L'interdiction a eu des conséquences immédiates et profondes pour l'Europe :
La réponse de la Commission s'articule autour de plusieurs initiatives entrelacées, annoncées entre le 3 juin et le 7 juillet 2026. Le calendrier est crucial : le Paquet pour la souveraineté technologique a été annoncé seulement neuf jours avant l'interdiction d'Anthropic, offrant un véhicule politique immédiat à la crise.
La Commission a adopté un vaste ensemble de mesures visant à renforcer la souveraineté technologique de l'Europe et à réduire la dépendance vis-à-vis des fournisseurs non européens pour les produits, services et infrastructures numériques critiques. Il comprend la Loi sur le développement du cloud et de l'IA (CADA), la Loi sur les puces 2.0, une Stratégie européenne pour les logiciels open source, et des initiatives sur les infrastructures énergétiques numériques . Le paquet vise explicitement à atténuer les risques découlant de la dépendance de l'UE vis-à-vis des pays tiers pour les services de cloud computing via un cadre de souveraineté unique à l'échelle européenne
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Ce plan, publié initialement en avril 2025 mais doté d'une nouvelle urgence, se concentre sur la construction d'une infrastructure d'IA domestique. Ses composantes clés incluent :
Le 7 juillet 2026, la Commission a dévoilé un Plan d'action sur la cybersécurité et l'IA dédié pour répondre aux risques exposés par l'incident Anthropic . Ce plan :
Parallèlement, la Banque centrale européenne a demandé aux plus grandes banques de la zone euro — dont Deutsche Bank, BNP Paribas et Santander — de soumettre d'ici le 31 octobre des plans d'action pour renforcer leur résilience face aux cyberattaques pilotées par l'IA .
La Commission travaille à la mise en place d'une capacité d'évaluation indépendante au niveau de l'UE pour les modèles d'IA de pointe — une capacité domestique à tester, auditer et certifier les systèmes d'IA avancés, plutôt que de dépendre des évaluations américaines. Cela fait partie de la poussée plus large vers l'autonomie technologique, l'incident étant cité comme "un exemple de plus de la raison pour laquelle l'UE doit parvenir à l'autonomie technologique" . La Commission prévoit que cette capacité d'évaluation soit opérationnelle d'ici 2027
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Bien qu'il ne s'agisse pas d'une annonce unique et retentissante, la stratégie de la Commission envisage explicitement l'approvisionnement public en modèles d'IA comme un outil pour réduire la dépendance. Le Plan d'action pour un continent de l'IA vise à accroître l'adoption de l'IA dans les secteurs privé et public , et la Loi sur le développement du cloud et de l'IA (CADA) se concentre sur la garantie d'une capacité de calcul et d'une IA développées par l'UE pour une utilisation gouvernementale
. La logique sous-jacente — confirmée par plusieurs analyses de sources — est que l'UE pourrait acheter ou commander ses propres modèles d'IA souverains plutôt que de compter sur ceux des États-Unis qui peuvent être coupés à volonté
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Si la Commission a articulé une direction claire et annoncé plusieurs paquets législatifs majeurs, plusieurs rapports notent que les mesures concrètes et contraignantes restent limitées. Le plan d'action sur la cybersécurité de juillet 2026 "offre principalement des recommandations", et l'UE dépend encore de l'accès négocié aux modèles d'IA américains à court terme . Le passage de la planification à l'indépendance opérationnelle prendra des années, et l'ampleur des investissements requis est immense — 120 milliards d'euros supplémentaires pour les semi-conducteurs, environ 200 milliards d'euros d'ici 2036 pour la capacité des centres de données, et 100 milliards d'euros pour les initiatives de leadership en matière de cloud et d'IA
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L'interdiction d'Anthropic de juin 2026 pourrait bien s'avérer être un tournant pour la politique technologique européenne. Elle a fourni une démonstration concrète et à haut risque des dangers que les responsables européens évoquaient depuis longtemps. Reste à savoir si la réponse — une cascade de lois, de plans et d'engagements financiers — se traduira par une véritable indépendance technologique. Tout dépendra de l'exécution, de l'investissement et de la volonté des États membres de suivre le mouvement.