Le point de vue préliminaire de la Commission, formellement communiqué en mars 2025, est que certaines fonctionnalités de Google Search violent l’article 6(5) du DMA en n’assurant pas un traitement transparent, équitable et non discriminatoire des services tiers . Concrètement, il est reproché à Google d’intégrer dans ses pages de résultats des modules enrichis (comparateurs de prix d’hôtels, de vols, de produits) qui écrasent visuellement les comparateurs spécialisés européens, réduisant drastiquement leur capacité à atteindre les consommateurs
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Malgré des mois de dialogue avec les régulateurs, les propositions de mise en conformité de Google n’ont pas convaincu. L’entreprise a bien opéré des ajustements début 2024, menant notamment un test de courte durée qui supprimait les modules enrichis pour revenir à de simples "liens bleus" sur certaines requêtes . Mais pour la Commission, cela reste cosmétique.
Parmi les principaux manquements :
La commissaire européenne à la Concurrence, Teresa Ribera, a reconnu la lenteur de la procédure mais a promis une issue prochaine : "Elle viendra" .
Si le montant de "plusieurs centaines de millions d’euros" se confirme, cette sanction deviendrait la plus importante jamais prononcée sous le nouveau règlement DMA, bien supérieure à celles déjà infligées à Apple et Meta .
Les précédentes amendes sous le DMA, encore peu nombreuses :
Un historique antitrust colossal :
Cette affaire s’ajoute à un passif déjà très lourd pour Google sous les règles classiques de la concurrence (article 102 du TFUE). Rien qu'en septembre 2025, le géant californien a écopé d’une amende de 2,95 milliards d’euros pour avoir favorisé sa propre technologie publicitaire, ce qui a même nécessité la cession de certaines activités . Le total des amendes antitrust européennes pour Google dépasse ainsi les 8 milliards d’euros
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L’addition est salée pour l’ensemble du secteur : en 2025, les géants de la tech ont dû payer au moins 3,77 milliards d’euros d’amendes dans l’UE .
Un bras de fer diplomatique
Cette politique de fermeté n’est pas sans conséquences géopolitiques. Après l’amende record de septembre 2025, l’administration Trump avait ouvertement menacé l’UE d’une hausse des droits de douane en représailles, dénonçant une "taxe" injuste sur les entreprises américaines .
La décision formelle est attendue avant l’été 2026 . Ses conséquences pourraient être concrètes : Google a d’ores et déjà annoncé préparer le test de nouveaux formats où les comparateurs de voyages ou d’hôtels concurrents seraient mis en évidence
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L’enjeu est de taille. Pour la crédibilité de l’Union européenne face aux plateformes dominantes, comme pour les comparateurs, les éditeurs et les start-up du Vieux Continent, le verdict dira si la promesse du DMA de créer des marchés numériques plus équitables et contestables devient réalité.