Les forces ukrainiennes ont déclaré avoir abattu ou neutralisé 320 des 358 cibles, dont un missile balistique, 54 missiles de croisière et 265 drones . Ce bilan souligne toutefois une différence cruciale : les drones peuvent souvent être brouillés ou détruits avec des moyens moins coûteux, tandis que les missiles balistiques exigent des intercepteurs spécialisés, rares et onéreux.
L’attaque comportait un nombre particulièrement élevé de missiles. Pour le Critical Threats Project, cette composition visait notamment à exploiter le manque d’intercepteurs balistiques dont souffre l’Ukraine . Les systèmes Patriot, et les équipements de catégorie comparable, ne sont pas disponibles en quantité suffisante pour protéger simultanément toutes les villes et infrastructures stratégiques du pays.
La Russie dispose ainsi d’un moyen de saturer les défenses ukrainiennes en combinant missiles et drones. Même lorsque le taux d’interception des drones reste élevé, quelques missiles qui franchissent les défenses peuvent infliger des dégâts importants aux infrastructures et aux zones civiles.
L’expression employée par Zelensky traduit une contrainte stratégique : l’Ukraine ne peut pas compter uniquement sur davantage de systèmes occidentaux, dont la production et les livraisons prennent du temps. Elle cherche donc à développer des moyens complémentaires, potentiellement dans les domaines de la guerre électronique, de la déception ou de l’interception par drones. Ces pistes sont évoquées comme des orientations possibles, mais leur contenu précis n’a pas été confirmé publiquement .
Cette approche ne signifie pas que Kyiv renonce à demander des Patriot. Elle révèle plutôt une stratégie à deux niveaux : obtenir des intercepteurs supplémentaires auprès des alliés tout en accélérant la mise au point de solutions nationales adaptées à la menace balistique.
Après l’attaque, Zelensky a de nouveau fait pression sur les pays de l’Otan, notamment lors du sommet d’Ankara et au cours d’échanges bilatéraux. Il a résumé la position ukrainienne en affirmant que son pays pouvait « tout gérer seul » dans d’autres domaines, mais qu’il dépendait de la détermination de ses partenaires pour la défense aérienne .
La réunion stratégique du 30 juillet est toutefois notable parce qu’elle ne s’est pas limitée à un appel à l’aide extérieure. En approuvant des mesures technologiques et une réorganisation des unités, la direction ukrainienne se prépare aussi à un scénario dans lequel les livraisons d’intercepteurs resteraient limitées .
En résumé, l’attaque révèle un déséquilibre persistant : la Russie conserve l’initiative dans la guerre aérienne et peut concentrer un volume considérable de projectiles, tandis que l’Ukraine doit combiner aide internationale, adaptation de ses forces et innovation technologique pour combler son déficit de défense antimissile.