Les investisseurs particuliers, eux, sont souvent considérés comme moins informés et plus sensibles aux mouvements de marché ou aux tendances médiatiques. Cette perception a alimenté l’idée que les particuliers entrent souvent trop tard dans les hausses et vendent dans les baisses.
Assia estime toutefois que la technologie est en train de réduire cet écart.
Selon le dirigeant d’eToro, l’intelligence artificielle permet aujourd’hui d’analyser d’énormes volumes de données financières, de recherches et de stratégies d’investissement. Ces analyses peuvent ensuite être intégrées directement dans des applications accessibles au grand public.
Assia résume cette transformation de façon provocatrice : les investisseurs particuliers ne devraient plus être considérés comme de la « dumb money ». Avec l’aide de l’IA, ils pourraient même devenir « la smart money la plus intelligente » du marché.
L’idée derrière cette affirmation est que l’IA compresse l’expertise : un investisseur individuel peut désormais utiliser des outils qui, auparavant, nécessitaient des équipes entières d’analystes ou de chercheurs quantitatifs.
Pour étayer cette vision, eToro développe plusieurs fonctionnalités destinées à rendre l’investissement plus collaboratif et basé sur les données.
L’une des innovations les plus connues d’eToro est CopyTrader, qui permet aux utilisateurs de reproduire automatiquement les positions d’investisseurs expérimentés sur la plateforme.
Ce modèle transforme l’investissement en activité sociale : les utilisateurs peuvent observer les stratégies d’autres traders, suivre les meilleurs profils et apprendre des comportements du réseau.
Selon Assia, cette approche a fait évoluer l’investissement d’une activité solitaire vers une expérience collective où les investisseurs apprennent les uns des autres.
La plateforme propose aussi des Smart Portfolios, des portefeuilles thématiques regroupant plusieurs actifs autour d’une stratégie ou d’un secteur.
L’objectif est de donner aux investisseurs une exposition structurée — par exemple à une industrie ou à un style d’investissement — tout en limitant le besoin de gérer chaque position manuellement.
Plus récemment, eToro a lancé des API publiques permettant aux développeurs et aux utilisateurs avancés d’accéder directement à l’infrastructure de trading de la plateforme.
Ces API permettent de créer :
La vision de l’entreprise est de construire un écosystème communautaire dans lequel les traders conçoivent et partagent leurs propres outils.
Dans le cadre de sa stratégie autour de l’intelligence artificielle, eToro a également introduit :
L’objectif affiché est clair : apporter aux investisseurs particuliers des capacités analytiques et algorithmiques autrefois réservées aux hedge funds quantitatifs.
La thèse d’Assia a pris de l’ampleur lors de la vague des “meme stocks” en 2021, lorsque des communautés d’investisseurs particuliers se sont coordonnées en ligne pour faire grimper des actions comme GameStop.
Cet épisode a démontré deux choses :
Selon une analyse citant des données de la Réserve fédérale américaine, les particuliers ont investi environ 1 200 milliards de dollars dans les actions américaines pendant la frénésie des meme stocks, avant que beaucoup ne perdent 40 % à 60 % de leurs gains d’ici 2022.
À long terme, Assia imagine un modèle d’investissement beaucoup plus connecté et collaboratif.
Dans ce système :
Cette combinaison pourrait créer ce que le dirigeant d’eToro décrit comme une couche d’intelligence collective appliquée aux marchés financiers.
Malgré ces évolutions, rien ne prouve encore que les investisseurs particuliers surpassent durablement les fonds professionnels.
Les épisodes comme la flambée des meme stocks montrent que les particuliers peuvent déplacer les marchés — mais aussi que les comportements collectifs peuvent amplifier la volatilité et le risque.
La thèse d’Assia porte donc moins sur la performance garantie que sur l’accès aux capacités : grâce à l’IA, aux API et au social trading, l’investisseur moyen dispose aujourd’hui d’outils analytiques et stratégiques qui étaient autrefois réservés aux institutions de Wall Street.
La question reste désormais ouverte : ces nouvelles technologies permettront‑elles vraiment aux particuliers de devenir, sur la durée, la nouvelle « smart money » des marchés ?