Goldman Sachs prévoit que les flux de brut via le détroit d'Ormuz ne se rétabliront que partiellement, à environ 70 % des niveaux d'avant guerre, en raison du verrouillage des infrastructures de contournement (Yanbu,... Suite à l'accord intérimaire USA Iran signé le 15 juin 2026, Goldman s'attend à ce que les export...

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Le détroit d'Ormuz est en voie de rouvrir. Mais le marché pétrolier mondial qui émergera ne ressemblera pas à celui d'avant la guerre.
Goldman Sachs prévoit que les flux de brut transitant par ce goulet d'étranglement stratégique ne se rétabliront que de manière permanente à environ 70 % des niveaux d'avant-guerre — un changement structurel que la banque a intitulé « 70 % des flux d'avant-guerre à Ormuz pourraient devenir le nouveau 100 % » dans une note datée du 17 juin . Il ne s'agit pas d'une perturbation temporaire. Les producteurs régionaux ont massivement investi dans des infrastructures de contournement pendant le conflit et il est peu probable qu'ils reviennent complètement aux schémas d'expédition d'avant-guerre
. La normalisation des exportations totales du Golfe à leurs niveaux d'avant-guerre reste possible, mais une part bien plus importante transitera par des voies hors d'Ormuz, nécessitant une augmentation d'environ 13 millions de barils par jour des flux régionaux globaux pour compenser la réduction permanente du goulot d'étranglement
.
La guerre a contraint les producteurs à développer rapidement trois principales routes de contournement, qui déplacent collectivement environ 7,5 millions de barils par jour :
Arabie Saoudite (Yanbu) : Saudi Aramco a poussé son oléoduc Est-Ouest (Petroline) à un débit record historique de 7 millions de b/j au premier trimestre 2026 . Cependant, le chargement au terminal de Yanbu constitue le goulot d'étranglement effectif — les exportations réelles de brut via Yanbu ont atteint environ 4 millions de b/j (soit quatre fois les niveaux d'avant-guerre), le solde étant utilisé pour les raffineries nationales
. L'oléoduc de 1 200 kilomètres reliant Abqaiq à la côte de la mer Rouge contourne entièrement Ormuz
.
Émirats Arabes Unis (Fujairah) : L'oléoduc Habshan-Fujairah (ADCOP) livre le brut au port de Fujairah, sur la côte ouest des EAU, en dehors du détroit. Avant la guerre, il fonctionnait bien en dessous de sa capacité ; son utilisation a bondi alors que les pétroliers chargent à Fujairah plutôt que dans les terminaux dépendants d'Ormuz .
Irak (Ceyhan) : L'Irak a redirigé une partie de ses exportations de brut via l'oléoduc menant au port turc de Ceyhan sur la Méditerranée, bien que les volumes aient été limités par des contraintes d'infrastructure et la sécurité régionale .
Goldman note que l'oléoduc Est-Ouest saoudien a une capacité théorique de 7 millions de b/j, mais que la capacité d'exportation effective, après déduction de la demande des raffineries nationales, est plus proche de 4,5 à 5 millions de b/j . L'oléoduc ADCOP des EAU a une capacité d'environ 1,5 million de b/j
. Avec la route irakienne de Ceyhan, la capacité totale d'exportation par oléoducs alternatifs s'élève à environ 7,5 millions de b/j, un chiffre désormais structurellement ancré dans les chaînes d'approvisionnement mondiales.
Le scénario de base de Goldman suppose :
Normalisation des exportations du Golfe d'ici fin juillet — une avancée significative par rapport à l'estimation précédente de la banque, qui tablait sur fin août . Ce calendrier plus rapide reflète le cessez-le-feu immédiat et l'attente que le blocus américain sera levé dans les jours suivant la signature formelle
.
Rétablissement de la production du Golfe d'ici octobre — Goldman s'attend à ce que les quelque 14,5 millions de b/j de production du Golfe qui étaient hors ligne (57 % des niveaux d'avant-guerre) reviennent en quelques mois dans le cadre d'un scénario de réouverture sûr, bien que la dernière phase de la reprise soit plus lente et plus incertaine . Des prévisions externes citées par Goldman suggèrent que les producteurs du Golfe pourraient récupérer environ 70 % de la production perdue en trois mois et environ 88 % en six mois si la voie maritime rouvre en toute sécurité
.
Goldman a fortement réduit ses prévisions de prix du pétrole suite à l'accord :
| Prévision | Précédente | Nouvelle | Variation |
|---|---|---|---|
| Brent T4 2026 | 90 $/baril | 80 $/baril | -10 $ |
| Brent Moyenne 2027 | 80 $/baril | 75 $/baril | -5 $ |
| WTI T4 2026 | 83 $/baril | 75 $/baril | -8 $ |
| WTI Moyenne 2027 | 75 $/baril | 70 $/baril | -5 $ |
Goldman note que le nouvel objectif de 80 $ pour le Brent au T4 2026 est à peu près conforme aux prix actuels du marché (~82,80 $ le 16 juin), ce qui suggère que les marchés ont déjà largement intégré l'accord de paix . La prévision de 75 $ pour 2027 pointe vers une dynamique de suroffre durable une fois que les stocks commenceront à se reconstituer
. La banque prévoit un excédent d'offre mondial de 3,2 millions de barils par jour en 2027
.
Haussier (130 $+/baril) : Si le détroit ne rouvre jamais complètement — en raison d'un effondrement des pourparlers, d'une reprise des hostilités ou du refus de l'Iran d'autoriser un transit sans restriction — Goldman a déjà signalé que le pétrole pourrait bondir bien au-dessus de 130 $/baril. Plus tôt dans la crise, la banque avait averti que les prix pourraient dépasser 100 $/baril en une semaine en l'absence de résolution . Le chiffre de 130 $+ représente un scénario extrême où la fermeture permanente du goulet d'étranglement retire 15+ millions de b/j du marché indéfiniment.
Baissier (60 $/baril en 2027) : Dans le cadre d'une normalisation plus rapide que prévu — où la production du Golfe se rétablit encore plus tôt, le pétrole iranien sans sanctions inonde le marché et les flux des oléoducs alternatifs restent élevés — la moyenne 2027 de Goldman pourrait tomber à 60 $ ou moins. La prévision de référence de la banque avant la guerre pour le Brent en 2026 était de 56 $, un retour vers ces niveaux est donc dans la fourchette baissière .
Accord préliminaire annoncé les 14-15 juin 2026 : Le président Trump et les responsables iraniens ont annoncé un accord préliminaire pour mettre fin aux hostilités et rouvrir le détroit . Le cadre a été signé électroniquement par Trump et le vice-président Vance le 15 juin
.
Signature formelle en Suisse : L'accord final doit être formellement signé à Genève, en Suisse, en présence des deux parties et des médiateurs .
Termes principaux : L'accord intérimaire comprend une cessation des hostilités de 60 jours, l'engagement de l'Iran de réduire son stock d'uranium hautement enrichi et la levée par les États-Unis des sanctions pour permettre à l'Iran de vendre librement son pétrole — une concession majeure de Washington . La fenêtre de 60 jours est destinée à permettre les négociations sur l'avenir du programme nucléaire iranien
.
Positions affichées de l'Iran : L'Iran a indiqué son intention de facturer des droits de transit pour les navires passant par le détroit d'Ormuz, y voyant une source de revenus et un moyen de monétiser son contrôle géographique. Téhéran a également déclaré qu'il refuserait de revenir aux conditions d'avant-guerre, insistant sur un nouveau cadre de gouvernance du détroit incluant une compensation et une supervision iranienne formalisée.
Plusieurs risques majeurs restent en suspens :
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Goldman Sachs prévoit que les flux de brut via le détroit d'Ormuz ne se rétabliront que partiellement, à environ 70 % des niveaux d'avant guerre, en raison du verrouillage des infrastructures de contournement (Yanbu,...
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La banque d'affaires a fortement réduit ses prévisions de prix : le Brent est désormais attendu à 80 $/baril au T4 2026 et à 75 $/baril en moyenne en 2027.
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