« L'erreur centrale des chercheurs sud-coréens a été de postuler que l'âge de la galaxie hôte est égal à l'âge de l'étoile qui a explosé », pointe la nouvelle étude dirigée par le Dr Phil Wiseman de l'Université de Southampton . En d'autres termes, ils ont fait l'amalgame entre l'âge d'un vaste ensemble d'étoiles (la galaxie) et l'âge d'un de ses membres spécifiques (la naine blanche progénitrice de la supernova). Une naine blanche peut se former bien plus tard que les premières étoiles de sa galaxie, rendant cette équivalence simpliste et incorrecte
.
La riposte scientifique ne s'arrête pas là. L'analyse de l'équipe de Yonsei souffrait d'une omission majeure dans sa méthodologie. Selon l'article de Wiseman et ses co-auteurs, les chercheurs coréens ont ignoré une étape de standardisation pourtant cruciale dans les analyses modernes de supernovae : la correction en fonction de la masse stellaire de la galaxie hôte .
Cette correction est justement conçue pour neutraliser les effets environnementaux connus qui sont corrélés avec l'âge des populations stellaires. Le résultat est spectaculaire : une fois cette étape appliquée à l'échantillon de données de l'équipe coréenne, la dépendance des supernovae à l'âge de leur progéniteur, qui était au cœur de leur argumentaire, disparaît purement et simplement. La preuve de l'accélération cosmique redevient alors robuste .
Les cosmologistes rappellent par ailleurs que les preuves de l'énergie noire ne reposent pas uniquement sur les supernovae. D'autres observations indépendantes, comme celles du fond diffus cosmologique (le « bruit de fond » du Big Bang) ou de la structure à grande échelle de l'univers, convergent vers le même scénario .
« Le débat qui a suivi les révélations de novembre dernier est le résultat d'un malentendu scientifique, et non d'une grenade cosmique menaçant de tout remettre en cause », concluent les chercheurs, confortant le modèle standard pour un avenir prévisible .