Pour comprendre la logique de ce plan, un retour en arrière s’impose. En octobre 2024, Londres avait conclu un accord pour rétrocéder la souveraineté de l’archipel des Chagos à Maurice, un accord initialement soutenu par Washington . Mais le président Trump a opéré un revirement spectaculaire en janvier 2026, qualifiant cette décision britannique de « grande stupidité » et bloquant l’adoption des textes législatifs nécessaires à sa finalisation
.
Conséquence directe de cette opposition américaine : au printemps 2026, l’accord était au point mort . Le projet rapporté de la Maison Blanche propose donc de court-circuiter complètement le Royaume-Uni en négociant un contrat d’achat directement avec Maurice, qui est désormais reconnu comme le souverain légitime par Londres
. En procédant ainsi, Washington obtiendrait le contrôle total du territoire, et surtout de sa base militaire, sans dépendre du processus législatif bloqué du Parlement britannique
.
Diego Garcia est bien plus qu’une simple île. Pour les stratèges américains, elle constitue l’un des avant-postes militaires les plus précieux de la planète.
La volonté d’acheter les Chagos s’inscrit dans une logique plus large de l’administration Trump en matière d’expansion territoriale. Le parallèle avec la tentative d’achat, puis les menaces d’annexion du Groenland, est frappant. En voici les grandes lignes :
Deux différences majeures sautent aux yeux :
Plusieurs analystes y voient un repli tactique après l’échec retentissant de l’offensive sur le Groenland. Incapable d’acquérir le vaste territoire arctique par la force ou par l’argent, la Maison Blanche se tournerait vers une cible plus modeste, où une transaction financière classique pourrait suffire à atteindre l’objectif stratégique .