Lors des discussions, Xi Jinping a clairement placé Taïwan au centre du dialogue. Selon les comptes rendus des médias d’État chinois, il a déclaré que la question de Taïwan était la plus importante dans les relations sino‑américaines.
Il a également averti que si ce dossier était mal géré, il pourrait entraîner des « affrontements » voire un « conflit » entre les deux pays.
En insistant sur ce point dès le début des discussions, Xi a envoyé un message clair : pour Pékin, Taïwan constitue un intérêt fondamental non négociable.
Plusieurs éléments liés à la gestion du dossier par Donald Trump ont aussi alimenté les inquiétudes.
D’abord, certains alliés des États‑Unis craignaient que Trump puisse affaiblir, volontairement ou non, le soutien américain à Taïwan lors de ses discussions avec Xi, ce qui aurait pu créer une incertitude stratégique à Pékin comme à Taipei.
Ensuite, la question des semi‑conducteurs taïwanais s’est invitée dans le débat politique. Trump a publiquement encouragé l’industrie des puces de l’île à déplacer davantage de production vers les États‑Unis, une déclaration qui a suscité des interrogations à Taïwan sur les intentions américaines.
Enfin, les ventes d’armes américaines à Taïwan restent un point de tension majeur avec Pékin. La Chine s’oppose régulièrement à ces transferts d’armement, et le sujet est apparu comme l’un des dossiers sensibles pendant le sommet.
Pris ensemble, ces facteurs ont renforcé la crainte que des signaux contradictoires ou des pressions accrues puissent accroître le risque de mauvaise interprétation entre les deux puissances.
Un conflit autour de Taïwan ne serait pas seulement une crise géopolitique : il pourrait aussi bouleverser l’économie mondiale.
L’île est aujourd’hui le cœur de la fabrication mondiale de semi‑conducteurs. Elle représente plus de 60 % des revenus mondiaux des fonderies de puces et plus de 90 % de la capacité de production des semi‑conducteurs les plus avancés, selon des données du gouvernement américain.
Ces composants sont indispensables à une multitude d’industries :
Une guerre, un blocus ou même une instabilité prolongée autour de Taïwan pourrait donc désorganiser des chaînes d’approvisionnement mondiales entières.
Le secteur de l’intelligence artificielle serait l’un des plus touchés.
Le géant taïwanais TSMC (Taiwan Semiconductor Manufacturing Company) fabrique une grande partie des puces avancées utilisées par des entreprises technologiques américaines comme Apple, NVIDIA ou AMD.
Ces puces alimentent notamment :
Si la production taïwanaise était perturbée par un conflit, des sanctions ou un blocus maritime, les entreprises technologiques pourraient faire face à une pénurie critique de processeurs avancés, freinant fortement le développement de l’IA.
Le sommet de Pékin n’a pas officiellement modifié la politique américaine sur Taïwan. Mais le ton des échanges — combiné aux avertissements de Xi et au rôle central de l’industrie des puces — semble avoir accentué les inquiétudes chez certains responsables américains.
Parce que Taïwan abrite l’essentiel de la production mondiale de semi‑conducteurs avancés, toute confrontation autour de l’île dépasserait largement la sécurité régionale. Elle toucherait le cœur de l’économie numérique mondiale — et l’avenir même de l’intelligence artificielle.