Lou D’Ambrosio dirigera AlphaAI avec le titre nouvellement créé de président de l’intelligence artificielle pour la gestion d’actifs .
Son parcours au sein de Goldman Sachs en fait un profil central pour cette mission :
Cette nomination donne à AlphaAI un poids qui dépasse celui d’un simple projet technologique. Elle positionne la plateforme comme une initiative stratégique directement liée à la manière dont Goldman Sachs cherche à générer de la performance.
Le lancement s’accompagne d’un changement de responsabilités. Darius Adamczyk, qui codirigeait jusqu’à présent le Value Accelerator, en deviendra le responsable mondial, avec également la supervision des opérations de portefeuille .
Le Value Accelerator aide les entreprises détenues dans les portefeuilles de Goldman Sachs à se développer et à créer de la valeur en s’appuyant sur le réseau et les ressources opérationnelles du groupe . Le transfert de cette activité à Adamczyk permet à D’Ambrosio de se concentrer sur le déploiement d’AlphaAI.
AlphaAI s’inscrit dans une course plus large menée par les banques et les gestionnaires d’actifs. L’IA n’est plus cantonnée aux fonctions administratives : les établissements financiers cherchent désormais à l’intégrer à leurs processus d’investissement et à leurs stratégies de portefeuille.
Goldman Sachs Research estime que les grandes entreprises technologiques qui fournissent des infrastructures de cloud et d’IA — souvent appelées hyperscalers — consacreront environ 527 milliards de dollars à leurs dépenses d’investissement en 2026, contre 465 milliards de dollars dans les estimations formulées en début d’année . Cette accélération reflète l’ampleur des infrastructures nécessaires pour entraîner et exploiter les modèles d’IA.
Goldman Sachs a déjà déployé un assistant d’IA générative auprès d’environ 10 000 salariés en juin 2025 . En mai 2026, son président et directeur des opérations, John Waldron, a aussi détaillé un projet visant à utiliser des « robots » — des agents numériques — pour automatiser une partie de ce qu’il a appelé la « chaîne de montage humaine » de l’entreprise. Il a toutefois affirmé que cette évolution ne provoquerait pas de licenciements massifs .
La banque a par ailleurs renforcé ses équipes spécialisées : elle a recruté Daniel Marcu au poste de responsable mondial de l’ingénierie et des sciences de l’IA au début de 2025. Son directeur des systèmes d’information, Marco Argenti, pilote également la stratégie du groupe dans ce domaine, notamment à travers des expérimentations avec l’agent de programmation Devin, développé par Cognition Labs .
Cette orientation s’inscrit dans le programme pluriannuel OneGS 3.0, présenté comme une refonte du fonctionnement de Goldman Sachs et une tentative d’intégrer l’IA à l’ensemble de ses opérations .
Le lancement marque donc un changement de cap. Goldman Sachs ne se contente plus d’utiliser l’IA pour gagner du temps ou améliorer la productivité de ses équipes : le groupe veut en faire un outil central de création de valeur et de performance d’investissement.
AlphaAI illustre ainsi le passage progressif vers une gestion d’actifs où les données, les modèles d’IA et l’expertise humaine sont appelés à fonctionner ensemble. Pour les banques et les sociétés de gestion, la capacité à intégrer ces technologies dans les décisions d’investissement pourrait devenir un facteur de compétitivité aussi important que l’accès au capital ou aux talents.