Une coalition de neuf pays – la Pologne, la Bulgarie, la République tchèque, l'Estonie, la Hongrie, l'Italie, la Lettonie, la Slovaquie et la Slovénie – a officiellement contesté le projet dans un "non-papier" commun. Piloté par Varsovie, ce groupe estime que les objectifs proposés sont prématurés. Il pointe notamment les fortes disparités en matière d’infrastructures de recharge et les écarts de pouvoir d’achat qui rendent les mandats contraignants inapplicables en l’état .
La coalition plaide pour une refonte totale du mécanisme, en remplaçant les obligations d'achat par des "mécanismes incitatifs", des mesures fiscales et des investissements ciblés dans les infrastructures. Les États signataires préviennent que le texte actuel risque de "fausser le marché unique" en imposant des coûts disproportionnés aux économies les moins préparées à une électrification massive des flottes .
La carte de cette fronde met en lumière une fracture géographique nette. Le bloc d’opposants est largement dominé par les pays d'Europe centrale et orientale, où le taux d'adoption des véhicules électriques, la densité des bornes de recharge et le pouvoir d'achat des ménages sont très en retard par rapport à l'Europe de l'Ouest et du Nord. La Pologne et la Bulgarie, par exemple, affichent certains des taux de pénétration de l'électrique les plus bas de l'UE . Bien que la Commission ait indexé ses cibles sur le PIB, la coalition juge cette formule insuffisante pour compenser des handicaps structurels profonds, comme des décennies de sous-investissement dans les réseaux .
L'offensive politique est puissamment relayée par les voix patronales. Le 29 mai 2026, BusinessEurope, le principal lobby patronal européen, a publié une note de position exigeant que la transition soit menée "par des incitations et non par des mandats", tout en réclamant une stricte neutralité technologique plutôt qu'une orientation de fait vers le tout électrique à batterie .
Les constructeurs n'ont pas été en reste. Le groupe BMW a diffusé une analyse dénonçant des mandats qui "manquent leur cible" et aboutiraient, dans les faits, à une interdiction des véhicules thermiques dès 2030, quelles que soient la demande réelle du marché ou les conditions économiques . Dès décembre 2025, BMW et Toyota s'étaient joints à une coalition de 67 entreprises de leasing, de location et de gestion de flotte pour adresser une lettre à la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, jugeant ces objectifs contraignants "d'un coût prohibitif et contre-productifs" .
Un cercle plus large d'associations sectorielles – dont l'AECC, l'IRU, le CLEPA et FuelsEurope – s'est également prononcé en faveur d'approches incitatives, technologiquement neutres, et d'une exemption des sociétés de leasing et des PME du périmètre du règlement .
Le processus législatif entre dans une phase décisive :
Pour être adopté au Conseil, le règlement doit recueillir une majorité qualifiée : soit 55 % des États membres (15 sur 27), représentant au moins 65 % de la population de l’UE. Une minorité de blocage peut être formée par seulement quatre pays représentant 35 % de la population. La coalition des neuf, qui inclut des poids lourds comme la Pologne et l'Italie, dépasse d'ores et déjà ce seuil .
En clair, la Commission se trouve dans une impasse politique totale et ne peut espérer faire passer son texte en l'état. Le scénario le plus probable est un net recul par rapport aux mandats nationaux contraignants, au profit d'un cadre plus flexible mettant l'accent sur des incitations, un soutien au déploiement des bornes et un calendrier de transition allongé. Sans ces concessions, le règlement n'obtiendra jamais la majorité requise.
Une coalition de neuf pays – la Pologne, la Bulgarie, la République tchèque, l'Estonie, la Hongrie, l'Italie, la Lettonie, la Slovaquie et la Slovénie – a officiellement contesté le projet dans un "non-papier" commun. Piloté par Varsovie, ce groupe estime que les objectifs proposés sont prématurés. Il pointe notamment les fortes disparités en matière d’infrastructures de recharge et les écarts de pouvoir d’achat qui rendent les mandats contraignants inapplicables en l’état .
La coalition plaide pour une refonte totale du mécanisme, en remplaçant les obligations d'achat par des "mécanismes incitatifs", des mesures fiscales et des investissements ciblés dans les infrastructures. Les États signataires préviennent que le texte actuel risque de "fausser le marché unique" en imposant des coûts disproportionnés aux économies les moins préparées à une électrification massive des flottes .
La carte de cette fronde met en lumière une fracture géographique nette. Le bloc d’opposants est largement dominé par les pays d'Europe centrale et orientale, où le taux d'adoption des véhicules électriques, la densité des bornes de recharge et le pouvoir d'achat des ménages sont très en retard par rapport à l'Europe de l'Ouest et du Nord. La Pologne et la Bulgarie, par exemple, affichent certains des taux de pénétration de l'électrique les plus bas de l'UE . Bien que la Commission ait indexé ses cibles sur le PIB, la coalition juge cette formule insuffisante pour compenser des handicaps structurels profonds, comme des décennies de sous-investissement dans les réseaux .
L'offensive politique est puissamment relayée par les voix patronales. Le 29 mai 2026, BusinessEurope, le principal lobby patronal européen, a publié une note de position exigeant que la transition soit menée "par des incitations et non par des mandats", tout en réclamant une stricte neutralité technologique plutôt qu'une orientation de fait vers le tout électrique à batterie .
Les constructeurs n'ont pas été en reste. Le groupe BMW a diffusé une analyse dénonçant des mandats qui "manquent leur cible" et aboutiraient, dans les faits, à une interdiction des véhicules thermiques dès 2030, quelles que soient la demande réelle du marché ou les conditions économiques . Dès décembre 2025, BMW et Toyota s'étaient joints à une coalition de 67 entreprises de leasing, de location et de gestion de flotte pour adresser une lettre à la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, jugeant ces objectifs contraignants "d'un coût prohibitif et contre-productifs" .
Un cercle plus large d'associations sectorielles – dont l'AECC, l'IRU, le CLEPA et FuelsEurope – s'est également prononcé en faveur d'approches incitatives, technologiquement neutres, et d'une exemption des sociétés de leasing et des PME du périmètre du règlement .
Le processus législatif entre dans une phase décisive :
Pour être adopté au Conseil, le règlement doit recueillir une majorité qualifiée : soit 55 % des États membres (15 sur 27), représentant au moins 65 % de la population de l’UE. Une minorité de blocage peut être formée par seulement quatre pays représentant 35 % de la population. La coalition des neuf, qui inclut des poids lourds comme la Pologne et l'Italie, dépasse d'ores et déjà ce seuil .
En clair, la Commission se trouve dans une impasse politique totale et ne peut espérer faire passer son texte en l'état. Le scénario le plus probable est un net recul par rapport aux mandats nationaux contraignants, au profit d'un cadre plus flexible mettant l'accent sur des incitations, un soutien au déploiement des bornes et un calendrier de transition allongé. Sans ces concessions, le règlement n'obtiendra jamais la majorité requise.