Au même moment, la poudrière du Moyen-Orient s'est rallumée. Début juin, l'Iran a ciblé l'aéroport du Koweït avec des drones, entraînant une riposte immédiate des États-Unis . Cette escalade directe entre Téhéran et Washington a propulsé les prix du baril de brut vers des sommets qui n'avaient plus été atteints depuis plusieurs mois
. La perspective d'une flambée des coûts de l'énergie a immédiatement réveillé le spectre de l'inflation importée, un poison pour les économies émergentes déjà fragilisées
.
Enfin, la Chine a ajouté une couche d'incertitude spécifique aux marchés asiatiques. Le 11 juin, le régulateur du marché de Pékin a convoqué les cinq poids lourds du commerce en ligne – Taobao (Tmall), JD.com, Pinduoduo, Douyin et Xiaohongshu . L'objectif affiché : sévir contre les pratiques de « concurrence acharnée » (ou « rat race ») et les diverses irrégularités des plateformes. Cette action soudaine s'inscrit dans un tour de vis plus large entamé fin 2025, lorsque la Chine avait interdit aux plateformes d'imposer des politiques de prix planchers à leurs vendeurs
, et renforcé par la révision de la loi sur la concurrence déloyale, entrée en vigueur en octobre 2025
. Pour les investisseurs, cette convocation est un rappel brutal que le risque réglementaire en Chine, en particulier pour les valeurs technologiques, reste entier et peut surgir à tout moment
.
En résumé, la chute des actions émergentes est un récit à quatre voix : un resserrement monétaire américain redouté, une bulle technologique qui se dégonfle, un conflit géopolitique qui menace l'approvisionnement énergétique mondial, et le retour du spectre de l'interventionnisme d'État en Chine. Un cocktail explosif qui a poussé les investisseurs à fuir le risque en masse.