L’administration américaine, par la voix de l’émissaire Tom Barrack, avait pourtant affirmé que les visas avaient été accordés. Une version aussitôt contredite par les officiels iraniens . Pour ne rien arranger, le chef du groupe de travail de la Maison-Blanche pour la Coupe du Monde, Andrew Giuliani, a justifié publiquement les refus, évoquant des impératifs de sécurité et des vérifications de fond (les fameux vetting concerns)
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Il est impossible de déconnecter cette guérilla administrative du climat d’hostilité qui caractérise les relations américano-iraniennes depuis des décennies. Entre les sanctions économiques, les tensions militaires et les frappes américaines visant des cibles liées à l’Iran, le contentieux sportif apparaît comme un énième front symbolique d’un affrontement bien plus vaste .
La polémique ne s’arrête pas au staff. À quelques jours du coup d’envoi, la fédération iranienne a annoncé que la FIFA avait annulé l’intégralité des billets alloués aux supporters iraniens pour les trois matchs de poule aux États-Unis (contre la Nouvelle-Zélande à Los Angeles le 15 juin, la Belgique le 21 juin, et l’Égypte à Seattle le 26 juin) . Des milliers de supporteurs, qui avaient déjà réservé leurs vols et leurs hébergements, se retrouvent avec des valises pleines… et des stades vides. La FFIRI y voit une manœuvre délibérée « pour saboter la présence des fans iraniens »
. De son côté, la FIFA affirme « travailler à maximiser les opportunités pour les supporters iraniens d’assister aux rencontres »
. Une promesse bien vague qui, pour l’heure, ne console personne.
Autre victime collatérale de cette politique de filtrage : Omar Artan, un arbitre somalien de 34 ans. Pourtant détenteur d’un visa valide et d’un passeport diplomatique, ce dernier s’est vu refuser l’entrée sur le territoire américain à son arrivée à l’aéroport international de Miami par les services des douanes et de la protection des frontières (CBP), officiellement pour des « problèmes de vérification » . Artan devait devenir le premier arbitre somalien de l’histoire de la Coupe du Monde. La FIFA l’a retiré du tournoi
. De retour en Somalie, il a été accueilli en héros national, symbole malgré lui d’une compétition où la realpolitik éclipse le jeu
. Sur ce dossier-là aussi, Andrew Giuliani a maintenu la ligne dure de la Maison-Blanche
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Pendant ce temps, les joueurs iraniens, bien que munis de visas, sont arrivés au Mexique pour leur stage de préparation. Mais l’équipe évolue en mode dégradé, privée d’une partie de sa structure d’encadrement . La sélection avait passé trois semaines en Turquie en attendant le verdict des autorités américaines
. Une situation ubuesque qui, à quelques jours du match inaugural, impose une pression supplémentaire à des joueurs qui n’avaient sans doute pas besoin de ça pour aborder le tournoi le plus important de leur carrière.
Entre accusations d’ingérence, refus de visas et places fantômes pour les fans, la Coupe du Monde 2026 restera comme l’une des plus politisées de l’histoire récente, avec en toile de fond un dialogue de sourds entre Téhéran et Washington.