Tesla–SpaceX : ce que disait vraiment le rapport du Wall Street Journal sur les activités en Chine
Elon Musk a qualifié de « fake news » et d’« absurdément fausse » l’information du Wall Street Journal selon laquelle Tesla envisagerait de séparer ses activités chinoises avant une éventuelle fusion avec SpaceX. Le rapport évoquait plusieurs options : scission, vente ou fermeture des opérations de Tesla en Chine.
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Elon Musk a qualifié de « fake news » et d’« absurdément fausse » l’information du Wall Street Journal selon laquelle Tesla envisagerait de séparer ses activités chinoises avant une éventuelle fusion avec SpaceX.
Le rapport évoquait plusieurs options : scission, vente ou fermeture des opérations de Tesla en Chine.
La Gigafactory de Shanghai peut produire plus de 950 000 véhicules par an, a représenté environ 52 % des livraisons mondiales de Tesla en 2025 et s’approvisionne à plus de 95 % auprès de fournisseurs locaux.
Une opération réunissant Tesla et SpaceX devrait surmonter des obstacles majeurs aux États Unis comme en Chine, notamment en matière de sécurité nationale, d’autorisations réglementaires et de gouvernance.
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Le 30 juillet 2026, un article du Wall Street Journal a fait l’effet d’une bombe dans le monde de la finance : Tesla étudierait une séparation de ses activités en Chine afin de faciliter une éventuelle fusion avec SpaceX. Elon Musk, dirigeant des deux entreprises, a réagi quelques heures plus tard sur X en dénonçant une information « fake news », puis « absurdément fausse ».
Mais que disait exactement le rapport ? Et même si Musk nie toute discussion en ce sens, quelles tensions pourraient rendre une telle opération si difficile ?
Ce qu’affirmait le Wall Street Journal
Selon le quotidien américain, Tesla aurait envisagé de mettre à part ses opérations chinoises pour lever un obstacle potentiel à une fusion avec SpaceX . Le rapport citait notamment les éléments suivants :
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Elon Musk a qualifié de « fake news » et d’« absurdément fausse » l’information du Wall Street Journal selon laquelle Tesla envisagerait de séparer ses activités chinoises avant une éventuelle fusion avec SpaceX.
Quels sont les points clés à valider en premier ?
Elon Musk a qualifié de « fake news » et d’« absurdément fausse » l’information du Wall Street Journal selon laquelle Tesla envisagerait de séparer ses activités chinoises avant une éventuelle fusion avec SpaceX. Le rapport évoquait plusieurs options : scission, vente ou fermeture des opérations de Tesla en Chine.
Que dois-je faire ensuite en pratique ?
La Gigafactory de Shanghai peut produire plus de 950 000 véhicules par an, a représenté environ 52 % des livraisons mondiales de Tesla en 2025 et s’approvisionne à plus de 95 % auprès de fournisseurs locaux.
certains dirigeants de Tesla auraient été invités à se préparer à une telle séparation ;
les conseillers de l’entreprise auraient étudié plusieurs scénarios, dont une scission, une vente ou la fermeture des activités chinoises ;
Elon Musk aurait structuré l’activité chinoise de Tesla de manière à pouvoir la séparer relativement facilement de l’entité américaine, en raison des tensions géopolitiques ;
la présence d’une importante activité chinoise dans un groupe combinant Tesla et SpaceX pourrait poser un problème réglementaire et de sécurité nationale, compte tenu des liens étroits de SpaceX avec la défense américaine .
Le Wall Street Journal ne présentait toutefois pas cette opération comme finalisée. Les modalités et le calendrier restaient incertains, et le projet pouvait encore évoluer.
La réponse d’Elon Musk et de Tesla Chine
Elon Musk a rejeté catégoriquement l’information. Sur X, il a écrit que l’idée de vendre l’activité chinoise de Tesla n’avait « jamais même été évoquée lors d’une discussion » et a qualifié le rapport de « fake news » et d’« absurdément fausse » .
Tesla Chine a, de son côté, démenti l’article auprès de médias locaux, le qualifiant de « fausse information » .
Ce démenti ne confirme donc aucun projet de séparation. Il n’efface cependant pas les difficultés stratégiques qui seraient posées par une éventuelle combinaison de Tesla et de SpaceX.
Pourquoi Shanghai est essentielle pour Tesla
La Gigafactory de Shanghai n’est pas une simple implantation régionale. Elle constitue l’un des principaux piliers industriels et commerciaux de Tesla dans le monde.
L’usine dispose d’une capacité annuelle de production supérieure à 950 000 véhicules.
En 2025, elle aurait produit environ 851 000 véhicules, soit plus de la moitié des livraisons mondiales de Tesla, qui s’élevaient à environ 1,63 million d’unités — une proportion proche de 52 %.
Plus de 95 % des composants des véhicules fabriqués à Shanghai proviennent de fournisseurs locaux. L’écosystème régional compte plus de 400 fournisseurs chinois, principalement dans le delta du Yangtsé .
En décembre 2025, le site a franchi le cap de son 4 millionième véhicule, un peu plus de six ans après son entrée en activité .
Shanghai sert également de plateforme d’exportation majeure vers l’Europe, l’Asie-Pacifique et d’autres marchés .
Séparer cette activité reviendrait donc à isoler le plus grand site de production de Tesla, un centre d’exportation mondial et son principal marché hors des États-Unis. Une telle décision aurait des conséquences industrielles et commerciales considérables.
Le principal obstacle : les liens de SpaceX avec la défense américaine
Même si le scénario décrit par le Wall Street Journal était inexact, le conflit potentiel entre les intérêts de Tesla en Chine et ceux de SpaceX aux États-Unis est tangible.
Examen de la sécurité nationale aux États-Unis
Une opération réunissant une entreprise fortement implantée en Chine et une société détenant des contrats de défense américains sensibles serait susceptible d’attirer l’attention du Committee on Foreign Investment in the United States (CFIUS), le comité américain chargé d’examiner les investissements étrangers présentant un risque pour la sécurité nationale. Les autorités pourraient s’inquiéter d’un éventuel transfert de technologies ou d’informations vers la Chine .
SpaceX, un fournisseur stratégique du gouvernement américain
SpaceX fournit notamment des services de lancement pour les missions de sécurité nationale américaines, ainsi que Starshield, la version de Starlink destinée aux usages militaires, et d’autres programmes classifiés. Des sénateurs américains, dont Elizabeth Warren, ont déjà présenté SpaceX comme un contractant essentiel du département de la Défense et demandé des explications sur la possibilité que des capitaux chinois aient pu accéder à des actions de l’entreprise par l’intermédiaire de sociétés ou d’intermédiaires .
Dans son document S-1, SpaceX se décrit comme le « principal fournisseur de lancements du gouvernement américain ». En 2025, l’entreprise a assuré 11 des 12 missions de moyenne et lourde capacité du programme National Security Space Launch.
Des autorisations à obtenir dans plusieurs pays
Les analystes de JPMorgan ont décrit l’obtention simultanée des autorisations réglementaires comme un « goulot d’étranglement pratique ». Les autorités américaines pourraient vouloir limiter tout lien entre les contrats de défense de SpaceX et les activités chinoises de Tesla. De son côté, la Chine pourrait s’opposer à une restructuration réduisant l’engagement industriel local de Tesla .
Pékin dispose également de moyens de contrôle sur les opérations étrangères susceptibles de toucher ses intérêts nationaux. Une transaction qui détournerait des investissements ou des technologies de la Chine pourrait donc être soumise à des conditions strictes, voire bloquée .
Une gouvernance difficile à équilibrer
La répartition du pouvoir entre les deux sociétés compliquerait encore l’opération. Elon Musk contrôlerait environ 85 % des droits de vote de SpaceX, contre environ 20 % de ceux de Tesla. Cette asymétrie pourrait donner l’impression qu’il s’agit davantage d’une acquisition de Tesla par SpaceX que d’une fusion entre deux entreprises de poids égal .
Les entreprises de Musk font par ailleurs l’objet d’une surveillance gouvernementale persistante. Selon une enquête du Sénat américain, des procédures judiciaires, enquêtes et mesures coercitives étaient en cours début 2025 auprès d’au moins huit agences fédérales, avec une exposition potentielle dépassant 2,37 milliards de dollars .
Ce qu’il faut retenir
Elon Musk nie fermement que la vente ou la séparation de l’activité chinoise de Tesla ait été discutée, et Tesla Chine parle de « fausse information ». Le rapport du Wall Street Journal n’en reste pas moins révélateur d’un dilemme stratégique : la Gigafactory de Shanghai est indispensable à l’appareil industriel de Tesla, tandis que SpaceX occupe une position particulièrement sensible dans l’écosystème de défense américain.
Une fusion entre les deux entreprises devrait donc suivre une ligne de crête entre les exigences de Washington et les intérêts réglementaires de Pékin. Les deux gouvernements disposeraient de leviers suffisamment importants pour compliquer, retarder ou empêcher une telle opération.