Emmanuel Macron a expliqué que certaines caractéristiques des crypto‑actifs peuvent être exploitées par des réseaux criminels lorsque les contrôles sont insuffisants.
Il a notamment évoqué deux points sensibles :
Selon lui, si les États ne coordonnent pas leurs politiques, le système financier pourrait basculer vers un nouveau « Far West » numérique, où les criminels profiteraient des zones grises de la réglementation.
Le président français a toutefois insisté sur un point : les actifs numériques ne doivent pas être considérés uniquement comme une menace.
Lorsqu’ils sont correctement encadrés, les technologies liées à la blockchain et aux cryptomonnaies peuvent offrir plusieurs avantages :
Cette approche nuancée reflète la position de nombreux décideurs publics : soutenir l’innovation tout en limitant les risques liés aux usages illicites.
Pour Emmanuel Macron, le problème central est que les marchés de crypto‑actifs sont intrinsèquement mondiaux. Une régulation nationale isolée peut donc être contournée simplement en déplaçant les activités vers un autre pays.
C’est pourquoi il appelle à renforcer la coordination via des organisations internationales comme le Groupe d’action financière (GAFI / FATF), l’organisme intergouvernemental qui établit les normes mondiales contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Des règles harmonisées permettraient notamment :
Le président français a également mis en garde contre une dynamique possible : certains pays pourraient être tentés d’attirer les entreprises crypto en assouplissant fortement leurs règles.
Selon lui, de telles juridictions risqueraient de devenir de véritables refuges réglementaires, facilitant le déplacement de capitaux illicites et compliquant le travail des autorités internationales.
Dans ce scénario, les pays qui tolèrent ces zones peu régulées pourraient indirectement contribuer au financement du terrorisme et du crime organisé.
La conférence parisienne s’inscrit dans une stratégie plus large visant à moderniser la lutte contre le financement du terrorisme face aux nouvelles technologies financières.
Le message d’Emmanuel Macron rejoint un constat de plus en plus partagé parmi les décideurs publics : les actifs numériques peuvent stimuler l’innovation et transformer les paiements, mais leur encadrement doit évoluer au même rythme.
Sans coordination internationale solide, la même technologie qui facilite des échanges financiers plus rapides pourrait aussi offrir aux réseaux criminels de nouvelles routes pour déplacer de l’argent à travers le monde.