Au 19 mai 2026, les autorités sanitaires relient environ 500 cas suspects et au moins 131 décès à cette épidémie.
Quelques jours plus tôt, les estimations faisaient état d’environ 246 cas suspects et 80 décès, ce qui montre à quel point la situation a évolué rapidement à mesure que la surveillance et les signalements se sont améliorés.
L’épidémie a débuté dans la province de l’Ituri, au nord‑est de la RDC, notamment dans la zone de santé de Mongbwalu. Les autorités ont été alertées le 5 mai après l’apparition d’un groupe de cas graves accompagnés d’une mortalité élevée, y compris chez des personnels de santé. Les analyses de laboratoire ont confirmé la présence du virus Ebola de type Bundibugyo autour du 14‑15 mai.
Depuis, des cas liés à l’épidémie ont été détectés en dehors de la zone initiale, notamment :
Ces détections indiquent une propagation transfrontalière et sur de longues distances, ce qui accroît le risque de diffusion régionale.
Le 17 mai 2026, l’OMS a estimé que la situation répondait aux critères d’une urgence de santé publique de portée internationale (PHEIC), un niveau d’alerte utilisé pour les menaces sanitaires les plus graves au niveau mondial.
Plusieurs facteurs ont motivé cette décision :
L’objectif de cette déclaration est de mobiliser des ressources internationales, coordonner les réponses sanitaires et accélérer la recherche médicale. L’OMS précise toutefois que la situation ne correspond pas à une “urgence pandémique” et ne recommande pas de restrictions générales de voyage.
Après la grande épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016, plusieurs vaccins et traitements ont été développés. Cependant, ils ciblent principalement Zaire ebolavirus, l’espèce responsable de la plupart des grandes flambées.
Or, l’épidémie actuelle est causée par Bundibugyo ebolavirus, génétiquement différent. Cette différence signifie que les vaccins existants n’ont pas été conçus pour offrir une protection contre cette souche.
Les autorités sanitaires soulignent notamment :
Certains chercheurs examinent l’hypothèse d’une protection partielle du vaccin actuel, mais les preuves scientifiques restent limitées.
La situation est similaire pour les traitements. Les deux thérapies à anticorps monoclonaux utilisées lors de récentes épidémies d’Ebola ciblent également la souche Zaire.
Selon les experts, aucun traitement antiviral spécifique n’est approuvé pour le virus Bundibugyo.
Dans la pratique, les soins reposent donc surtout sur la prise en charge de soutien, qui comprend :
Ces soins peuvent améliorer les chances de survie, mais ils ne neutralisent pas directement le virus.
Un vaccin conçu spécialement pour la souche Bundibugyo n’est pas encore prêt pour des essais cliniques chez l’humain.
Les experts indiquent que les candidats vaccins doivent encore passer par des étapes de recherche en laboratoire et d’expérimentation animale avant de pouvoir être testés sur des volontaires. Ce processus pourrait prendre plusieurs mois.
Face à l’épidémie, l’OMS a réuni des groupes d’experts pour examiner différentes options :
Pour l’instant, aucun vaccin spécifique n’est disponible pour contrôler directement cette flambée épidémique.
Plusieurs facteurs structurels compliquent la réponse sanitaire.
Le virus semble avoir circulé pendant un certain temps avant d’être identifié. Les autorités ont été alertées le 5 mai, mais la confirmation en laboratoire n’est intervenue qu’environ neuf jours plus tard.
Ce délai peut permettre à plusieurs chaînes de transmission de se développer avant la mise en place de l’isolement et du traçage des contacts.
Les épidémies de Bundibugyo sont rares, ce qui signifie que les outils diagnostiques et les plans de préparation sont moins développés que pour la souche Zaire. Cela rend l’identification précoce plus difficile.
L’est de la RDC est marqué par une insécurité chronique. Les conflits peuvent entraver le travail des équipes sanitaires, limiter l’accès aux laboratoires et ralentir les campagnes de sensibilisation ou d’inhumation sécurisée.
Avec des cas signalés à la fois en RDC et en Ouganda, la réponse doit être coordonnée entre plusieurs pays, notamment pour la surveillance, les tests de laboratoire et le suivi des contacts.
Les autorités sanitaires estiment que le risque le plus élevé concerne la RDC, l’Ouganda et les pays voisins ayant des échanges fréquents avec ces régions.
Pour le reste du monde, le risque demeure faible pour l’instant, à condition que les cas soient détectés rapidement et isolés.
La principale inquiétude n’est pas que ce virus soit devenu capable de provoquer une pandémie mondiale, mais plutôt que la communauté internationale dispose de peu d’outils médicaux éprouvés contre cette espèce d’Ebola alors que l’épidémie franchit déjà des frontières.
C’est cette combinaison — virus rare, manque de contre‑mesures et conditions locales difficiles — qui explique pourquoi les autorités sanitaires internationales traitent la situation comme une urgence majeure.