Les relations UE États Unis sur la régulation numérique sont au plus bas, Washington utilisant enquêtes commerciales, sanctions et accords bilatéraux pour faire plier Bruxelles. Le PDG sortant d'Ericsson, Börje Ekholm, critique vivement l'environnement réglementaire européen, qu'il juge « dangereux » et comparable à...

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Voici l'état des lieux, preuves à l'appui, des tensions transatlantiques sur la régulation numérique à la mi-2026.
La relation entre les États-Unis et l'Union européenne en matière de régulation du numérique s'est dégradée en une confrontation ouverte. Washington utilise des outils de pression commerciale, des interdictions de visa et des clauses dans des accords bilatéraux pour contraindre l'UE à assouplir ou suspendre l'application de ses textes phares – le Digital Markets Act (DMA) et le Digital Services Act (DSA) – tandis que Bruxelles résiste par la voie judiciaire et maintient sa trajectoire réglementaire.
Le PDG sortant d'Ericsson, Börje Ekholm, est l'un des dirigeants européens les plus virulents contre l'environnement réglementaire du Vieux Continent. Il a qualifié la quête de souveraineté technologique européenne de « dangereuse » , comparé l'Europe à un « musée » technologique distancé par la Chine sur l'IA
, et averti que sans consolidation et dérégulation, Ericsson continuerait de délocaliser ses investissements hors d'Europe
. Il a également souligné que la connectivité à l'aéroport londonien d'Heathrow est moins bonne qu'à Mumbai
.
Note de vérification sur la citation exacte : L'expression « shitty neighbourhood » (quartier pourri) n'a pas été retrouvée dans les articles de Bloomberg, CNBC ou autres médias couvrant directement les propos d'Ekholm. Il a bien décrit le marché européen comme « le plus faible du monde » et l'approche réglementaire comme « dangereuse »
, mais la formule « quartier pourri » n'apparaît pas dans les sources disponibles. Il pourrait s'agir d'une paraphrase ou d'une citation issue d'un entretien non référencé. Le fond de sa critique est, lui, solidement étayé.
Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a fait de la confrontation sur la régulation numérique un axe central de son action. En décembre 2025, il s'est dit « déçu » du traitement réservé par l'UE aux entreprises technologiques américaines, estimant que les enquêtes du DMA violaient un engagement bilatéral à éliminer les « barrières commerciales numériques injustifiées » . L'organisation Consumer Technology Association (CTA) l'a officiellement exhorté à agir contre le DMA, le qualifiant de régime discriminatoire ciblant les firmes américaines
.
L'administration Trump-Greer a lancé une vague d'enquêtes sans précédent au titre de la Section 301 de la loi américaine sur le commerce. Le 12 mai 2026, des enquêtes ont été ouvertes contre 60 économies . Bien que beaucoup ciblent le travail forcé et les politiques industrielles, la menace d'une enquête spécifiquement dirigée contre la régulation numérique européenne est un outil récurrent dans la campagne de pression de Greer
.
Dans une escalade majeure, le Département d'État américain a imposé en janvier 2026 des restrictions de visa à cinq fonctionnaires européens impliqués dans la rédaction et la mise en œuvre du DMA et du DSA . Le Wall Street Journal a rapporté que les États-Unis ont sanctionné (interdit d'entrée) un ancien haut fonctionnaire de l'UE spécifiquement pour son rôle dans l'élaboration de la loi sur les contenus numériques
. Le Center for Strategic and International Studies (CSIS) a qualifié ces mesures de « plus directes jamais prises contre la régulation numérique européenne »
.
Le 8 juillet 2026, la Cour générale de l'Union européenne, siégeant à Luxembourg, a rejeté l'intégralité des recours d'Apple contestant sa désignation comme « contrôleur d'accès » (gatekeeper) au titre du DMA, concernant l'App Store et iOS (affaires T-1079/23, T-1080/23 et T-214/24) . La Cour a jugé qu'Apple doit se conformer aux obligations du DMA – notamment autoriser les magasins d'applications concurrents et le sideloading – et que nombre de ses arguments étaient prématurés et ne pourraient être soulevés que contre des décisions d'exécution spécifiques
. Il s'agissait du premier test judiciaire majeur du DMA, et l'UE en est sortie victorieuse.
Ce différend sur la régulation numérique s'inscrit dans une détérioration plus large des relations transatlantiques. Greer intègre des dispositions contre la régulation numérique dans les accords commerciaux bilatéraux. Selon une analyse détaillée du CSIS de mars 2026, les États-Unis poursuivent une « nouvelle doctrine de confinement » – utilisant les accords commerciaux pour stopper la régulation numérique à l'étranger . L'analyse indique que Washington insère des clauses qui restreignent la capacité des signataires à imposer des exigences de localisation des données, des taxes sur les services numériques et des mesures de régulation des plateformes qui affecteraient de manière disproportionnée les entreprises technologiques américaines.
Note de vérification sur « au moins neuf pays » : Les sources disponibles (CSIS et analyses de droit commercial) décrivent un effort systématique des États-Unis pour intégrer des clauses anti-régulation numérique dans des accords bilatéraux et identifient plusieurs pays cibles, mais un décompte précis de « neuf pays » n'a pas été confirmé dans les résultats de recherche. Le rapport du CSIS et d'autres articles décrivent une campagne large et multifront, sans énumérer exactement neuf accords bilatéraux. Ce chiffre pourrait provenir d'une fiche d'information de l'USTR ou d'un article de presse spécialisée non capturé. L'existence et l'ampleur de la stratégie sont bien documentées ; le décompte précis nécessite une vérification supplémentaire.
En résumé : Les tensions transatlantiques sur la régulation numérique sont à leur plus haut niveau depuis des décennies. Les États-Unis utilisent les outils commerciaux, les visas et les traités bilatéraux pour tenter de faire reculer la régulation européenne, tandis que l'UE – confortée par la décision de juillet 2026 sur Apple – tient bon. Le chiffre d'« au moins neuf pays » pour les clauses bilatérales anti-régulation est probablement exact au vu de l'ampleur décrite de la campagne américaine, mais les sources disponibles ne contiennent pas de liste explicite de neuf pays.
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Les relations UE États Unis sur la régulation numérique sont au plus bas, Washington utilisant enquêtes commerciales, sanctions et accords bilatéraux pour faire plier Bruxelles.
Les relations UE États Unis sur la régulation numérique sont au plus bas, Washington utilisant enquêtes commerciales, sanctions et accords bilatéraux pour faire plier Bruxelles. Le PDG sortant d'Ericsson, Börje Ekholm, critique vivement l'environnement réglementaire européen, qu'il juge « dangereux » et comparable à un « musée » technologique.
Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a imposé des restrictions de visa à cinq fonctionnaires européens impliqués dans le DMA et le DSA.