2024. Selon l’OMM, 2027 pourrait être l’année où l’effet complet d’El Niño se ferait sentir .
Une estimation plus prudente de Carbon Brief donnait à 2026 une probabilité de 19 % de dépasser 2024, tout en la plaçant probablement au deuxième rang des années les plus chaudes .
Cette fourchette s’explique surtout par le calendrier. Si le pic d’El Niño intervient suffisamment tôt, son influence pourra peser sur la moyenne de 2026. S’il se décale vers la fin de l’année, une grande partie de la chaleur pourrait être comptabilisée en 2027 .
L’Amazonie face à un risque de bascule
L’Amazonie est l’un des écosystèmes les plus vulnérables à la combinaison d’une nouvelle phase chaude et sèche avec les séquelles de la sécheresse de 2023-2024.
Une étude publiée dans PNAS en avril 2026 estime que 53,7 % des zones de forêt intacte touchées par cette sécheresse n’auront toujours pas retrouvé leur état initial au bout de sept ans . La perte de biomasse réduit la capacité de la forêt à recycler l’eau et à maintenir son microclimat.
Des travaux dirigés par l’Institut national brésilien de recherches spatiales (INPE) indiquent par ailleurs que l’Amazonie brésilienne connaît déjà des saisons sèches plus longues et des changements de précipitations qui étaient auparavant attendus pour les années 2030 ou 2040 . Sa capacité à absorber un nouveau choc climatique s’érode donc plus rapidement que prévu.
Lors du précédent épisode d’El Niño, en 2023-2024, les températures amazoniennes avaient dépassé de 2 à 4 °C la moyenne historique de la forêt . Un épisode plus intense pourrait aggraver :
le risque d’incendies dans le nord-est de l’Amazonie, le nord du Brésil, la Colombie et le Venezuela ;
l’assèchement des sols et de la végétation ;
la baisse rapide du niveau des fleuves ;
la mortalité des arbres et la dégradation durable de la forêt .
Face à cette menace, le Brésil a augmenté les crédits consacrés à la lutte contre les incendies et recruté un nombre record de pompiers fédéraux . Le consortium World Weather Attribution a aussi averti que 2026 pourrait connaître une année mondiale d’incendies « sans précédent », sous l’effet combiné d’El Niño, de la chaleur et de la sécheresse .
Un phénomène naturel amplifié par le réchauffement climatique
El Niño est une oscillation naturelle du système climatique : le réchauffement périodique des eaux du Pacifique tropical modifie les vents, les précipitations et les températures dans de nombreuses régions du monde. Mais il se déroule aujourd’hui sur un socle de réchauffement d’origine humaine d’environ 1,3 °C.
C’est cette superposition qui rend la situation particulièrement préoccupante. El Niño fournit un apport de chaleur temporaire, tandis que les émissions de gaz à effet de serre ont déjà relevé durablement la température de référence. Un épisode d’intensité comparable frappe donc une planète plus chaude qu’auparavant, avec des effets potentiellement plus sévères.
Le retour d’El Niño seulement trois ans après le précédent épisode est également inhabituel. L’équipe de James Hansen avance que le réchauffement de fond pourrait modifier la dynamique du cycle ENSO — l’oscillation australe El Niño — lui-même . D’autres chercheurs soulignent que le changement climatique rend les conséquences régionales moins prévisibles et perturbe certains schémas météorologiques traditionnellement associés à El Niño .
Pourquoi les appels à la préparation se multiplient
Les alertes ne portent pas uniquement sur les températures mondiales. Un El Niño puissant peut déplacer les régimes de pluie, aggraver les sécheresses dans certaines régions, favoriser les inondations dans d’autres et perturber l’agriculture, les ressources en eau, la santé publique et la sécurité alimentaire.
Plusieurs organismes demandent donc d’agir avant le pic attendu de l’épisode :
L’OMM a activé ses alertes El Niño le 2 juin et appelé les pays à renforcer leurs systèmes d’alerte précoce, alors que des températures supérieures à la normale sont attendues dans « presque toutes les régions » .
Les agences des Nations unies, dont l’OCHA, la FAO et le PAM, ont averti que les populations déjà confrontées à la faim, aux déplacements et aux difficultés économiques risquaient de subir un nouveau choc climatique .
Le Centre commun de recherche de la Commission européenne recommande des mesures d’adaptation anticipées dans les domaines de l’alimentation, de l’eau, de la santé et de la prévention des catastrophes .
La NOAA et le service météorologique national américain soulignent que la fenêtre de préparation se réduit à mesure que le risque d’un épisode historique augmente .
World Weather Attribution et plusieurs climatologues appellent à accélérer les investissements dans l’adaptation, en particulier dans les régions tropicales exposées au cumul chaleur-sécheresse-incendies .
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a résumé le risque ainsi : « Les conditions El Niño vont jeter de l’huile sur le feu d’un monde qui se réchauffe. Les impacts seront encore plus forts, iront encore plus loin et franchiront les frontières à une vitesse dévastatrice » .
À retenir
El Niño 2026 se renforce beaucoup plus vite que prévu et présente une probabilité élevée de figurer parmi les épisodes les plus puissants jamais observés. Les modèles envisagent un super El Niño, mais son intensité finale et son calendrier restent à confirmer.
Le phénomène pourrait contribuer à faire de 2026 — ou plus probablement de 2027 si le pic est tardif — l’année la plus chaude jamais enregistrée. L’Amazonie apparaît comme l’un des points de fragilité les plus critiques : elle aborde cette nouvelle phase de sécheresse après un épisode dont une grande partie des effets devrait encore persister plusieurs années. Pour les scientifiques et les agences humanitaires, le message est clair : les systèmes d’alerte, la protection des ressources en eau, la prévention des incendies et l’adaptation doivent être renforcés avant que l’épisode n’atteigne son maximum.
cnn.com
El Niño is coming faster than expected and chances are rising that it will be historically strong