Cobalt congolais : une filière d'exportation massive d'uranium non déclaré découverte par des chercheurs
Entre 2000 et 2024, 2 000 à 5 000 tonnes d'uranium naturel ont été exportées de RDC sans être déclarées à l'AIEA, dissimulées dans des cargaisons d'hydroxyde de cobalt. Moins de 10 % de cette matière a été officiellement déclarée et placée sous garanties de l'AIEA ; la quasi totalité des exportations a transité vers...
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Entre 2000 et 2024, 2 000 à 5 000 tonnes d'uranium naturel ont été exportées de RDC sans être déclarées à l'AIEA, dissimulées dans des cargaisons d'hydroxyde de cobalt.
Moins de 10 % de cette matière a été officiellement déclarée et placée sous garanties de l'AIEA ; la quasi totalité des exportations a transité vers la Chine, qui concentre 95 % des raffineries mondiales de cobalt.
La quantité d'uranium non déclaré est suffisante pour produire du combustible fissile pour 600 à 1 500 armes nucléaires, ou pour alimenter un réacteur nucléaire standard pendant 10 à 25 ans.
Entre 1 000 et 4 000 tonnes d'uranium ont été rejetées dans les résidus miniers sous des formes chimiquement mobiles, menaçant la santé des mineurs et des communautés locales par inhalation de poussières radioactives...
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Une étude publiée le 30 juillet 2026 dans la revue Nature Communications par Ryan Manzuk (université de Princeton) et Sébastien Philippe (université du Wisconsin–Madison) révèle que d'importantes quantités d'uranium ont été extraites et exportées de la République démocratique du Congo (RDC) par le biais de sa filière d'approvisionnement en cobalt au cours des 25 dernières années, la plupart des expéditions étant passées inaperçues des systèmes de contrôle internationaux .
Quantité estimée exportée : Entre 2 000 et 5 000 tonnes métriques d'uranium naturel ont été exportées de RDC, mélangées à des cargaisons d'hydroxyde de cobalt entre 2000 et 2024 . Moins de 10 % de cette matière semble avoir été déclarée publiquement et placée sous les garanties de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) . La grande majorité des expéditions a été dirigée vers la Chine, qui abrite environ 95 % des raffineries de cobalt dans le monde . Cette quantité d'uranium non déclaré est suffisante pour produire du combustible fissile pour environ 600 à 1 500 armes nucléaires, ou pour alimenter un réacteur nucléaire à eau légère standard pendant 10 à 25 ans .
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Entre 2000 et 2024, 2 000 à 5 000 tonnes d'uranium naturel ont été exportées de RDC sans être déclarées à l'AIEA, dissimulées dans des cargaisons d'hydroxyde de cobalt.
Quels sont les points clés à valider en premier ?
Entre 2000 et 2024, 2 000 à 5 000 tonnes d'uranium naturel ont été exportées de RDC sans être déclarées à l'AIEA, dissimulées dans des cargaisons d'hydroxyde de cobalt. Moins de 10 % de cette matière a été officiellement déclarée et placée sous garanties de l'AIEA ; la quasi totalité des exportations a transité vers la Chine, qui concentre 95 % des raffineries mondiales de cobalt.
Que dois-je faire ensuite en pratique ?
La quantité d'uranium non déclaré est suffisante pour produire du combustible fissile pour 600 à 1 500 armes nucléaires, ou pour alimenter un réacteur nucléaire standard pendant 10 à 25 ans.
Uranium abandonné dans les résidus miniers : On estime que 1 000 à 4 000 tonnes métriques d'uranium ont été rejetées dans les résidus miniers (les déchets de l'exploitation minière), sous des formes chimiquement mobiles .
Risques pour la sécurité et la santé :
Prolifération nucléaire : Cet uranium n'étant ni déclaré ni officiellement répertorié, aucun encadrement n'en limite l'utilisation finale ; il pourrait alimenter un programme nucléaire civil ou militaire sans aucune supervision .
Risques environnementaux et sanitaires : L'uranium présent dans les résidus se trouve sous des formes chimiquement mobiles, qui peuvent être transportées par les eaux de pluie ou les eaux souterraines, posant des risques d'inhalation de poussières radioactives, de contamination de l'eau et des sols pour les mineurs et les communautés environnantes .
Actions recommandées par les chercheurs :
Mener un audit national exhaustif de l'exploitation minière en RDC et établir de nouvelles règles pour séparer l'uranium de la chaîne d'approvisionnement en cobalt .
Mettre en œuvre une mesure systématique de la teneur en uranium des cargaisons d'hydroxyde de cobalt ainsi qu'un monitoring radiologique des travailleurs .
Créer des mécanismes de surveillance afin de garantir une exploitation minière respectueuse de l'environnement .
À terme, empêcher les exportations d'uranium en raffinant le cobalt en métal directement en RDC, plutôt que d'exporter de l'hydroxyde de cobalt brut .
Une meilleure comptabilisation de l'extraction et des expéditions d'uranium est une première étape urgente .