L'un des plus gros talons d'Achille de l'Europe, c'est son système de paiement. Le diagnostic est sans appel : une analyse du Parlement européen de juin 2026 décrit la dépendance persistante aux géants non-européens comme une vulnérabilité critique de l'architecture financière de l'Union .
Les chiffres donnent le tournis : près de 66 % des paiements par carte dans la zone euro étaient traités via des réseaux internationaux, principalement Visa et Mastercard, des sociétés qui ne sont pas européennes . Et le scénario noir est vite esquissé : si ces fournisseurs venaient à couper le service, 15 des 20 pays de la zone euro se retrouveraient sans solution de paiement par carte .
Les responsables de la BCE, Moulin en tête, estiment que cette dépendance rend l'Europe « dépendante de la gentillesse d'étrangers en période de tensions géopolitiques accrues » . La présidente de la BCE, Christine Lagarde, avait déjà allumé la mèche en janvier en avertissant qu'il fallait « d'urgence » réduire cette dépendance .
La réponse européenne a un nom de code : l'euro numérique. Le calendrier, bien que dépendant du feu vert législatif, se précise :
Le projet avance : en octobre 2025, le Conseil des gouverneurs de la BCE a décidé de passer à la phase suivante du projet pour approfondir la préparation technique . Le coût total du développement est estimé à environ 1,3 milliard d'euros jusqu'à la première émission .
L'idée est de proposer une alternative de paiement numérique, sécurisée et surtout sous gouvernance européenne, qui ne dépende plus des fournisseurs étrangers .
L'appel de Moulin s'appuie sur une dynamique réelle. Selon le dernier rapport de la BCE publié le 2 juin 2026, le rôle international de l'euro a « modérément augmenté » en 2025, pour atteindre une part d'environ 20 % dans les indicateurs clés d'utilisation des devises au niveau mondial .
Fait notable, l'émission de dette internationale libellée en euros a atteint son plus haut niveau depuis la création de la monnaie unique, dépassant les 1 100 milliards de dollars . Mieux encore, l'euro est devenu en 2025 la première devise sur le marché des obligations vertes et durables, dépassant pour la première fois le dollar américain .
Mais il ne faut pas crier victoire trop vite. La part de l'euro reste stable autour de 20 % depuis deux décennies, très loin derrière le dollar qui domine toujours sans partage les réserves de change mondiales (58 % contre 20 %) . Comme le résume un rapport, l'euro n'a pas réussi à grappiller des parts de marché significatives au billet vert malgré les politiques économiques erratiques des États-Unis .
Cet appel à l'émancipation survient dans un climat économique brûlant. La zone euro fait face à une remontée de l'inflation, qui a atteint 3,2 % en mai 2026, son plus haut niveau depuis septembre 2023 . En cause : la flambée des prix de l'énergie (+10,9 % sur un an) et des services, conséquence directe des tensions au Moyen-Orient et de la perturbation des routes d'approvisionnement .
Cette poussée de fièvre rend quasi-certaine une hausse des taux directeurs de la BCE. Les marchés évaluent la probabilité d'une augmentation de 0,25 point lors de la réunion du Conseil des gouverneurs des 11 et 12 juin à environ 97 %, ce qui porterait le taux de dépôt de 2,00 % à 2,25 % . Une décision qui marquerait un tournant majeur pour la politique monétaire européenne.
Emmanuel Moulin est clair : la BCE ne peut pas agir seule. Il a explicitement souligné que les responsables politiques doivent « jouer leur rôle » . Sans l'adoption de la réglementation nécessaire en 2026, l'euro numérique restera dans les cartons . Cela exige une coordination sans faille entre le Parlement européen, le Conseil de l'UE et les États membres, ce qui est encore loin d'être acquis.
Au-delà de l'euro numérique, c'est tout un écosystème européen qu'il faut bâtir. L'Initiative Européenne de Paiement (EPI), un consortium soutenu par 16 grandes banques européennes, travaille déjà à la création d'un réseau paneuropéen capable de rivaliser avec les géants américains . Le chemin sera long, mais le nouveau gouverneur de la Banque de France a donné le signal du départ.
L'un des plus gros talons d'Achille de l'Europe, c'est son système de paiement. Le diagnostic est sans appel : une analyse du Parlement européen de juin 2026 décrit la dépendance persistante aux géants non-européens comme une vulnérabilité critique de l'architecture financière de l'Union .
Les chiffres donnent le tournis : près de 66 % des paiements par carte dans la zone euro étaient traités via des réseaux internationaux, principalement Visa et Mastercard, des sociétés qui ne sont pas européennes . Et le scénario noir est vite esquissé : si ces fournisseurs venaient à couper le service, 15 des 20 pays de la zone euro se retrouveraient sans solution de paiement par carte .
Les responsables de la BCE, Moulin en tête, estiment que cette dépendance rend l'Europe « dépendante de la gentillesse d'étrangers en période de tensions géopolitiques accrues » . La présidente de la BCE, Christine Lagarde, avait déjà allumé la mèche en janvier en avertissant qu'il fallait « d'urgence » réduire cette dépendance .
La réponse européenne a un nom de code : l'euro numérique. Le calendrier, bien que dépendant du feu vert législatif, se précise :
Le projet avance : en octobre 2025, le Conseil des gouverneurs de la BCE a décidé de passer à la phase suivante du projet pour approfondir la préparation technique . Le coût total du développement est estimé à environ 1,3 milliard d'euros jusqu'à la première émission .
L'idée est de proposer une alternative de paiement numérique, sécurisée et surtout sous gouvernance européenne, qui ne dépende plus des fournisseurs étrangers .
L'appel de Moulin s'appuie sur une dynamique réelle. Selon le dernier rapport de la BCE publié le 2 juin 2026, le rôle international de l'euro a « modérément augmenté » en 2025, pour atteindre une part d'environ 20 % dans les indicateurs clés d'utilisation des devises au niveau mondial .
Fait notable, l'émission de dette internationale libellée en euros a atteint son plus haut niveau depuis la création de la monnaie unique, dépassant les 1 100 milliards de dollars . Mieux encore, l'euro est devenu en 2025 la première devise sur le marché des obligations vertes et durables, dépassant pour la première fois le dollar américain .
Mais il ne faut pas crier victoire trop vite. La part de l'euro reste stable autour de 20 % depuis deux décennies, très loin derrière le dollar qui domine toujours sans partage les réserves de change mondiales (58 % contre 20 %) . Comme le résume un rapport, l'euro n'a pas réussi à grappiller des parts de marché significatives au billet vert malgré les politiques économiques erratiques des États-Unis .
Cet appel à l'émancipation survient dans un climat économique brûlant. La zone euro fait face à une remontée de l'inflation, qui a atteint 3,2 % en mai 2026, son plus haut niveau depuis septembre 2023 . En cause : la flambée des prix de l'énergie (+10,9 % sur un an) et des services, conséquence directe des tensions au Moyen-Orient et de la perturbation des routes d'approvisionnement .
Cette poussée de fièvre rend quasi-certaine une hausse des taux directeurs de la BCE. Les marchés évaluent la probabilité d'une augmentation de 0,25 point lors de la réunion du Conseil des gouverneurs des 11 et 12 juin à environ 97 %, ce qui porterait le taux de dépôt de 2,00 % à 2,25 % . Une décision qui marquerait un tournant majeur pour la politique monétaire européenne.
Emmanuel Moulin est clair : la BCE ne peut pas agir seule. Il a explicitement souligné que les responsables politiques doivent « jouer leur rôle » . Sans l'adoption de la réglementation nécessaire en 2026, l'euro numérique restera dans les cartons . Cela exige une coordination sans faille entre le Parlement européen, le Conseil de l'UE et les États membres, ce qui est encore loin d'être acquis.
Au-delà de l'euro numérique, c'est tout un écosystème européen qu'il faut bâtir. L'Initiative Européenne de Paiement (EPI), un consortium soutenu par 16 grandes banques européennes, travaille déjà à la création d'un réseau paneuropéen capable de rivaliser avec les géants américains . Le chemin sera long, mais le nouveau gouverneur de la Banque de France a donné le signal du départ.