En France comme ailleurs, cette évolution confirme la puissance des « créateurs de contenu ». Le rapport souligne un glissement vers une information personnalisée, incarnée par des podcasteurs, youtubeurs et tiktokeurs, au détriment d'un journalisme institutionnel parfois jugé moins authentique par le public .
Second constat majeur : la défiance envers les médias n'a jamais été aussi forte. La confiance globale dans l'information tombe à 37 %, soit une baisse de 3 points en un an et le niveau le plus bas enregistré depuis le début des mesures par le Reuters Institute en 2015 .
La situation est particulièrement alarmante aux Philippines, qui enregistrent la plus forte dégringlade avec une chute de 10 points à 28 % de confiance . L'Irlande (-9 points) et les États-Unis (-5 points) ne sont pas épargnés
. Un paradoxe persiste toutefois : si la confiance générale s'érode, celle accordée aux marques de presse historiques résiste mieux, et le soutien à l'idéal d'une information impartiale reste élevé
.
L'essor de la vidéo courte est un moteur de ces bouleversements. Près de la moitié des jeunes adultes utilisent désormais TikTok comme source principale d'information .
Ce format, porté par des créateurs, redessine la manière dont les nouvelles générations rencontrent l'actualité, loin des journaux télévisés. YouTube reste cependant la plateforme prioritaire pour les stratégies de diffusion des éditeurs de presse, avec un intérêt net de +74 pour l'année, devant TikTok (+56) et Instagram (+41) .
L'intelligence artificielle fait son entrée, certes discrète, dans les habitudes. Environ 5 % des sondés dans le monde déclarent utiliser régulièrement des chatbots d'IA générative (type ChatGPT, Gemini, Perplexity) pour accéder à l'information, un chiffre en hausse notable par rapport à 2025 .
L'usage reste surtout le fait des jeunes (7 % au niveau mondial), tandis qu'il stagne aux États-Unis et au Royaume-Uni mais progresse dans d'autres marchés . La confiance dans ces robots conversationnels (environ 20 %) reste inférieure à celle dans l'actualité en général, mais leur capacité à synthétiser, expliquer et contextualiser une information séduit une frange croissante du public
.
Enfin, le rapport documente une lassitude préoccupante. L'intérêt pour l'information est en baisse marquée dans de nombreux pays, le Royaume-Uni figurant parmi les plus forts déclins . Les publics, submergés par un flux continu, « décrochent » ou s'en remettent à la curation algorithmique des réseaux sociaux, au risque de s'enfermer dans des bulles informationnelles.
Le Digital News Report 2026 dresse en somme le portrait d'un écosystème médiatique fracturé, où la bataille pour l'attention se déroule désormais sur le terrain des plateformes, au détriment des médias traditionnels.
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