Effondrement de la croissance de l'offre mondiale de GNL – Avant la crise, l'offre mondiale de GNL devait croître d'environ 11 % sur un an. La guerre a réduit cette projection à seulement 1 %, car les nouvelles capacités du Qatar, des États-Unis et d'ailleurs sont soit perturbées, soit retardées, soit détournées vers l'Asie .
Sécheresse persistante du Rhin et quatrième vague de chaleur – Une quatrième vague de chaleur estivale a fait chuter le Rhin à des niveaux proches des records. Au point de passage critique de Kaub, les niveaux d'eau étaient déjà tombés à 28 cm le 28 juillet – le plus bas depuis 2018 – avec des prévisions pointant vers environ 24 cm et potentiellement 20 cm . Les barges ne naviguent qu'à environ 20 % de leur capacité, ce qui augmente fortement les coûts de fret et limite le transport de charbon, de fioul de chauffage et de matières premières vers les centrales électriques et les industriels allemands et suisses .
Stocks de gaz de l'UE à des niveaux critiques – Fin juillet 2026, les stocks de gaz de l'UE se situent à environ 53-55 % de leur capacité, soit environ 12 à 15 points de pourcentage en dessous de la norme saisonnière des cinq dernières années et le niveau le plus bas pour un mois de juillet depuis 2021 . Les taux d'injection début juillet étaient les plus lents pour cette date depuis six ans . Le PDG d'Equinor a déclaré que l'Europe manquera probablement son objectif de stockage de 80 % avant l'hiver .
Flambée des prix du TTF néerlandais – Les contrats à terme du TTF néerlandais pour le mois à venir ont brièvement dépassé les 60 €/MWh le 20 juillet et s'échangeaient à 61,63 € le 29 juillet, soit environ 37 % de plus qu'un mois plus tôt et environ 75 % de plus sur un an . Les prix au comptant sont plus de 50 % au-dessus de leurs plus bas de juin .
Le Groupe de coordination pour le gaz de la Commission européenne a déclaré publiquement (le 1er juillet) qu'il n'y avait "pas de préoccupation immédiate" pour la sécurité d'approvisionnement en gaz de l'hiver, estimant qu'un remplissage de 80 % des stocks d'ici la fin de l'été serait suffisant . Cette position officielle contraste fortement avec les avertissements des analystes, des traders et des entreprises énergétiques. La divergence vient de la conviction de la Commission que la destruction de la demande, les importations de GNL hors Ormuz et les alternatives par gazoduc pourraient combler le déficit – un point de vue que les acteurs du marché jugent dangereusement optimiste compte tenu du rythme actuel des injections et de la concurrence asiatique pour les cargaisons spot .
La conjugaison de la fermeture d'Ormuz (bloquant le GNL qatari), de l'effondrement de la croissance de l'offre (11 % → 1 %), des niveaux record du Rhin (Kaub ~24-28 cm et en baisse) et du retard de stockage (~53-55 % contre ~64 % il y a un an) crée un déficit structurel qui ne peut être comblé facilement avant l'hiver. Le marché intègre ce risque avec un TTF au-dessus de 60 €/MWh. Que cette situation se transforme en crise généralisée dépendra des températures hivernales, de la réouverture éventuelle d'Ormuz et de l'agressivité des acheteurs asiatiques en compétition pour les cargaisons restantes.