Valorisation post-money : 92 millions d'euros, soit environ 100 millions de dollars ou 1 milliard de SEK selon les calculs de plusieurs médias. De légères variations apparaissent dans l'équivalent en dollars (22 M$, 22,7 M$, 23,2 M$), mais toutes les sources s'accordent sur le montant central de 20 M€.
Sportway a été fondée en 2017 par les entrepreneurs en série Jonas Persson et Daniel Franck. L'origine est un vrai problème du quotidien : le cofondateur et PDG Daniel Franck raconte que lorsque leurs enfants ont commencé le sport, les parents se sont rendu compte que s'ils ne pouvaient pas assister à un match, il n'existait aucun moyen de le voir.
Cette frustration les a poussés à concevoir une plateforme d'IA capable d'automatiser la production et le streaming sportifs en direct pour les disciplines que les diffuseurs traditionnels ignorent : les ligues inférieures, les divisions jeunes et les compétitions de quartier.
Jonas Persson, qui préside l'entreprise, n'en est pas à son coup d'essai dans le sport business. Avant Sportway, il a fondé IEC in Sports en 1994, une société de courtage de droits TV mondiaux revendue deux fois (pour environ 340 millions de SEK, puis 750 millions de SEK). Avec Sportway, il retrouve le croisement du sport et de la technologie, mais cette fois-ci via le streaming et la production de données dopés à l'IA.
Le cœur de métier de Sportway est une plateforme de production vidéo de bout en bout, entièrement automatisée. Elle utilise l'IA pour diffuser des événements sportifs en direct sans aucune équipe de tournage humaine. Le système intègre des caméras pilotées par IA, un montage automatique, des graphiques en temps réel et de la data embarquée.
Au moment de la levée de fonds, Sportway revendiquait :
La plateforme sert aussi bien les ligues de jeunes que les fédérations nationales, et des médias aux clubs amateurs. Son objectif : rendre économiquement viable la diffusion sportive à une échelle que la production traditionnelle ne pourrait jamais atteindre.
Sportway n'a pas tout développé en interne. La société a mené une stratégie d'acquisitions et d'intégrations agressive pour assembler son écosystème complet de production IA. Les rachats connus sont :
Ces acquisitions — plateformes de streaming, technologies OTT, logiciels de production IA, contenus — forment le socle technologique de la plateforme intégrée et scalable de Sportway.
Selon le communiqué officiel, les 20 M€ serviront à accélérer l'expansion internationale, le développement produit et les acquisitions stratégiques. La feuille de route :
Le PDG Daniel Franck résume l'ambition : devenir "l'écosystème leader mondial dopé à l'IA pour la production, la distribution et la monétisation automatisées de contenus sportifs".
Étant donné que la plateforme de Sportway dessert des ligues de jeunes et du sport scolaire, la question de la protection des données des mineurs est légitime. Cependant, les annonces publiques de levée de fonds et les documents disponibles ne détaillent pas une politique de confidentialité spécifique aux jeunes.
La politique de confidentialité générale du site Web de Sportway est générique : elle couvre la conformité standard au RGPD (identification du responsable du traitement, bases légales, droits des utilisateurs, etc.), mais n'aborde pas spécifiquement le traitement des données des enfants dans le cadre des caméras IA ou de la production vidéo automatisée.
À titre de contexte, les réglementations — notamment le code de conception adapté à l'âge de l'ICO britannique et les règles générales du RGPD européen — stipulent que pour les enfants de moins de 13 ans, le consentement parental est requis, la géolocalisation doit être désactivée par défaut et les données des enfants ne doivent pas être partagées sans une raison impérieuse dans leur intérêt supérieur. On ne sait pas si Sportway applique explicitement ces normes à ses opérations d'installation de caméras et de streaming.
Ce n'est pas la preuve d'un problème, simplement le constat que la société n'a pas documenté publiquement son approche de la protection des jeunes dans les sources examinées. Les lecteurs peuvent y voir une potentielle lacune en matière de transparence, surtout quand le modèle économique repose sur le fait de filmer et diffuser des enfants pratiquant un sport.
La levée de 20 M€ de Sportway — avec des investisseurs comme Gamma Waves (soutenu par des figures emblématiques du foot) et un multiple de revenus d'abonnement implicite qui suggère un chiffre d'affaires récurrent solide — est un signal que la production sportive automatisée par IA attire des capitaux de croissance significatifs.
Le passage d'une frustration parentale en 2017 à une couverture de 250 000 matchs par an en 2026 illustre comment l'IA transforme la diffusion sportive à tous les niveaux, pas seulement professionnels. En automatisant la production, Sportway rend économiquement viable le streaming en direct, l'archivage et la monétisation du moindre match de jeunes — une capacité jusqu'alors hors de portée.
Alors que la société s'attaque au marché américain et continue d'acquérir des technologies complémentaires, les 12 à 24 prochains mois diront si elle peut vraiment devenir le leader de la catégorie des médias sportifs dopés à l'IA.