L'alerte a été donnée dès février 2026. Lors de la présentation de ses perspectives annuelles, le groupe basé à Düsseldorf a affiché des prévisions de chiffre d'affaires (entre 13,2 et 14,1 milliards d'euros) inférieures d'environ 12 % au consensus Visible Alpha, précipitant une chute de 7,9 % de l'action en une seule journée .
La tendance ne s'est pas améliorée au fil des mois : au premier trimestre, les ventes et le résultat opérationnel ont manqué les attentes des analystes. Plus inquiétant, le flux de trésorerie disponible opérationnel est passé lourdement dans le rouge, à -285 millions d'euros, contre +243 millions un an plus tôt .
Fin mars, le PDG Armin Papperger a provoqué une tempête médiatique en tenant des propos désobligeants sur les drones ukrainiens. La polémique, qui a nécessité un exercice de communication de crise, a coûté près de 10 % au titre en quelques jours .
Puis, en mai, JPMorgan a retiré sa confiance au constructeur de chars et de munitions. Après près de quatre ans de recommandation « surpondérer », la banque américaine a abaissé son conseil à « neutre » et sabré son objectif de cours de près de 30 %, pointant des ratés dans l'exécution et une valorisation tendue .
Au-delà du cas Rheinmetall, c'est tout le compartiment de la défense européenne qui est en phase de digestion. La flambée boursière de 2025 a propulsé les valorisations à des niveaux exigeants, et en 2026, les investisseurs réclament des preuves tangibles de rentabilité.
Début juin, Morgan Stanley a revu sa position sur le secteur, passant de « Surpondérer » à « Pondération en ligne », en évoquant un manque de catalyseurs immédiats et l'impact potentiel des discussions de paix sur l'enthousiasme des investisseurs . L'indice STOXX Europe Targeted Defence est pratiquement à l'arrêt, et le secteur a reculé de 1,2 % depuis le début de l'année
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Le marché reste très sensible aux signaux de détente : en 2025 déjà, les espoirs d'un cessez-le-feu en Ukraine avaient provoqué des dégagements . En 2026, les discussions autour du conflit iranien réactivent les mêmes réflexes, tout comme les craintes macroéconomiques liées aux risques au Moyen-Orient, qui pèsent sur le Stoxx 600 et le Stoxx 50
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Le plongeon de lundi est le déclencheur apparent, mais il met surtout en lumière une réévaluation profonde du secteur. Face à une croissance des commandes qui peine à se traduire en cash, à des risques d'exécution sur les programmes de munitions et de drones, et à une visibilité géopolitique brouillée, les investisseurs temporisent. Pour Rheinmetall, la route de la reconquête boursière passera par des résultats concrets et une meilleure maîtrise de ses défis internes.