Voici une analyse détaillée du protocole d'accord d'Islamabad (MOU) entre les États-Unis et l'Iran, des propositions secrètes qui l'accompagnent, et de l'état des négociations à venir.
Les principales dispositions publiques du MOU en 14 points
Le MOU est un accord-cadre — et non un traité de paix définitif — qui lance une période de négociation de 60 jours (prolongeable d'un commun accord) pour résoudre les questions les plus épineuses ultérieurement ![]()
. Des hauts responsables américains ont lu le texte à des journalistes le 17 juin ; les présidents l'ont signé électroniquement le 18 juin ![]()
![]()
. Les points clés comprennent :
- Cessez-le-feu et fin des hostilités : Toutes les frappes militaires sur tous les fronts, y compris le Liban, cesseront définitivement
![]()
.
- Détroit d'Ormuz : Rouverte à la navigation commerciale sans péage pendant 60 jours ; les États-Unis lèveront leur blocus naval des ports iraniens
![]()
.
- Sanctions pétrolières : Les États-Unis commenceront à lever les sanctions et permettront à l'Iran de vendre librement son pétrole, une concession majeure de Washington
![]()
.
- Engagement nucléaire : L'Iran réaffirme qu'il ne cherchera jamais à se doter d'armes nucléaires. Le mécanisme spécifique pour traiter son stock d'uranium enrichi — dilution (downblending) sous supervision de l'AIEA — sera négocié dans la fenêtre de 60 jours
![]()
![]()
.
- Fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars : Les États-Unis et leurs alliés prévoient un fonds de reconstruction et de développement de 300 milliards de dollars pour l'Iran, bien que le texte du MOU lui-même ne verrouille pas ce montant ni le mécanisme de décaissement ; il a été décrit séparément par des responsables américains
![]()
![]()
.
- Souveraineté et non-ingérence : Les États-Unis s'engagent à ne pas interférer dans les affaires intérieures de l'Iran
.
Les « gentlemen's agreements » secrets au-delà du texte public
Selon CNN (18 juin 2026), qui cite trois responsables américains, un responsable régional et un ancien responsable américain, les États-Unis et l'Iran travaillent sur des propositions confidentielles et non publiques pour mettre en œuvre les 14 points — en substance, des « accords parallèles secrets » ou des arrangements ad hoc qui vont au-delà du MOU signé ![]()
.
Les détails clés de ces propositions secrètes :
- L'avenir nucléaire de l'Iran : Le travail confidentiel porte sur les détails de la gestion du programme nucléaire iranien, notamment l'avenir de l'enrichissement, le calendrier et la méthode de dilution de l'uranium enrichi, et les limites que l'Iran acceptera sur sa capacité d'enrichissement
![]()
.
- Aucune interdiction explicite de l'enrichissement dans le MOU public : Un haut responsable américain a déclaré que le MOU prévoit la « dilution » des stocks d'uranium hautement enrichi, mais le texte n'exige pas explicitement que l'Iran cesse tout enrichissement — cela est laissé aux négociations de 60 jours
![]()
. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait déclaré plus tôt (février 2026) que les États-Unis « n'avaient pas demandé à l'Iran d'arrêter d'enrichir de l'uranium », une affirmation qui contredisait alors la position publique de Washington
.
- Fragiles et préliminaires : Les responsables ont décrit ces propositions secrètes comme étant encore en cours d'élaboration et très fragiles ; elles pourraient s'effondrer si l'une des parties hésite au cours des négociations de 60 jours
.
Des divergences entre les récits américains et iraniens
- Sur l'enrichissement : Les responsables américains déclarent publiquement que l'Iran doit renoncer à son stock d'uranium enrichi et limiter son programme. Le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré publiquement que les États-Unis n'avaient jamais exigé un arrêt complet de l'enrichissement
. Le texte du MOU contourne cette question en la renvoyant aux négociations.
- Sur le statut juridique du MOU : Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré que l'accord avait été finalisé lorsque les deux présidents avaient signé numériquement
. Les responsables américains l'ont qualifié de « cadre » non contraignant qui reporte les questions les plus difficiles ![]()
.
- Sur la portée : Les responsables américains ont minimisé le fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars en le présentant comme une proposition « planifiée » nécessitant de nouvelles discussions et l'adhésion des alliés, et non comme un engagement ferme
![]()
. Les médias proches de l'État iranien l'ont décrit comme un engagement accepté
.
Inquiétudes soulevées par les experts sur le manque de transparence
Des analystes et des critiques ont signalé plusieurs préoccupations :
- Absence de transparence envers le Congrès et les alliés : Le texte du MOU a été gardé secret jusqu'à quelques jours avant la signature ; même des alliés comme Israël et les États du Golfe n'ont pas été pleinement informés des dispositions nucléaires
![]()
![]()
. Le Premier ministre israélien Netanyahu avait auparavant déclaré que Trump s'était engagé à « éliminer l'uranium enrichi de l'Iran et à démanteler son programme nucléaire » — une position bien plus dure que ce que le MOU prévoit
.
- Risque de « confiance, puis vérification » : Des experts du Small Wars Journal et de l'Institute for the Study of War ont noté que le MOU ne contient aucun mécanisme de vérification ou de mise en œuvre intégré ; il reporte essentiellement toutes les questions difficiles de vérification aux négociations de 60 jours
![]()
.
- Aucune solution à l'enrichissement : Le MOU omet délibérément de préciser si l'Iran peut conserver une capacité d'enrichissement, ce qui, selon les critiques, permet à l'Iran de maintenir son programme pendant la fenêtre de 60 jours tandis que les sanctions sont déjà levées
.
- Accords parallèles secrets : L'existence de propositions distinctes et non publiques soulève des inquiétudes quant au fait que des compromis clés ne feront jamais l'objet d'un examen public ou parlementaire, répétant un schéma que les critiques avaient identifié dans le JCPOA de 2015
.
Statut des prochaines discussions techniques
- Fenêtre de négociation de 60 jours : Le chronomètre commence à partir de la signature formelle du MOU (qui aurait eu lieu le 19 juin en Suisse, bien que les présidents aient signé électroniquement le 18 juin)
![]()
.
- Sujets des discussions techniques : Le programme nucléaire iranien (enrichissement, dilution des stocks, inspections de l'AIEA), l'architecture de la levée des sanctions, le dégel des actifs iraniens, la future administration du détroit d'Ormuz, et un accord de paix global final à approuver par le Conseil de sécurité de l'ONU
![]()
.
- Prolongeable par consentement mutuel : Si aucun accord n'est conclu dans les 60 jours, la période peut être prolongée si les deux parties sont d'accord ; ce qui se passe si elles ne le sont pas n'est pas clair
![]()
.
- Pas encore d'accord de paix permanent : Le MOU stipule explicitement qu'un « accord global » final est l'objectif des négociations de 60 jours, et non un fait accompli
![]()
.
En résumé : Le MOU en 14 points signé est un accord de cessez-le-feu et un cadre qui rouvre le détroit d'Ormuz, lève les sanctions pétrolières et fixe un délai de 60 jours pour les négociations nucléaires — mais il renvoie les questions les plus difficiles (enrichissement, sort du stock, vérification) à des négociations secrètes et fragiles qui ont déjà suscité des critiques pour leur manque de transparence.