Le navire transportait passagers et membres d’équipage issus de 23 pays, ce qui a immédiatement transformé l’incident en événement de santé publique multinational.
Lorsque le bateau s’est approché de Praia, au Cap‑Vert, plusieurs personnes gravement malades ont dû être évacuées médicalement. Au moins trois patients symptomatiques ont été transférés à terre pour recevoir des soins et subir des tests.
Les chiffres ont évolué à mesure que les analyses et la recherche de contacts progressaient :
Aucun décès supplémentaire n’a été rapporté après le premier groupe de cas.
Les échantillons prélevés sur les patients évacués au Cap‑Vert ont été envoyés pour analyse dans plusieurs laboratoires internationaux. L’un des centres impliqués était l’Institut Pasteur de Dakar (Sénégal), où les tests ont confirmé une infection récente par le virus Andes chez deux des patients évacués.
Parallèlement, d’autres laboratoires de référence ont contribué à l’analyse scientifique du foyer.
Le séquençage génétique réalisé à partir d’échantillons de patients a confirmé que l’agent pathogène était bien l’hantavirus Andes et qu’il ne présentait pas de mutation nouvelle, ce qui a permis d’écarter l’hypothèse d’un variant inédit.
L’Institut Pasteur à Paris, qui héberge le Centre national de référence des hantavirus en France, a également reçu des échantillons liés à des cas suspects parmi des passagers français afin de confirmer les diagnostics.
Cette collaboration internationale a permis d’identifier rapidement le virus et d’orienter les mesures de contrôle.
Les hantavirus sont habituellement transmis à l’être humain par des rongeurs infectés. Le virus Andes, présent surtout dans certaines régions d’Argentine et du Chili, est particulier : contrairement à la plupart des hantavirus, une transmission interhumaine limitée a déjà été observée lors d’épidémies précédentes.
L’itinéraire de la croisière offre un indice important. Le voyage du MV Hondius avait débuté à Ushuaïa, en Argentine, près de zones où le virus circule dans la faune sauvage.
Les enquêteurs ont donc envisagé deux scénarios principaux :
À ce stade, aucun « cas index » n’a été officiellement identifié et la chaîne exacte de transmission reste étudiée.
Une fois l’épidémie reconnue, un défi majeur est apparu : les passagers et membres d’équipage étaient déjà répartis dans de nombreux pays.
Les autorités sanitaires ont coordonné leurs actions pour :
Le navire a ensuite rejoint Rotterdam (Pays‑Bas), où il a été placé au quai pour des opérations de désinfection et d’enquête sanitaire.
Même si le nombre de cas est resté relativement faible, l’événement montre comment fonctionne aujourd’hui la surveillance sanitaire internationale.
Plusieurs éléments ont joué un rôle clé :
Alertes rapides entre pays. Les autorités ont informé les réseaux européens et l’OMS quelques jours seulement après les premiers cas graves.
Capacités de laboratoire distribuées. Les analyses ont mobilisé plusieurs centres de référence, dont l’Institut Pasteur de Dakar, illustrant le rôle croissant des infrastructures scientifiques africaines dans la réponse aux épidémies.
Séquençage génétique rapide. L’identification du virus et l’exclusion d’une mutation nouvelle ont été obtenues rapidement grâce au séquençage.
Au même moment, une autre crise sanitaire se développait en Afrique centrale. En mai 2026, une épidémie d’Ebola due au virus Bundibugyo a été détectée en République démocratique du Congo, puis en Ouganda.
Le virus a été identifié par analyse en laboratoire à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) à Kinshasa.
La réaction internationale a été rapide :
Cette identification rapide par des laboratoires régionaux montre que de plus en plus de diagnostics critiques sont réalisés directement dans les pays concernés, sans devoir systématiquement envoyer les échantillons en Europe ou en Amérique du Nord.
L’épidémie du MV Hondius est restée limitée, mais elle offre une illustration claire de la surveillance moderne des maladies infectieuses. Un pathogène rare est apparu parmi des voyageurs de plus de vingt pays, a entraîné des évacuations médicales près du Cap‑Vert, puis a été identifié génétiquement en quelques jours grâce à une collaboration internationale.
Avec 11 cas et 3 décès, l’événement était sérieux mais maîtrisé. Surtout, il montre comment les systèmes d’alerte rapides, le séquençage génétique et le renforcement des laboratoires régionaux — notamment en Afrique — transforment la manière dont le monde détecte et répond aux nouvelles menaces sanitaires.