Les investissements industriels chinois « greenfield » en Europe approchent les 9 milliards d’euros en 2025, un niveau record porté surtout par les batteries et les véhicules électriques. La stratégie évolue : les entreprises chinoises construisent désormais des usines dans l’UE plutôt que d’acquérir des sociétés eu...

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L’investissement chinois en Europe connaît une transformation profonde. Pendant longtemps, les entreprises chinoises privilégiaient l’achat de sociétés européennes. Aujourd’hui, la tendance dominante consiste à construire de nouvelles usines sur place, ce que l’on appelle l’investissement “greenfield”.
En 2025, cette dynamique atteint un niveau record et modifie progressivement la géographie industrielle européenne, en particulier dans les secteurs des véhicules électriques (VE) et des batteries.
Les analyses de l’Union européenne montrent que les projets greenfield chinois ont plus que doublé entre 2022 et 2023, tandis que les acquisitions d’entreprises européennes reculaient nettement.
La tendance s’est encore accélérée : les estimations indiquent que ces investissements ont frôlé les 9 milliards d’euros en 2025, soit environ 51 % de plus que l’année précédente, un record historique.
Des données antérieures signalaient déjà cette montée en puissance : les investissements greenfield avaient atteint environ 5,9 milliards d’euros après une hausse annuelle de 21 %, devenant la principale forme d’investissement chinois en Europe.
Cette évolution s’explique en partie par le durcissement du contrôle européen sur les acquisitions étrangères, mais aussi par la stratégie des entreprises chinoises : s’implanter durablement dans le marché européen en produisant localement.
La majorité de ces investissements se concentre dans la chaîne d’approvisionnement des véhicules électriques.
La transition européenne vers la mobilité électrique crée une forte demande de batteries et de composants. Les constructeurs chinois jouent déjà un rôle important : leurs modèles représentent environ un quart des ventes de véhicules électriques dans l’Union européenne.
Construire des usines en Europe permet aux entreprises chinoises de :
Parmi les projets les plus importants figurent des investissements d’entreprises comme CATL, AESC et Huayou Cobalt, qui ont lancé ou annoncé des usines de batteries notamment en Hongrie, Allemagne et France.
Un exemple particulièrement marquant est l’énorme usine de batteries que CATL (Contemporary Amperex Technology Co. Limited) construit à Debrecen, la deuxième ville de Hongrie.
Le projet représente plus de 7 milliards d’euros d’investissement et devrait devenir l’une des plus grandes usines de batteries d’Europe. Elle fournira notamment des constructeurs comme BMW et Mercedes‑Benz.
Cette implantation illustre la logique actuelle : les fabricants chinois de batteries s’insèrent directement dans l’écosystème automobile européen en installant leurs capacités de production à proximité des grands constructeurs.
Parmi tous les pays européens, la Hongrie s’est imposée comme la principale destination des investissements chinois.
Selon les analyses de MERICS et du Rhodium Group, elle a représenté environ 31 % de l’ensemble des investissements directs chinois en Europe, la part la plus élevée du continent.
Plusieurs facteurs expliquent cette position.
Un puissant pôle automobile régional
L’Europe centrale accueille de nombreuses usines de constructeurs européens, ce qui attire naturellement les fournisseurs de batteries.
Des projets industriels massifs dans les batteries
Les investissements de groupes chinois dans les technologies énergétiques — notamment celui de CATL — ont créé une concentration industrielle liée aux véhicules électriques.
Un accès direct au marché unique européen
Produire en Hongrie signifie produire à l’intérieur de l’Union européenne, ce qui permet de vendre librement dans l’ensemble du marché européen.
Pour l’Union européenne, l’arrivée de capitaux industriels chinois est à la fois une opportunité économique et un défi stratégique.
D’un côté, ces investissements peuvent :
Mais les responsables politiques européens s’inquiètent aussi de plusieurs risques.
Ces préoccupations alimentent un débat intense à Bruxelles et dans les capitales européennes.
Face à cette situation, l’UE cherche à maintenir un équilibre entre ouverture aux investissements et protection de ses intérêts stratégiques.
Contrôle renforcé des investissements étrangers
Les mécanismes européens de filtrage des investissements ont été renforcés, notamment pour les technologies sensibles et les infrastructures critiques.
Mesures commerciales et enquêtes sur les subventions
La Commission européenne a ouvert des enquêtes sur les subventions accordées aux fabricants chinois de véhicules électriques et envisage des mesures tarifaires pour rétablir des conditions de concurrence équitables.
Ouverture sous conditions
De plus en plus de propositions politiques suggèrent d’associer ces investissements à certaines exigences : production locale, création de valeur en Europe ou coopération technologique.
Les investissements greenfield chinois devraient rester importants dans les années à venir. L’Europe a besoin d’énormes capacités de production de batteries pour atteindre ses objectifs climatiques, tandis que les entreprises chinoises comptent parmi les plus avancées et les plus compétitives du secteur.
Le défi pour l’Union européenne consiste donc à tirer parti de ces investissements tout en limitant les dépendances stratégiques.
En d’autres termes, la transition européenne vers la mobilité électrique est de plus en plus liée aux investissements industriels chinois — mais les règles de cette relation restent encore en pleine négociation.
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Les investissements industriels chinois « greenfield » en Europe approchent les 9 milliards d’euros en 2025, un niveau record porté surtout par les batteries et les véhicules électriques.
Les investissements industriels chinois « greenfield » en Europe approchent les 9 milliards d’euros en 2025, un niveau record porté surtout par les batteries et les véhicules électriques. La stratégie évolue : les entreprises chinoises construisent désormais des usines dans l’UE plutôt que d’acquérir des sociétés européennes.
La Hongrie attire la plus grande part de ces investissements, grâce à son industrie automobile et à plusieurs projets géants de batteries.