Le Commandement des États-Unis pour l’Europe (USEUCOM) a expliqué que cette décision permet au pays de se préparer à la « réalité potentielle » de devoir mener plusieurs conflits majeurs simultanément, en particulier avec un recentrage stratégique sur la Chine .
Le général Alexus Grynkewich, patron de l’USEUCOM et Commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR) pour l’OTAN, a justifié ces coupes en dénonçant une « co-dépendance malsaine » envers les forces américaines au sein de l’Alliance. Il a insisté sur le fait que les alliés européens et le Canada doivent désormais assumer la responsabilité principale de la défense conventionnelle de l’Europe .
Dès le 3 juin, le général Grynkewich a publiquement déclaré que les États-Unis attendent des alliés européens de l’OTAN et du Canada qu’ils augmentent rapidement le nombre d’aéronefs, pilotés ou non, et de navires qu’ils mettent à disposition des plans de défense de l’Alliance. L’objectif est de combler les vides laissés par le retrait américain . Cette exigence doit être satisfaite d’ici le sommet de l’OTAN à Ankara, prévu les 7 et 8 juillet
.
Une ampleur inattendue
Der Spiegel a qualifié ces coupes de « plus radicales que ce à quoi les Européens s’attendaient » . Leur portée — diviser par deux les bombardiers, retirer tous les sous-marins, réduire d’un tiers les chasseurs — est perçue comme une réduction substantielle ayant pris de court nombre de capitales alliées
.
Craintes pour la dissuasion
Des responsables, actuels et anciens, ont confié à Stars and Stripes qu’il s’agit d’une « réduction drastique » des forces de réaction rapide américaines pour l’Europe . Le Secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a reconnu que la manœuvre était « prévisible » et « dans l’ordre des choses », mais il s’est refusé à tout commentaire sur les détails avant l’annonce formelle
.
Les alliés sont encore en train de « digérer » les implications de cette décision, et des inquiétudes émergent quant à un possible affaiblissement du bouclier de l’OTAN au moment même où l’Europe tente de se réarmer .
Un flou calendaire préoccupant
Selon le journal Welt am Sonntag, le Pentagone a présenté ces coupes sans offrir aux alliés une période de transition significative ni un calendrier de mise en œuvre précis . Les capitales européennes pressent Washington d’obtenir des détails sur le rythme du retrait et les effectifs concernés, mais aucune échéance concrète n’a été communiquée
.