Cette relation s'est approfondie début juin 2026 lorsque Elon Musk a participé virtuellement à la conférence technologique interne d'ASML pour une discussion au coin du feu avec Christophe Fouquet. ASML a qualifié Terafab de « projet sérieux » et s'est positionnée comme un collaborateur . Musk a profité de ce forum pour exposer sa vision d'une usine de puces intégrée verticalement, qui reposerait presque exclusivement sur les outils d'ASML pour atteindre ses objectifs ambitieux
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Christophe Fouquet a depuis indiqué que les premières puces issues de Terafab pourraient être produites dans les mois suivant l'installation des équipements, Intel ayant rejoint le projet en tant que partenaire de fabrication . Cependant, c'est précisément sur le chemin entre la commande d'équipement et la production de puces que l'avertissement sur la chaîne d'approvisionnement prend tout son sens.
Annoncé le 21 mars 2026, Terafab est une coentreprise entre Tesla, SpaceX et xAI visant à construire la plus grande usine de fabrication de semi-conducteurs de l'histoire . Les chiffres donnent le tournis :
Elon Musk a déclaré qu'environ 80 % de la production de Terafab sera destinée à des applications spatiales, pour alimenter des centres de données IA en orbite via le réseau Starlink de SpaceX, tandis que les 20 % restants serviront à des besoins terrestres, notamment les véhicules autonomes de Tesla et les robots humanoïdes Optimus .
L'avertissement spécifique à Terafab s'inscrit dans un signal d'alarme que Christophe Fouquet lance depuis des mois. Dans une rare interview accordée à Reuters le 20 mai 2026, il avait prévenu que le marché mondial des semi-conducteurs resterait « contraint par l'offre pendant un certain temps » car « la demande en IA arrive de manière si forte » . Il a projeté que le marché des puces pourrait atteindre 1 500 milliards de dollars d'ici 2030 et a mis en garde contre des goulets d'étranglement sporadiques sur l'ensemble de la chaîne logistique
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La contrainte est structurelle, pas cyclique. ASML est la seule entreprise au monde à fabriquer les machines de lithographie ultraviolet extrême (EUV) – des outils valant plusieurs centaines de millions d'euros, indispensables pour fabriquer des puces en finesse de gravure de 5 nm, 3 nm et 2 nm . Sans ces machines, la production de puces de pointe est tout bonnement impossible. Et ASML ne peut en produire qu'un nombre limité chaque année.
S'ajoute à cette pression le fait que Terafab n'est pas le seul mégaprojet à se disputer la production limitée d'ASML. Le conglomérat indien Tata Electronics construit une usine de semi-conducteurs de 11 milliards de dollars en Inde, qui nécessite également des machines EUV High-NA . Parallèlement, les géants existants comme TSMC, Samsung et Intel continuent d'étendre leurs propres capacités. Résultat : une file d'attente de clients aux poches bien garnies, qui étire les capacités de production d'ASML jusqu'aux années 2030
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« La production limitée de ces machines pourrait entraîner de longs retards et une hausse des prix jusqu'en 2030 », notait une analyse citant les remarques du PDG .
La saga Terafab a agi comme un puissant catalyseur pour l'action ASML, qui a clôturé autour de 1 804 dollars le 16 juin 2026 . Le titre a bondi d'environ 35 % à 75 % depuis le début de l'année 2026, selon la période de mesure, porté par les dépenses d'infrastructure liées à l'IA et un carnet de commandes record d'environ 45 milliards de dollars
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Les analystes de Wall Street attribuent majoritairement une recommandation d'achat à ASML, mais le consensus suggère que les gains faciles sont peut-être déjà intégrés dans le prix :
Certains commentateurs ont été directs : « Elon Musk a besoin d'ASML pour Terafab. Vous n'avez pas besoin d'actions ASML dans votre portefeuille. » . L'argument ne dit pas qu'ASML est une mauvaise entreprise – elle est sans doute le fournisseur de matériel le plus indispensable de l'écosystème IA – mais que sa valorisation actuelle reflète déjà des années d'hyper-croissance, ne laissant que très peu de marge d'erreur.
La dynamique Terafab-ASML révèle trois vérités fondamentales sur l'état actuel de l'industrie des semi-conducteurs.
ASML est le gardien incontournable. Terafab ne peut pas produire une seule puce avancée sans les systèmes de lithographie EUV High-NA d'ASML. Cela confère à ASML un pouvoir de fixation des prix, une visibilité sur ses commandes et un levier stratégique extraordinaires qui persisteront probablement jusqu'en 2030 au moins . Chaque dollar engagé par Musk dans Terafab transite en fin de compte par le carnet de commandes d'ASML.
L'offre, et non la demande, est le goulet d'étranglement. Le boom de l'IA a créé une demande essentiellement illimitée pour les puces de pointe. La question n'est pas de savoir si quelqu'un veut en acheter, mais si les machines pour les fabriquer peuvent être construites assez vite. Les alertes répétées de Christophe Fouquet suggèrent que même ASML, en situation de monopole, peine à suivre le rythme .
Le sentiment des investisseurs est partagé. La thèse d'investissement à long terme est séduisante : un fournisseur monopolistique au cœur d'un déploiement de l'IA pesant plusieurs milliers de milliards. Mais les perspectives à court terme sont plus floues. Un ratio PER de 62x rend ASML vulnérable au moindre faux pas dans la chaîne logistique, à une escalade des contrôles à l'exportation, ou à une simple rotation sectorielle. L'opportunité Terafab renforce le scénario haussier ; la valorisation tendue incite les plus prudents à la retenue .
Le message de Christophe Fouquet, en substance : Musk est sérieux, le projet est bien réel, et ASML en bénéficiera énormément — à condition de pouvoir construire des machines assez vite. Dans la course aux puces IA, le vrai goulot d'étranglement n'est pas l'ambition. C'est la lithographie.
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