Ces incidents surviennent quelques jours seulement après un important rappel logiciel destiné précisément à empêcher les robotaxis d’entrer dans des zones submergées.
L’épisode le plus médiatisé s’est produit à Atlanta, où un robotaxi Waymo circulant sans passager s’est engagé dans une intersection inondée pendant une tempête. Le véhicule s’est immobilisé et est resté bloqué environ une heure avant d’être récupéré.
Selon les informations rapportées, la voiture autonome s’est engagée dans la zone inondée avant de s’arrêter, illustrant la difficulté pour les systèmes automatisés de détecter rapidement une accumulation d’eau soudaine sur une route urbaine.
À la suite de cet incident — et de situations similaires signalées au Texas — Waymo a suspendu temporairement son service local afin d’analyser la réaction de son système de conduite autonome face à ces conditions météorologiques extrêmes.
Quelques jours auparavant, Waymo avait annoncé un rappel volontaire de 3 791 robotaxis aux États‑Unis en raison d’un défaut logiciel susceptible de laisser un véhicule s’engager dans une route inondée.
Ce rappel faisait suite à un incident survenu le 20 avril 2026 à San Antonio, lorsqu’un robotaxi Waymo avait rencontré une section de route submergée et impraticable lors d’intempéries. Le véhicule ne transportait personne et aucun blessé n’a été signalé, mais l’événement a révélé une faiblesse dans la détection de certaines conditions routières dangereuses.
La solution proposée par l’entreprise a pris la forme d’une mise à jour logicielle envoyée à distance (over‑the‑air) à toute la flotte. L’objectif : empêcher plus efficacement les véhicules d’entrer dans des voies inondées, en particulier sur des routes rapides où les crues soudaines peuvent être particulièrement dangereuses.
Malgré cette correction, les incidents survenus lors de fortes pluies ont montré que toutes les situations réelles n’étaient pas encore correctement anticipées par le système.
La mise à jour logicielle ciblait surtout un cas précis : l’entrée dans des voies inondées sur des routes à vitesse élevée.
Or, en ville, les inondations peuvent se former différemment : accumulation d’eau à une intersection, rue en pente qui se transforme en bassin, ou montée rapide de l’eau avant même qu’une alerte officielle ne soit émise.
Dans ce type de scénario, les véhicules autonomes peuvent rencontrer des situations encore insuffisamment représentées dans leurs données d’entraînement. La suspension temporaire du service permet donc aux ingénieurs d’analyser les événements et d’améliorer les systèmes de détection et de sécurité.
Pour réduire les risques, Waymo explique que ses équipes s’appuient aussi sur des signaux externes, notamment les alertes du National Weather Service (NWS) — l’agence météorologique fédérale américaine.
Ces alertes, combinées à la surveillance interne des conditions météo et routières, peuvent déclencher une limitation ou une suspension du service dans certaines zones.
Cela rappelle qu’aujourd’hui, même les flottes de véhicules autonomes ne fonctionnent pas totalement seules : des systèmes de supervision et des équipes humaines peuvent intervenir à l’échelle du réseau pour interrompre les opérations lorsque les conditions deviennent imprévisibles.
Les incidents liés aux inondations surviennent alors que Waymo fait déjà l’objet d’une attention accrue des autorités fédérales américaines.
En octobre 2025, la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA) — l’agence américaine chargée de la sécurité routière — a ouvert une enquête sur des signalements selon lesquels des robotaxis Waymo auraient dépassé des bus scolaires à l’arrêt avec leurs feux rouges clignotants.
Des documents transmis par le district scolaire d’Austin indiquent 19 incidents de ce type pendant l’année scolaire 2025‑2026, ce qui a renforcé les inquiétudes des régulateurs.
La National Transportation Safety Board (NTSB), organisme fédéral indépendant chargé d’enquêter sur les accidents de transport, a également lancé sa propre investigation sur ces comportements au Texas.
Un autre incident majeur s’est produit le 23 janvier 2026 à Santa Monica, en Californie, lorsqu’un véhicule autonome Waymo a percuté un élève de 9 ans dans une zone scolaire. L’enfant a subi des blessures légères.
Selon les premières informations des enquêteurs fédéraux, l’enfant aurait traversé la rue en surgissant derrière un SUV stationné pendant l’heure de dépôt des élèves. L’accident fait toujours l’objet d’une enquête par la NHTSA et la NTSB.
Pris ensemble, ces événements ne signifient pas que les véhicules autonomes ne peuvent pas être améliorés. Waymo déploie régulièrement des correctifs logiciels à distance pour corriger les comportements problématiques dans sa flotte.
Mais ils illustrent aussi un défi central pour la conduite autonome : la complexité du monde réel. Des phénomènes comme les crues soudaines, les comportements imprévisibles des piétons ou certaines règles de circulation locales peuvent révéler des cas limites que les systèmes doivent encore apprendre à gérer.
Pour les entreprises qui développent des réseaux de robotaxis, la capacité à identifier rapidement ces situations et à corriger le logiciel sur des milliers de véhicules devient ainsi un test majeur pour la maturité de la technologie.