Les responsables de la santé publique estiment toutefois que le nombre réel pourrait être plus élevé, car les zones touchées sont difficiles d’accès et les systèmes de surveillance y sont limités.
Le foyer initial a été identifié dans la province de l’Ituri, dans le nord‑est de la RDC. Plusieurs zones de santé y ont signalé des grappes de cas graves et de décès inhabituels.
Depuis, le virus s’est propagé à d’autres zones de santé dans l’est du pays. Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) indiquent que au moins neuf zones de santé ont été touchées.
La transmission ne s’est pas arrêtée aux frontières : des cas confirmés ont été détectés en Ouganda chez des personnes ayant voyagé depuis la RDC, transformant la situation en crise régionale.
La plupart des grandes épidémies d’Ebola de la dernière décennie étaient dues à l’espèce Zaire ebolavirus, pour laquelle des vaccins et certains traitements ont été développés.
L’épidémie actuelle est différente : elle est causée par le virus Bundibugyo, beaucoup moins fréquent.
Cette particularité pose plusieurs problèmes :
En conséquence, les équipes sanitaires doivent s’appuyer principalement sur des méthodes classiques de contrôle : isolement des malades, suivi des contacts et sensibilisation des communautés.
La lutte contre Ebola repose largement sur l’identification rapide des personnes infectées et de celles qui ont été en contact étroit avec elles.
Dans l’est de la RDC, ce travail est particulièrement compliqué.
Les autorités sanitaires expliquent que les zones touchées sont isolées, touchées par des conflits armés et marquées par des déplacements de population, avec des infrastructures sanitaires limitées.
Ces conditions rendent plus difficiles :
Selon l’OMS, ces obstacles signifient que l’ampleur réelle de l’épidémie pourrait être sous‑estimée.
La propagation transfrontalière a renforcé les inquiétudes concernant une extension régionale.
L’OMS estime que les pays partageant une frontière avec la RDC et l’Ouganda sont exposés à un risque élevé de nouveaux cas.
Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) cite notamment plusieurs pays susceptibles d’être touchés :
La plupart entretiennent des liens commerciaux et des flux de déplacement importants avec les zones touchées.
L’OMS a déployé des experts et renforcé les opérations d’urgence pour soutenir les autorités sanitaires de la RDC et de l’Ouganda. Les efforts portent sur la surveillance épidémiologique, la capacité de traitement, la prévention des infections et l’information des populations.
La déclaration d’urgence internationale permet aussi de mobiliser des financements et d’encourager les pays voisins à renforcer leur préparation sanitaire.
La Banque mondiale a envoyé des équipes et des ressources dans l’est de la RDC et prépare un paquet de financement d’urgence afin de soutenir rapidement les efforts de lutte contre l’épidémie. Le montant exact n’a pas encore été confirmé publiquement.
Les États‑Unis ont mobilisé leur réponse via les CDC et d’autres agences fédérales.
Les mesures comprennent :
Les autorités américaines précisent que le risque d’introduction du virus aux États‑Unis reste faible, mais que ces mesures visent à prévenir tout cas importé.
Pour l’instant, les experts estiment que le risque est élevé au niveau régional mais faible à l’échelle mondiale, notamment parce qu’Ebola se transmet par contact direct avec des fluides corporels infectés et non par voie aérienne.
Cependant, la combinaison d’une souche rare, de l’absence de contre‑mesures médicales spécifiques et de conditions sécuritaires difficiles dans l’est de la RDC signifie que l’épidémie pourrait continuer de s’étendre si elle n’est pas rapidement contenue.
L’objectif des autorités sanitaires est désormais clair : identifier rapidement les cas, interrompre les chaînes de transmission et empêcher une propagation plus large en Afrique centrale et de l’Est.