Avec une capacité de 400 000 barils par jour, le site représente une quantité importante de produits raffinés retirée temporairement du marché . Les réparations étaient provisoirement attendues pour le 15 août .
L’impact n’est toutefois pas uniforme selon les carburants. Jazan est une raffinerie particulièrement riche en diesel : son arrêt réduit donc de manière disproportionnée l’offre de distillats moyens, une catégorie qui comprend notamment le gazole et certains carburants destinés au transport et à l’agriculture .
Dans une analyse publiée le 30 juillet, Goldman Sachs décrit le diesel comme étant « au cœur » du resserrement actuel de l’offre de carburants . Le constat de la banque repose sur plusieurs facteurs qui se renforcent mutuellement :
Les perturbations du transport maritime au niveau du détroit d’Ormuz et les interruptions de production au Moyen-Orient affectent ainsi davantage les produits raffinés que le pétrole brut lui-même . L’augmentation de la production en Amérique et en Afrique n’a compensé qu’environ un tiers des volumes perdus .
La fermeture de Jazan ne crée pas à elle seule la pénurie de diesel. Elle constitue un choc d’offre supplémentaire dans un système déjà fragilisé par la baisse des stocks, les arrêts de raffineries et la contraction des échanges internationaux.
Goldman Sachs avait déjà prévu que les marges sur les produits raffinés resteraient très élevées pendant le reste de 2026. Pour le diesel, elles pourraient se situer 19 à 26 dollars par baril au-dessus des niveaux d’avant-guerre . La banque avait également alerté sur le risque d’une forte tension sur le diesel américain en août, alors que les stocks atteignaient leur plus bas niveau depuis 2003 .
Le calendrier de l’incident est particulièrement défavorable. L’arrêt de Jazan coïncide avec une période de forte demande saisonnière dans l’hémisphère Nord, notamment pour le transport routier, les travaux agricoles et la logistique. Chaque semaine supplémentaire de fermeture retirerait donc jusqu’à 400 000 barils par jour, principalement sous forme de produits riches en diesel, d’un marché déjà très tendu .
La date du 15 août constituait une échéance provisoire pour les réparations et la reprise des opérations . Toute prolongation aurait accentué le déséquilibre entre l’offre et la demande, en particulier si d’autres raffineries ou routes maritimes restaient perturbées.
Goldman Sachs s’attend à ce que les marges sur les carburants raffinés restent élevées jusqu’à la fin de 2026 . Au-delà de l’attaque de Jazan, la banque met en avant des facteurs plus structurels : un déficit mondial de capacités de raffinage, l’accélération des fermetures de raffineries en Europe, le recul de la production de diesel en Chine et une offre limitée de bruts lourds .
La conclusion est donc nuancée : la raffinerie de Jazan ne suffit pas à expliquer le choc actuel, mais sa mise à l’arrêt intervient au pire moment. Elle retire une source importante de diesel alors que le raffinage mondial ralentit, que les exportations se contractent et que les stocks s’amenuisent. Pour Goldman Sachs, cette combinaison fait du diesel le principal point de tension du marché pétrolier .