Ces violences ne sont pas des incidents isolés. Elles s'inscrivent dans un climat de défiance profonde qui ébranle les communautés locales.
« Certains Congolais croient que les Occidentaux ont créé cette maladie », ou tout simplement qu'Ebola n'existe pas . Cette phrase, rapportée par des médias et des humanitaires, résume l'ampleur du défi. Dans un contexte où les rumeurs voyagent plus vite que les messages de prévention officiels, de nombreuses familles cachent leurs proches malades ou refusent les enterrements sécurisés, non par malveillance, mais pour respecter des traditions culturelles profondément ancrées
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Dans un village, des agents de santé ont été menacés de voir appelés des rebelles armés s'ils restaient ; ils ont dû partir, laissant la famille procéder elle-même à l'inhumation, exposant potentiellement des dizaines d'autres personnes . L'OMS a qualifié la maladie de Bundibugyo de « maladie que l'on contracte en prenant soin de quelqu'un »
, soulignant à quel point les liens sociaux sont au cœur du problème.
Conséquence directe de cette défiance, la recherche des contacts est gravement compromise. Le taux de suivi plafonne autour de 45 %, très loin du seuil de 90 % nécessaire pour espérer contenir la propagation. Par ailleurs, l'insécurité chronique dans l'est de la RDC, marquée par les combats entre le groupe armé M23 et les forces gouvernementales, entrave la libre circulation des équipes médicales . Dans la province de l'Ituri, les équipes d'enterrement ne peuvent désormais plus opérer sans une escorte de l'armée ou de la police
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Face à ce constat, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, martèle que les outils techniques seuls ne suffiront pas. La clé du succès réside dans la confiance des communautés, le leadership local et l'engagement social . Concrètement, les efforts de riposte misent sur les radios communautaires pour déconstruire les théories du complot et diffuser des conseils sanitaires précis, même si la bataille contre les rumeurs profondément enracinées reste inégale
. Les Nations Unies et l'OMS intensifient leurs opérations, tout en prévenant que l'insécurité et la mésinformation demeurent les « obstacles majeurs » à la fin de l'épidémie
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Bilan chiffré au 2 juin :
Selon les données officielles, le CDC américain fait état de 363 cas confirmés et 62 décès à travers la RDC, l'épidémie s'étendant désormais sur 24 zones de santé au sein de trois provinces . Le nombre de cas suspects, bien plus élevé, laisse entrevoir l'ampleur des lacunes en matière de surveillance.