Selon les autorités, l’expansion du pipeline pourrait doubler la capacité d’exportation des Émirats via Fujairah d’ici 2027.
Pour un pays qui figure parmi les principaux producteurs de pétrole au monde, disposer de routes d’exportation alternatives est devenu un élément central de sa stratégie énergétique.
Le détroit d’Ormuz, situé entre l’Iran et Oman, relie le golfe Persique à l’océan Indien. Malgré sa largeur limitée, il constitue l’un des axes les plus importants du commerce énergétique mondial.
D’après l’U.S. Energy Information Administration (EIA), environ 20 millions de barils de pétrole par jour ont transité par ce passage en 2024 — soit près de 20 % de la consommation mondiale de liquides pétroliers et plus d’un quart du commerce pétrolier maritime mondial.
Le détroit joue également un rôle majeur pour le gaz : environ un cinquième du commerce mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) y transite également.
Cette concentration extrême du trafic énergétique dans un corridor étroit signifie que toute perturbation peut avoir des répercussions rapides sur les prix du pétrole, les coûts de transport maritime, les assurances et les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Selon Sultan Al Jaber, même si les tensions régionales se dissipent rapidement, les conséquences logistiques d’une perturbation majeure pourraient persister.
Il estime que les flux pétroliers mondiaux pourraient mettre au moins quatre mois à revenir à environ 80 % de leurs niveaux d’avant‑crise après la fin d’un conflit dans la région.
La reprise complète nécessite en effet de relancer les routes maritimes, de réorganiser les cargaisons, de rétablir les couvertures d’assurance et de stabiliser les marchés énergétiques.
Le projet de pipeline illustre une évolution plus large dans la manière dont les États producteurs envisagent la sécurité énergétique.
Pendant longtemps, cette notion se concentrait surtout sur les réserves et la capacité de production. Aujourd’hui, les gouvernements et les compagnies pétrolières s’intéressent de plus en plus à la résilience des infrastructures et à la diversification des routes d’exportation.
En développant des pipelines et des terminaux situés hors des points d’étranglement comme Ormuz, les pays producteurs cherchent à garantir que les flux énergétiques puissent continuer même en cas de crise géopolitique.
Pour les Émirats arabes unis, le pipeline Ouest‑Est représente donc bien plus qu’un simple projet d’infrastructure : c’est une assurance stratégique pour maintenir leurs exportations — et contribuer à la stabilité de l’approvisionnement énergétique mondial — dans l’une des régions les plus sensibles du globe.
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