La réaction la plus spectaculaire est venue du marché pétrolier. Les contrats à terme sur le brut américain ont chuté de plus de 4 %, le baril de Brent passant sous la barre des 84 $ . Le cœur de l'accord réside dans l'engagement à rouvrir le détroit d'Ormuz, point de passage stratégique par où transite une part significative du pétrole mondial. La levée du blocus naval américain, annoncée par le président Trump, a immédiatement fait disparaître la prime de risque qui s'était accumulée sur les cours du brut
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Cependant, un retour à la normale pourrait prendre du temps. L'ADNOC, la compagnie pétrolière nationale des Émirats arabes unis, a prévenu que le transit pétrolier complet dans le détroit pourrait ne pas être rétabli avant le premier ou le deuxième trimestre de l'année prochaine, maintenant ainsi une certaine incertitude sur l'offre .
Alors qu'un regain d'optimisme pousse généralement les investisseurs à délaisser l'or, valeur refuge par excellence, le métal jaune a connu une hausse fulgurante. L'or au comptant a bondi de 2 % à 2,7 % pour atteindre entre 4 304 $ et 4 334 $ l'once, son plus haut niveau depuis le 9 juin .
Cette apparente contradiction s'explique par le raisonnement en chaîne suivant :
En somme, l'or a été porté par la faiblesse du dollar et l'espoir d'une politique monétaire plus accommodante, et non par une recherche de sécurité .
L'appétit pour le risque a propulsé les marchés d'actions asiatiques et les contrats à terme américains . Avant l'ouverture des places asiatiques, les futures sur le S&P 500 gagnaient environ 0,8 % et ceux sur le Nasdaq 100, riche en valeurs technologiques, s'envolaient de 1,2 %
. Les opérateurs ont massivement délaissé leurs couvertures en dollars et en pétrole pour se repositionner sur des actifs plus risqués, pariant que la désescalade géopolitique réduirait les risques de récession mondiale et d'inflation importée
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Le même jour, le dimanche 14 juin, un événement est venu brutalement rappeler la fragilité de la situation. Israël a bombardé la banlieue sud de Beyrouth, un bastion du Hezbollah, affirmant riposter à des incursions de drones de l'organisation libanaise, alliée de l'Iran . Le bilan de cette frappe s'élève à au moins 3 morts et 15 blessés
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Cette attaque est cruciale. L'accord américano-iranien prévoit une « cessation des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban » . Or, Israël, qui n'est pas signataire du mémorandum, a continué ses actions militaires contre un groupe affilié à Téhéran, menaçant ainsi directement la crédibilité d'un cessez-le-feu à peine annoncé
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Les investisseurs doivent garder en tête que l'accord annoncé n'est pas un traité de paix définitif. Il s'agit d'un mémorandum d'entente intérimaire, surnommé le « Mémorandum d'Islamabad », paraphé numériquement et dont la signature officielle est prévue le 19 juin en Suisse .
Ce texte ouvre une fenêtre de 60 jours pour négocier la question la plus épineuse : le programme nucléaire iranien . Les discussions porteront notamment sur les niveaux d'enrichissement d'uranium
. Si ces négociations échouent, l'ensemble de l'édifice diplomatique pourrait s'effondrer, représentant le principal « risque de queue » (événement rare mais aux conséquences extrêmes) pour les marchés.
Cette annonce intervient à la veille de la réunion du Comité fédéral de l'open market (FOMC) de la Fed, qui débute le mardi 16 juin. La chute des prix du pétrole offre à la banque centrale américaine une marge de manœuvre supplémentaire pour ralentir, voire suspendre, son cycle de hausse des taux, le choc inflationniste d'origine énergétique s'atténuant . Les marchés interprètent cela comme un vent favorable (« dovish tailwind »). La réaction réelle dépendra néanmoins du communiqué officiel de la Fed et de ses nouvelles prévisions de taux, les fameux « dot plots ».
Plusieurs zones d'ombre pourraient à tout moment inverser la tendance actuelle :